28 juin 2009
VOUS N'AVEZ PAS DE NOUVEAU MESAGE...
Nous avions pour consigne: "Imaginez quelqu'un, homme ou femme, qui consulte fiévreusement la messagerie du téléphone et entend "Vous n'avez pas de nouveau message". Expliquez sa réaction"
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Bien sûr, suis-je bête ! Il m’avait dit « Après les vacances ». Ils sont en Italie, sa femme et lui, jusqu’à la fin du mois. J’attends. C’est idiot. Je le vois mal s’esquiver pour m’appeler en cachette, il est trop prudent.
Son couple, j’ignore comment il marche, je ne pose pas de questions. Je ne suis pas jalouse, j’ai choisi de l’accepter parce qu’il a de l’humour, de la finesse et qu’il m’a embrassée par surprise la première fois.
Il ne parle ps d’amour, moi non plus. Ce tact entre gens de bonne compagnie qui ne veulent ni se perdre ni s’engager! Ca mène à ces liaisons boiteuses où l’un souffre d’absence convaincu que l’autre s’en moque. Et l’autre, de son côté, se ronge sans rien dire parce qu’il ne peut interdire ni les sorties sans lui, ni les week-ends à la mer, ni les amis inconnus. Un pacte silencieux, en quelque sorte. On se plaît, on fait l’amour, au revoir, oui, je t’appellerai.
Et j’attends. C’est idiot. Je n’ai pas besoin de lui pour vivre, je suis indépendante, j’aime agir à ma guise et moi je ne lui téléphone jamais. Il m’en sait gré. Je préserve son foyer. Quelle ironie ! Est-ce que je l’aime ?
Va savoir ! Est-ce qu’il m’aime ? Nous n’en avons jamais parlé.
« Vous n’avez pas de nouveau message ».
Mon portable radote. Et moi, je fais quoi ? Rage ? Colère ? Rien. Une lassitude totale, un refus profond...
Oui, cette fois, je vais laisser un message…
LORRAINE
26 juin 2009
LE MAL D'AMOUR
(J'ai écrit ce poème à la façon des Romantiques, ce qui explique un peu certaines tournures élégiaques!)
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Quiconque aima jamais porte une cicatrice
Chacun la cache en soi espérant en guérir
Nul mal n’est plus présent pourtant et ce supplice
Il nous faut l’endurer à moins que d’en mourir
Vous dirais-je qu’un soir je crus en l’espérance
D’un bonheur sans épine et d’un brûlant aveu
L’amour qu’il m’apporta j’en ai la souvenance
Me grisa quelques jours d’un automne pluvieux
Comment croire à l’amour quand l’amour s’obscurcit
Qu’il soupçonne et trahit dans une même ivresse
Quand l’hiver sur le seuil arrive à petit bruit
Et que l’homme éploré vous appelle traîtresse !
Non, je n’ai pas le cœur à pleurer sang et larmes
Tout passe et disparaît ; tout peut naître et fleurir
Chaque jour est un pas vers mon destin de femme
Le printemps brillera avant de se flétrir
LORRAINE

Portrait du peintre Doucet
24 juin 2009
BONJOUR!
Un petit bonjour en passant, aujourd'hui je suis
un peu
bousculée, mais je reviendrai vite.
A bientôt!
23 juin 2009
VIEUX MARCHE
La tour carillonnante de l’église éparpille sa bénédiction sur le vieux Marché qui étale, en branle-bas, ses tréteaux hétéroclites.
Que d’heures j’ai passées parmi les badauds si aisément bernés : celui-ci qu’intéresse un cristal ébréché, cet autre accroupi devant de vieux bouquins empilés à même le sol, et l’amateur d’aquarelles, s’écarquillant l’œil, pinçant les lèvres, écoutant le camelot marmotteur et pressant.
Cette vieille marchande, je la connais depuis toujours ; elle a le même tabouret à ramages, un châle noir, des yeux rusés et sur les pavés inégaux devant elle, s’étend l’éternelle couverture rouge où se couchent, au petit bonheur la chance, une théière sans couvercle, des pelotes de laine rose, un cadre d'autrefois, de très anciens illustrés, un angelot qui joue de la flûte. Plus loin, on vend des chiffons, des épingles, de l’étain, un pot de grès, le pied d’une lampe à pétrole...une grand’mère recroquevillée m’offre des violettes qu’elle sort d’un panier trop lourd pour elle. Sa main tremble en prenant l’argent.
Debout au bord du trottoir, un violoneux à cheveux gris joue comme pour lui seul. D’ailleurs, personne ne l’écoute, sauf une petite fille en bleu qui lui tend une pièce. Deux tout mignons chiens qui tremblent sortent un museau affolé du veston qui les tient serrés contre le marchand, un barbu à casquette.
« Toute seule, ma belle enfant ? », susurre un Monsieur bien mis...
Vieux Marché !
LORRAINE


J'ai emprunté ces pittoresques photos au très beau site "C'était au temps où Bruxelles brusselait..." qui évoque remarquablement le visage d'un Bruxelles aujourd'hui disparu. Je le recommande à ceux que le passé intéresse (et aussi le présent de Bruxelles): http://sofel-vandenaemet.skynetblogs.be
22 juin 2009
LE CHAT TANGO
J’ai pour ami
Un chat tango
Il marche en si
Sur le piano
Il s’assied dans
Mon vieux tacot
Quand il conduit
Je crie « Chapeau ! »
Le chat tango
Sans parti-pris
Fait du vélo
Sur les lambris
La tête en bas
Les pieds en haut
Il se suspend
A mes rideaux
Et quand il parle
Tout de go
Qui de nous deux
Est le plus sot ?..
LORRAINE
21 juin 2009
PARFUMS DE JADIS
Ils sont là, les flacons à parfum vides, pieusement rangés dans un coffret avec des brins de muguet séchés, une pochette, une pomme de pin et des coquillages. Ils évoquent encore, en lettres dorées, leur nom qui nous séduisit autrefois.
« Bourrasque » comme tu nous rappelles nos courses à travers bois. Je n’étais pas seule ? Pourquoi me serais-tu si chère ? Premier parfum qui embauma le premier amour.
« Caravane » ! Dans la splendeur de l’été son âme chaude et exotique tourna quelquefois les têtes. Nous étions heureux.
Mais nous avons juré de ne jamais rouvrir ce « Soir de Longchamps ». Il s’évente, à peine entamé, évocateur de jours sombres, de jalousie, de rupture...Que de larmes autour de ce cristal, que de mots endeuillés !
"Bagatelle » enivre soudain dans toute la joie de la réconciliation et de l’amour enfin triomphant, tandis que, discrètement, « Violette » parle mariage.
Alors, sans bruit, je referme le coffret...
LORRAINE
20 juin 2009
LE PRE AUX BLEUETS
Un fantôme effleurait la nuit de son vol blanc
Furtif et soupçonneux près du château il vint
Promener ses yeux vides et son regard éteint
Dans le pré aux bleuets qui ceinture l’étang
Il parlait et pourtant nul n’entendait sa voix
Dans ses imprécations grimaçait la colère
Il agitait les bras et menaçait la terre
Dans le pré aux bleuet imprégné d’autrefois
Le fantôme soudain est redevenu femme
Dans le pré aux bleuets qu’en ce dimanche infâme
L’assassin assouvi de ses mains étrangla
…Dans le parc endormi une forme bougea…
« Me voilà », dit la morte au sourire ineffable
Dans le pré aux bleuets que la lune éclaira
Le criminel revit la scène insoutenable
Terrifié, dans l’étang alors il se noya
Et le fantôme en paix pour toujours s’envola
LORRAINE
19 juin 2009
UN TOUT PETIT BONHEUR...
J’écrivais il y a deux jours : « On ne voit bien qu’avec le cœur ». J’avais tiré cette citation d’un carnet où je range, au fil des ans, celles qui me plaisent. J’en ignorais la provenance, mais je la trouvais belle et je l’ai mise sur le blog.
Et à l’instant, comme je lisais « Le Petit Prince » (de Saint-Exupéry), j’arrive au moment où s’étant fait un ami du renard, il doit le quitter et poursuivre sa route.
« Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux »...
J’ai ressenti ce petit tressaillement de joie qu’on éprouve devant l’imprévu. Comme un petit miracle, un tout petit bonheur, l’histoire est venue à la rencontre de ma citation anonyme. J’en suis comme émerveillée.
LORRAINE

"Le Petit Prince rencontre le renard"
CHANSON DES RUES
Ce vieux tout boucané nasille chaque mercredi au crépuscule, dans les mêmes rues, des chansons aussi usées que lui. Il avance à petits pas, le menton levé, prompt à saisir la piécette que lui lance une main charitable.
On ne sait à quoi il pense, il a des yeux noirs qui vous reconnaissent d’une semaine à l’autre et des mots charmants, jamais pareils, pour souhaiter du bonheur.
Sa voix n’est pas belle mais on l’aime d’évoquer des histoires tendres ou de clamer soudain à tue-tête « La Chanson des Blés d’Or » et puis de s’éteindre en de faibles mots dont l’écho n’arrive pas dans les maisons bourgeoises. Cette voix, je reste quelquefois à l’écouter, sans bouger, pour entendre jusqu’au bout le refrain d’amour.
Puis le vieux s’éloigne dans la brume du soir. Et tandis que sa silhouette clopine le long des trottoirs, un rideau se soulève, de-ci, de-là, au son des aveux machinaux qu’il chevrote encore.
LORRAINE
17 juin 2009
A MEDITER...

"ON NE VOIT BIEN QU'AVEC LE COEUR"
