31 octobre 2007
UN JOURNAL AU FEMININ...
"Qui n'a jamais eu envie de prendre sa plume pour écrire un article ou pour témoigner sur un sujet précis, dans un de nos magazines féminins favoris ? Alors pourquoi pas, femmes du net, toutes ensemble, sans distinction d'âge, de culture, de nationalité, de métier, ne pas créer notre propre féminin, le seul et unique féminin dont nous pourrions enfin être les rédactrices ! Le temps du journalisme citoyen au féminin est enfin venu !
C'est un féminin qui non seulement nous ouvre ses colonnes dans tous nos domaines favoris comme la mode, la déco, la famille, les enfants, le travail, la société ; mais qui en plus nous permet de créer un magazine unique sur le net, fait par nous, pour nous à notre image et destiné à être lu par le plus grand nombre."
Ceci est l'extrait de la "Politique éditoriale" d'un nouveau journal féminin. Ce journal, c"est "Elles par elles". J'y suis allée voir, je l'ai feuilleté, je l'ai lu et j'y ai trouvé l'enthousiasme des débuts, c'est-à-dire des textes sympa, des points de vue personnels, dans les différentes rubriques affichées. L'idée est excellente. Les femmes que nous sommes aimeront retrouver les femmes qui s'expriment sur le net, parce qu'elles leur ressemblent.
Les langages varient: cela va du ton "bonne copine" au langage soigné, de la recette qui donne des idées à la réflexion sur soi ou sur l'autre, sur la vie ou sur la mort. De la variété, donc, des visages présentant les rédactrices improvisées ou confirmées, les situant afin que toutes nous puissions lire et choisir.
L'expérience en est encore à ses débuts. Il faudra attendre un peu pour voir quelle vitesse de croisière adoptera ce magazine rédigé, en fin de compte, par "Vous". Vous, la lectrice qui a son mot à dire, vous qui détenez des astuces culinaires, vous qui êtes passée par une expérience de santé difficile à vivre, vous qui êtes maman, épouse, active ou au chômage, vous qui avez certainement tant de choses à dire...
Allez voir. Voici l'adresse: www.ellesparelles.fr
Bonne lecture!
LORRAINE
Illustration: tableau de Paul Delvaux - www.stephanieburns.com.au
UN JOUR, L'AUTOMNE...
Les mots d'automne sont-ils comme les autres? Portent-ils le bonheur, la mélancolie, le souvenir, le chagrin, la rupture? Pourquoi les trouve-t-on tristes si souvent, alors qu'ils vont leur petit chemin de saison, cahin-caha, sans s'inquiéter de rien ni de personne? C'est nous qui avons l'humeur assombrie quelquefois, pas eux. Ils cachent des moments soudains de soleil inattendu, des feuilles dorées à la pelle, des promenades dans les parcs et des odeurs d'arbres qui murmurent.
L'automne a ses secrets. Il nous suggère de les découvrir, simplement, sans falbalas. Mais en sommes-nous capables?...
LORRAINE

Illustration: photos Fabvdv
LE BEL HOMME
Incrusté dans la pierre
Le bel homme
Regarde
Les sièges et les combats
La lente cavalcade
Ou le fougueux tambour
La sentence absolue
La chanson du retour
L’élan des barricades
Le pendu haut et court
Le sang qui gicle loin
Et le sabre qui tue
Le chagrin d’une fille
L’ivresse de la rue
Il en fut le témoin
Ses yeux sans âme
Ouverts
Cherchent dans la cohue
Un oiseau, une fleur,
Un sourire, une femme,
Ce léger rien ardent
Qui lui rendrait son cœur
Battant sous le pourpoint
Du bel homme insolent
Qu’un artiste sculpta
Quand il avait vingt ans
LORRAINE

Illustration:
Musée Guimet "Le Génie aux fleurs"
www.museeguimet.fr
29 octobre 2007
NOVEMBRE EN PROVERBES
Dépêchons-nous, il nous reste un jour avant ce 1er novembre plein de prédictions grises! La Toussaint, pour tous, est un jour qui ramène les souvenirs tristes, alors qu'on devrait se réjouir, puisque c'est la fête de tous les Saints! Mais non, son voisinage avec le Jour des Morts lui ôte toute gaîté. Voyons-le de plus près:
"Le mois de novembre est malsain:
Il fait tousser dès la Toussaint"
Et même avant, si j'en crois les échos qui me parviennent. Mais ne perdons pas courage et
"A la Toussaint
Manchons aux bras, gants aux mains"
luttons contre la froidure! Vous souhaitez une variante? La voici:
"A la Toussaint
Laisse l'éventail et prends les gants"
"De la Toussaint aux Avents
Jamais trop de pluie ou de vent"
"Vent de Toussaint,
Terreur du matin"
En avez-vous assez? Allons, un dernier proverbe pour finir en beauté:
"Telle Toussaint, tel Noël
Tel jour de Saint Michel
Pâques au pareil"
Bien nantis, prêts à affronter la froidure? Bon courage...et à bientôt!
LORRAINE
28 octobre 2007
LES ROSES DE LORRAINE
Ecrire ce qui nous passe par la tête mais utiliser un maximum de fois le mot « rose » ! Voilà le travail !
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Le bouton de rose à la boutonnière, du rose bonbon sur les lèvres et les ongles, je vais. Droit devant moi. Pour me convaincre que voir la vie en rose est la
meilleure façon de braver un destin qui s’obstine à me susurrer que mes romans à l’eau de rose n’auront jamais le moindre succès. Ce n’est pas rose !
Pourtant, j’avais écrit d’une traite « La rose thé d’Armelle », la menant du rose indien de la première rencontre au rose layette final. Ah ! cette scène d’amour, quand, roe d’émotion, elle tend sa blanche main au premier baiser ! Mais « La vie en rose » c’est aussi un film plein d’émotion où un garçonnet se « sent » fille, enfile les robes (roses) de ses sœurs, ne comprend ni les colères ni les désespoirs de ses parents, qui sentent monter au visage le rose de la honte devant les invités sidérés.
Ecrivain raté, je n’aurai jamais la rosette. J’écrirai simplement des couplets roses pour les chansons enfantines, et les filles à la fin du chœur laceront en l’air des pétales de roses, comme on faisait jadis aux processions.
En attendant, je vais m’acheter de la confiture de rose et je m’étendrai, une compresse d’eau de rose sur mes yeux fatigués.
Bonne nuit !
LORRAINE 
27 octobre 2007
A QUI ECRIT-ELLE?
A qui écrit-elle? tel est le sujet de l'Atelier d'Ecriture, d'après la reproduction d'un tableau où l'on voit une jeune femme écrivant. J'ai choisi mes personnages: elle écrit à l'adresse de Lord Barnaby et va confier le pli à sa nourrice dévouée qui le portera au Château des Murmures. Lord Barnaby y séjourna et va rentrer dans son pays.
X
Dear,
Je suis là tant souffrante et pourtant amoureuse.
Ne me laissez pas languir, vous qui partez et je vous dirai que vous êtes le seul. Pourquoi tant d'errances, de soucis, pourquoi ce mal dont vous souffrez et dont je souffre par ricochet, pourquoi la jalousie? Non, vous ne me dites pas ce qu'il en est, non, vous mentez et taisez ce chagrin confus qui me persécute aussi. Vous m'avez surprise à rire aux propos du jeune du Tertre, pourquoi avez-vous aussitôt cru à une complicité d'amour? Pourquoi, dès lors, m'avez-vous fuie? Pourquoi ce regard glacé, cet éloignement? Nous fûmes si chaleureusement épris, l'avez-vous oublié? J'étais dans vos bras voici huit jours à peine, vous étiez sûr de moi comme je l'étais de vous, il a suffi d'une bagatelle pour m'abandonner sans un mot, pire vous en retourner dans votre pays!
Je vous attends depuis ce jour affreux d'un désespoir que j'ignorais encore et qui me fit si mal. Vous vous taisez obstinément, je ne sais que dire moi non plus. Avons-nous désormais en commun autre chose que nos regards, que nos mains qui se sont trouvées? Etes-vous à jamais hors de ma vie, savez-vous qui je suis ou m'inventez-vous? Oui, vous m'inventez, vous me prêtez des gestes, des intentions de coquette. Pourtant, rien ne me touche que votre présence, rien ne me brise que votre absence.
Pourquoi partir? Pourquoi me laisser le silence quend je ne demandais que votre tendresse. Etes-vous perdu pour moi, suis-je au bout du chemin, avez-vous effacé mes traces?
Dear, je souffre, je vous attends. Et je vous aime.
Eloïse
(LORRAINE)
Illustration:"Portrait de femme écrivant" par Doucet de Surini (http://reproductions.chapitre.com)
25 octobre 2007
L'AMOUR EST UN PARATONNERE
Fermez les yeux, fillette. Le beau temps s’est enfui.
Vos bras câlins bercent l’ombre d’un amant. Novembre est revenu et les beaux rendez-vous qui narguaient le tonnerre ne sont qu’un souvenir dont la complainte encore pleure en votre mémoire.
Vous n’aviez peur de rien, ni des intempéries, ni des cieux menaçants.
Vous aimiez et nul destin funeste ne pouvait vous atteindre.
Vous alliez de l’avant, vive, tambour battant, en costume de fête
Et l’espoir bien planté au cœur, vous vous moquiez du mauvais temps.
Vous pensiez que l’amour est un paratonnerre.
Las ! La pluie et l’orage ont emporté l’amant.
Vous voilà esseulée. Dans la chambre voisine, une fleur attardée
rappelle le printemps, l’été et sa splendeur,
le bleu du ciel. Et le bonheur.
LORRAINE
Photo: www.superlocal.ch/salem
22 octobre 2007
ON NOUS OUBLIERA...
Ma voiture n’a pas démarré ce matin. Il n’y avait plus d’essence. Il n’y en a plus nulle part d’ailleurs. Ils ont tout réquisitionné. On tire. A plat ventre, vite… Très vite…Pas assez vite.
Je suis là, dans le troupeau lamentable , ils m’ont traîné dans le chemin qui sent le printemps, On est tous rassemblés en troupeau, on a tous la peur dans les entrailles, on ne crie pas, on baisse les yeux comme si cela nous faisait disparaître. Eux, ils gueulent . ils ont attrapé Maxime, il est au premier rang, il a reçu la crosse du fusil sur la joue, il saigne. Moi, j’ai mal, mais je ne saigne pas .
Du moins je ne crois pas. On est tous serrés les uns contre les autres, je ne peux pas regarder ma jambe qui brûle . Mais la jambe, ce n’est pas grave.
Pourquoi on est là ? Ah oui, on a fait sauter un pont. Un pont ! Ils gueulent. Ma voiture n’a pas démarré ce matin . Elle ne démarrera plus, plus jamais. Moi non plus. Je lève la tête ,très haut, le plus haut possible par-dessus les rangs recroquevillés. Ils gueulent. Ils baragouinent, ils comptent…Je suis le sixième.
On nous oubliera. On oublie toujours les otages...
LORRAINE
Photo:Pont de Chantes - www.racinescomtoises/net
21 octobre 2007
PROVERBE DES JOURS FROIDS
Ils approchent à pas de loup, les jours froids et accompagnent leurs saints patrons en toute quiétude! Déjà le 24 octobre, St Raphaël nous annonce:
"A la Saint-Rphaël
La chaleur monte au ciel"
Pour ne point être en reste, je suppose, mais en variant légèrement fêtons Saint Evariste le 26 octobre malgré son humeur morose:
"A Saint-Evariste
Jour de pluie, jour triste"
Et voilà que se faufile prestement Sainte Antoinette, le 27 octobre:
"A la Sainte-Antoinette
La neige s'apprête"
Diable! Déjà? Eh oui, c'est confirmé le 28 octobre par Saint-Simon, péremptoire:
"A la Saint-Simon
La neige sur le tison"
Je vous laisse sur ces bonnes paroles...Nous parlerons de novembre très bientôt...et sans trop d'illusions!
LORRAINE

Illustrations: (1) - swisstxt200
(2) Matin de neige - Puy-Notre-Dame . Photo (c) Azurs.net, licence créative Commons
20 octobre 2007
DON D'ENFANCE
Montagne de chimère
Vallée aux quatre vents
Rond-point du bout du monde
Rien. Pas de souvenirs.
Mais un album. L’image d’un cerceau
Appuyé contre un mur
Robe perlée, doux corsage
Pour quelle fête, quel mariage
Enfant moirée qui me regarde ?
Tu étais moi .
Yeux insondables
Que saviez-vous déjà
Que personne n’a dit ?
Age de cristal
Presciences soudaines
Silence où murmurent
Les voix invisibles
Age où l’on traverse
Le monde sans l’entendre
…Avant de s’éveiller
Au matin des 13 ans
LORRAINE