Je pense à tous les malades, blessés, handicapés, les sans famille et les sans papiers, les isolés et les solitaires, ceux qui n'ont personne à qui parler et ceux qui viennent de se quitter, tous ces inconnus qui souffrent, d'une façon ou d'une autre et que je suis impuissante à guérir. 

    Une pensée légère comme une main sur un front s'envole vers eux.  Je ne peux rien faire, nous ne pouvons généralement rien faire même si nous le souhaitons.  Ou alors, de si petites choses. 

    Tantôt ma voisine a sonné pour que j'ouvre la porte d'entrée, en bas. Elle avait le bras dans le plâtre, ayant fait une chute au shopping. Un médecin heureusement présent a examiné son poignet et l'a envoyée à l'hôpital St Luc. C'est une belle entorse, fort douloureuse et qui l'immobilisera plusieurs jours, sinon davantage. Je l'ai amenée chez moi. Un verre d'eau fraîche, une aspirine, elle reprenait des couleurs. Demain, je ferai ses courses et je téléphonerai à la commune pour qu'elle obtienne les repas sur roues pour les seniors. Je ne puis rien faire d'autre.  J'ai dit: "Je suis là, à côté, n'hésitez pas à m'appeler". Mais j'irai voir.  On a souvent la pudeur de son état altéré, on veut agir seule, on craint de déranger.. Mais on ne dérange pas, il y a dans le coeur tant de bonne volonté qui ne demande qu'à se dépenser.

    C'est pourquoi, sans doute, ce soir je pense à tous les souffrants et je leur dit tout bas: "Bonsoir!"...

LORRAINE                      fleurs_079