ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billets, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

28 juillet 2009

JE ME BALANCE

Je me balance, balancelle,
Nous effleurons dans ta nacelle
Le ciel de mon imaginaire
Où le réel est éphémèreblonde

Je me balance, mes amis,
Voyons, ne soyez pas contrits,
Je reviens toujours, je vous jure
Et sans la moindre meurtrissure

Je me balance droit devant
Par-dessus tous les paravents
Là-haut, croyez-moi, je jubile
Car aucun lien ne me mutile

Je me balance dans le vent
Un peu, beaucoup, passionnément
Il suffit pour que je descende
Tout simplement qu’on le demande

LORRAINE

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25 juillet 2009

BALLADE AU BOIS-PASSANT



Une lumière évanescente
Se faufile dans le grand bois
Est-ce vous
Qui tenez la lanterne mouvante
Est-ce un autre ?
Ou peut-être un fantôme
Apeuré comme moi ?

Une ombre glisse et me tourmente
Vous ne m’avez pas dit pourquoi
Vous tremblez
Vous aussi
Une odeur de lilas
Accompagne le vent
Qui soudain entre et se lamente

Se lamente ?  Pourquoi ?
Puisque dans le grand bois
La lanterne a pris la tangente
Et ce pas
Qui s’en va
N’était qu’un passant
Sur la sente

Mon ami,  venez là
Fermez la porte
Oui…Voilà…

LORRAINE

f_e_balance

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24 juillet 2009

BALLADE POUR LES MOTS


Ou allons-nous, dis-moi, vertige évanescent ?
Le vide en moi se creuse et m’entraîne, et m’entraîne
Les mots ont disparu de mon cœur frémissant
Floconneux comme un rêve où la paix se démène

Je vais jusqu’au tréfonds de ma gaîté perdue
J’agite des grelots, je ressemble au pantin
Grimaçant dans la nuit son ombre biscornue
Et qui ne trouve rien à chanter le matin

Ce matin de soleil qu’une caresse enivre
Ce matin où l’espoir claironne ses couleurs
Tandis que je suis là, comme un batelier ivre
Qui ne peut gouverner ni sa main ni son cœur

Je n’ai plus un seul mot dans ma cervelle vide
Pour dire mon chagrin ou mon bonheur au choix
Le trou blanc de la page est d’autant plus aride
Que je voulais écrire et que je ne peux pas !

Je fermerai les yeux écoutant le silence
Endormi dans mes bras comme un enfant heureux
Mais peut-être demain, qui sait, une cadence
Eveillera ma Muse et ses mots bienheureux ?

LORRAINE

bonjourpingoins

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22 juillet 2009

CHAT ETERNEL

    (Nous avions reçu un croquis représentant une jeune femme nue, assise sur son lit près de la fenêtre, regardant peut-être le soir descendant. Un clocher, des toits, et très petit, sur l‘un d’eux, un chat. Il fallait écrire un texte inspiré par ce tableau. Mon inspiration a quelque peu dévié de l’essentiel...)

X


    Les silences du chat s‘étendent dans la nuit. Il veille, empereur des clochers et des fenêtres closes, hiératique, sculpté sur le ciel d’été. Rien ne le trouble : ni la femme dénudée qui guette au carreau, ni l’appel lointain du vent dans la vallée.

    Il est le Chat, l’énigme de toujours. Ses yeux d’or ont le regard de l’étrange, la douceur de sa pelisse étincelle sous la caresse, il scrute l’homme debeau_chat_dormant son interrogation muette et, fermant les paupières, semble éteindre une lumière.

    La nuit l’attire. Il y retrouve l’odeur lointaine de la lointaine Egypte et s’il fut dieu, il s’en souvient sans le dire. Il traverse le temps et les siècles sur le bout de ses pattes de velours et, s’il s’arrête sur un toit, un arbre ou devant votre porte, c’est qu’il a choisi son destin. Il fera de vous un sujet, un ami ou un colocataire, mais jamais un maître !

LORRAINE

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21 juillet 2009

ATTENTE AU BORD DU SOIR

    Au bord du soir, la magie attend, si infime que personne ne la voit.  Ayez pitié de cet instant qui passe et ne reviendra plus, accueillez-le comme unecolombolivier tourterelle sur le toit de la maison. Voyez comme attendre fait mal, quelquefois, même si personne ne pleure.

    Les longs soirs sans lune ont des reflets bleutés, ils parlent d’absence, nul ne les habite, ils tournent le dos au présent, ils regardent le passé. Ils attendent et se taisent. N’espérez rien. Au bord du soir s’abîme toute la désespérance de l’amour.

LORRAINE

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20 juillet 2009

LES AMIS DU SOIR

    amicalementVous vous êtes connus a vingt ans, par hasard, chez d’autres copains, ou à la bibliothèque où vous cherchiez justement le même livre, ou dans la bousculade d’un cortège folklorique que vous regardiez debout sur le même trottoir ; L’amitié est comme l’amour : elle naît d’un coup de foudre ou d’un coup de cœur. Et, dès lors, vogue la galère !

    Vous vous fréquentez en couple, et si vous n’êtes pas encore mariés, soyez sûr qu’au jour dit il sera votre témoin. Il est là aussi à la naissance du premier enfant. S’il disparaît trois mois, ni votre mari ni vous ne vous inquiétez : il reviendra bientôt et vous présentera sa grande passion ou son petit béguin !

    C’est l’ami célibataire, définitif, irréversible, qui fréquentera votre foyer pour y consoler ses mélancolies ou faire du baby-sitting le sourire aux lèvres ; Vous avez bien essayé de le marier à une de vos amies ; Pas de chance : il en préférait une autre, qui ne s’en soucie guère.

    Le va-et-vient de l’amitié éloigne ou rapproche des garçons et des filles qu’on fréquente à trente ans au son des disques d’Aznavour, de Bécaud ou de Mouloudji. Avec qui à 40 ans on part en vacances en Italie, où on se dispute pour la première fois ; les rancuniers boudent, les autres continuent leur carrière et se rencontrent pour jouer au bridge.

    Léger ? Facile ? Eh non, car ces amis des premières heures vieillissent eux aussi tout doucement : François tombe, foudroyé, sur le court de tennis et ne se relèvera plus ; Charles disparaît sans rien dire, déménage, se perd dans l’anonymat. Sept ans plus tard, quand il reparaît, il a vaincu la poisse que son orgueil tout amical refusait de dévoiler. Lucienne se remarie et vous la perdez à jamais. Johnny est toujours là,bouquet_rustique4 droit, élégant, et il ceint volontiers le tablier de cuistot pour vous éviter le fourneau, que vous n’aimez guère. René est resté le silencieux du groupe ; mais lui seul sait, d’un geste imprévu, vous offrir un bouquet de fleurs des champs ou prélevé du panier de la bouquetière.

    Le temps passe, des cheveux blancs éclaircissent les cheveux noirs, on écoute encore des disques mais on chante moins souvent en chœur. On a été de tous les mariages des jeune, de tous les enterrements des parents.

    L’âge adulte passe. On se retrouve parfois pour un barbecue, on parle d’autrefois, on se souvient. Et puis l’un de nous perd sa compagne ou son compagnon. Nul ne connaît l’instant ni l’heure. Mais les amis de toujours sont là, chacun avec ses souvenirs, chacun avec son affection. Désormais ce ne sera plus jamais la gaîté insouciante. Mais on sent, immensément, le chagrin qui étreint, tous quels qu’ils soient, les fidèles compagnons venus de l’éclatante jeunesse et qui resteront, jusqu’au bout, les amis du soir.

LORRAINE
 

 

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17 juillet 2009

MOI, LA MODE...

   

(Des feuillets de catalogue à feuilleter et s'en inspirer pour écrire, sur la mode ou ce qu'elle inspire)

X


    costume1700_1Je sais depuis toujours que je suis belle.  Je suis un visage. Je sais sourire innocemment, je peux bouder et cela fascine, mon regard carnassier enflamme, mon épaule fragile attire.

    Je suis aussi un corps. Un corps bien fait, cela va de soi, pour dénuder juste ce qu’il faut de chair là où il ne faut pas. La jambe, par exemple, debout sur son talon de 8 centimètres, dégage soudain une flambante volupté, surtout...surtout parce qu’on l’associe à ce petit slip en coton blanc quelconque, si ingénu qu’il en est presque inconvenant.

    Les seins ? Vous me demandez ce que j’en fait ? Je les change de forme, d’arrondi, de maintien selon les moment.  Je les porte sous le menton, dans le soutien-gorge en corbeille qui les dévoile largement. Mais je les porte aussi libres, sous le voile d’une petite chemise accorte ; La mode change, je m’accommode.

    Mon dernier succès vient d’éclore,fem nue sous un tissu transparent, j’invite les femmes à m’imiter (puisque c’est la mode, quand même !), portant juste le triangle indispensable à qui a de la vertu. Bien sûr, cela n’aurait aucun sens si je n’arrivais au défilé dûment chaussée de bas blancs s’arrêtant au-dessus du genou. On a sa pudeur. Et puis, c’est tellement mignon !...

    D’un envol à l’autre, je passe d’un défilé à un photographe. Non, je ne m’ennuie pas. Oui, j’ai des amis...de passage.

    Ma vie est pleine.

    Futile ? Vous croyez ?...

LORRAINE
 

15 juillet 2009

LES CHATONS

5_chats

  Les chatons ont la mauvaise habitude (comme l’a fait

un jour remarquer Alice) de toujours ronronner,

quoi que vous leur disiez


Lewis Caroll (Alice au Pays des merveilles)

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13 juillet 2009

LES TEMPS MODERNES

   2_coccinellesHier, j’ai commandé par Internet un cadeau de naissance. J’ignorais lequel, puisque la liste est en magasin. J’espérais la lire, choisir et commander. Malheureuse !...

    J’ai passé des barrages (bravo, Lorraine !),tapé mon code ( je le connais, j’ai déjà acheté ici et je garde précieusement ma liste),  je me suis donc exécutée. « Désolée, ce pseudo est incorrect ». Comment, incorrect ? Je recommence. Deuxième refus. Je m’acharne. Troisième refus. Je fulmine. Quatrième refus. Au cinquième refus : « Désolé, ce pseudo est déjà utilisé » (par moi, probablement !)  Découragée, je tente un autre prénom. Inutile, il appartient à quelqu’un. Un second : déjà pris. J’invente un terme invraisemblable : on m’accepte ! Ouf ! Je vais enfin choisir...

    Innocente ! D’abord, remplir mon adresse. Vous ne le croirez pas. bebe_hurlantOn me répond : « rue inconnue »... j’habite ici depuis dix ans, je réitère, l’ordinateur s’entête : « Rue inconnue ». Je recommence toute la procédure : nom, adresse, n° postal et, ô miracle, me voici à la page suivante. Ah ! c’est en neerlandais !...Le temps que je trouve l’endroit (cafouillé) où je « devine » qu’on peut demander la version française, je commence à me sentir nerveuse. Elle tarde, mais arrive. Je remplis donc le formulaire c’est-à-dire que je désigne un objet que je ne vois qu’en dessin esquissé et non en photo, on m’invite à dire si je paie par banque ou si je me rends au magasin (en terre flamande, où personne ne me comprendra et où je ne comprendrai personne), si la maman ou le papa viendra prendre le colis ou s’il faut le déposer ailleurs ( ?...) Comment voulez-vous que je sache ? J’ai affirmé fermement : viendra prendre. Et enfin libérée, j’ai regardé à ma montre le temps écoulé. Vous ne me croirez pas : 40 minutes. Si j’avais eu le bon esprit de téléphoner (ce que j’ai fait avec une autre firme de cadeaux de naissance) nous en aurions fini en dix minutes.

    Les temps moderne, c’est aussi la musique punk qu’on t’envoie à pleins tubes dans l’oreille, histoire de te faire patienter, si tu veux commander un chemisier vu sur catalogue. De temps à autre, une voix mélodieuse te dit : « Nous vous remercions de votre compréhension, nous sommes à vous dans un instant ». Et la musique reprend de plus belle. Tu attends. Longtemps...Et soudain, on te parle : « Nous sommes désolées, toutes nos lignes sont occupées. Veuillez retéléphoner »...Et on coupe.

    Ce cas bénin se produit également avec tous les services publics sans exception, particulièrement le Ministère des Finances au moment des contributions ; la Poste t’annonce qu’elle a renvoyé le colis qui t'est destiné à l’expéditeur, car « nous ne faisons plus une seconde distribution des paquets ». Et j'étais absente à la première présentation. Je me suis débattue comme un beau diable. Miraculeusement, le colis m’a été fourni le lendemain...

    Vous allez croire que je suis une personne acariâtre. Il n’en est rien. Mais les temps modernes ont tellement compliqué la vie quotidienne, qu’il me semblait devoir en parler...Et peu-etre connaître votre avis?...

LORRAINE

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1925

Un corsage plat de garçonne
La cigarette, un sautoir
C’est pour elle qu’il abandonne
La fiancée aux beaux yeux noirs

Assise sur le tabouret
Genoux croisés, l’œil qui charbonne
Dans le fastueux cabaret
Où la musique charlestonne

La femme fatale en cloqué
Lamé d’argent et jupe courte
Tape des mains, croise les pieds
Tourne en corolle et le déroute

Peut-on parler d’amour ou non
De désir ou de maléfice ?
Il ne connaît que son prénom
Pourtant, il  est lié, l’artiste !

Les jambes longues qui cadencent
Le rythme endiablé de la piste
L’entraînent à jamais dans la danse
De cette année contorsionniste...

LORRAINE

charleston


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