31 décembre 2009
BONJOUR, NOUVEL AN!
Il arrive par les chemins secs, enveloppé dans une houppelande, la tête fière, les yeux brillants. Il sent le vent et le grand froid. Il est beau comme un Prince d’Hiver.
Viens,
Nouvel-An. Entre dans ma maison. Tu vois, le feu brûle pour t’accueillir, la
table est mise, les verres scintillent pour les vœux de minuit. Reste-moi un
instant.
Et puisque te voici, prends place. Nous aurons tout un an pour faire connaissance…
PASSANTE
25 décembre 2009
PAIX DE NOÊL

Que la douceur de Noël apaise les frimas du coeur et qu'une étoile éclaire votre horizon, longtemps. Merci à tous les amis qui viennent me lire, merci pour votre présence et votre réconfort. A tous et à chacun, je souhaite une fin d'année parée de convivialité et un répit dans l'inquiétude.
LORRAINE


19 décembre 2009
HIVER
Il est là, à deux pas, il guette. il a déjà lancé l'offensive d'avant-garde: ces flocons féeriques venus en ambassadeurs mercredi, vous vous en souvenez, bien sûr! Ils ont d'abord séduit, puis inquiété. Ce froid brutal, cette rigidité soudaine, ces pulls qu'on superpose, ces gants chauds, la casquette gavroche mais protectrice, c'était lui encore.
Officiellement, il sera là lundi, le calendrier l'annonce.
Fermons bien nos portes: l'hiver est là.
LORRAINE
05 décembre 2009
DECLIN
L'automne décline, doucement, lentement, il nous mène vers l'hiver. Personne n'y pense. Il a des allures de voyageur installé pour longtemps, qui prend ses aises. Ne nous y fions pas. En secret, il prépare les paysages détrempés; les chemins désertés des parcs se noient de pluie, les fenêtres se ferment frileusement, les toits délavés accueillent quelques oiseaux tristes, nous enfilons le pull chaud couleur violine, et buvons à petites gorgées un thé aromatisé.
Le ciel part en voyage. Nous le suivons des yeux, comme s'il allait se perdre à jamais. Et nous écoutons le silence...
LORRAINE

26 novembre 2009
VENT D'AUTOMNE
Le
vent d’automne tournait dans les rues ce matin et nous nous sommes rencontrés.
Il m’a emmenée avec lui, me poudrant les cheveux de soleil et m’escortant de
feuilles mortes et légères. Nous avons vu des jardins d’école au profond
silence ;
des maisons derrière l’église gardaient leurs volets clos et
jouaient à la province ; émergeant du chemin qui mène au presbytère, de
longs peupliers s‘élançaient vers le ciel.
Le vent d’automne a taquiné un mouchoir qui séchait : il en fit un drapeau. Un chat eut des reflets de tigre dans les yeux ; et les femmes aux yeux vert ressemblaient à des chats.
J’ai senti que c’était un jour étrange qui me plairait ; la forêt n'était pas loin et j’ai pensé marcher vers elle ; elle m’aurait sûrement comblée et engloutie. Mais j’ai compté alors tous les fils qui me rattachent au sol, les petites devoirs, le grain de bon sens, les amis qui viennent déjeuner, ma servitude ! Alors je suis rentrée sagement, le vent m’a reconduite à ma porte et comme c’est un monsieur bien, il n’a pas voulu entrer.
Pleine de ses souvenirs, je me suis attablée tout de suite et voici mon billet !
LORRAINE
21 novembre 2009
LES BRICOLES
C’est agaçant, les bricoles ! Elles m’importunent .Diverses, insinuantes, pratiques ou mentales, tant que je ne les ai pas réglées, elles me poursuivent : « Alors, tu te décides ? Tu me donnes un sort ? Tu n’as pas de solution, c’est ça ? Tu vas réfléchir, peut-être ? Pourtant, c’est simple… »
Mais
non, ce n’est pas simple. Inscrire le rendez-vous chez le coiffeur, d’accord,
je le fais. Trier ces magazines de
mode, oui, oui, tantôt…Pourquoi tantôt ?
parce que je suis devant
l’ordinateur, que je n’ai pas la tête à ça et puis, pourquoi ne pas l’avouer,
parce que je veux encore une fois feuilleter les pages consacrées aux
chaussures. Là ! Comment, je n’arrive pas à me décider ? C’est vrai,
je cherche des escarpins taupe, talon 4 centimètres, et on m’inonde de bottes,
bottillons, ballerines, trotteurs et je n’en ai ni envie ni besoin. Je jetterais bien encore un coup d’œil
aux jupes droites assorties. Mais est-ce vraiment raisonnable? That is te
question !
Oui, je ferais bien de trier le tiroir de mon bureau. Il est plus ou moins en ordre, mais on ajoute, on ajoute et puis on ne s’y retrouve plus. Et ce collier de perles si généreusement offert par une marque de produits de beauté, je vais le garder ou pas ? Il n’est pas mal, mais j’en ai beaucoup aussi, de ces brimborions amusants qu’on porte une saison et dont on se fatigue…C’est ça, je vais le donner à Ghislaine qui organise des loteries pour enfants en difficulté ; Elle est toujours ravie de recevoir des lots. C’est tout ? Non. Donner un sort à cette liste de « choses à faire » est urgent. Urgent ? Il y a sûrement un mois que je l’ai rédigée ; j’ai barré « Répondre aux amis », c’est fait ; j’ai aussi barré « Demander à Fabrice comment conserver un interligne normal dans mes textes »». C’est fait…mais je ne sais toujours pas ! Mon petit-fils est trop rapide, il croit que j’ai toujours vingt ans et m’explique à toute allure ce qu’il faudrait que je comprenne progressivement !. .. J’ai aussi barré « Trier Histoire de chats », « Prévoir Noël », « Anniversaire Flo », mais il me reste « Retirer argent distributeur », « Faire liste courses », « Quoi pour dîner ? »…
Bon, quand je vous disais que les bricoles, c’est assommant !

Photo: www.teteamodeler.com
09 novembre 2009
DES ANIMAUX DE COMPAGNIE
Que dites-vous de ma ménagerie? Ce sont des petits personnages recueillis en cours de route, apprivoisés et qui vivent en parfaite harmonie. Chacun va à son rythme et si le chien s'élance, la grenouille musicienne s'en donne à coeur joie, au grand dam de sa voisine qui se contente de rouler des yeux avec indulgence. Le pingouin suit son petit bonhomme de chemin sans s'occuper de personne, le second chien ne pense qu'à exercer son adresse, le bon gros chat à sa pitance, la coccinelle grimpe consciencieusement le long de la page et le petit cheval caracole pour le plaisir.
Ils n'ont aucune prétention, aucune arrière-pensée et aucun à priori. Ils ne ressemblent pas aux humains. Je les aime pour leurs différences qui n'importunent personne. Ils s'acceptent tels qu'ils sont et surtout, acceptent les autres en toute amitié. Je vous les présente ce matin parce que je n'ai pas vraiment le temps d'écrire. C'est un petit bonjour en passant. A bientôt,
LORRAINE
08 novembre 2009
PARLONS D'AMOUR
J’affectionne
un livre qui connaît bien les femmes : « La physiologie de l’amour
moderne ». Il
cache derrière ce titre médical des finesses de sensations,
des effleurements d’âme, des nuances que signe Paul Bourget et ce volume qui a
plus de cent ans m’assure chaque jour que nous n’avons pas beaucoup
changé !
« Les
hommes ne sont jamais bons juges des qualités pour lesquelles un autre homme
plaît ou déplaît aux femmes ».
« Un
bonheur qui a passé par la jalousie est comme un joli visage qui a passé par la
petite vérole . Il reste grèlé ».
« les
femmes les plus galantes deviennent sincèrement vertueuses quand il s’agit de
condamner leurs rivales ».
On
vous y parle des Exclus qui ne seront jamais aimés, De la rupture et même de
quelques Vengeances. Et si les salons ont changé de velours, les chambres
d’alcôves, les femmes de silhouettes et les messieurs d’allure, nous y
retrouvons l’Amour, immuable et cruel, tel que jadis, tel que toujours.
LORRAINE
FAUBOURG
Le dimanche, quand je me promène devant les maisons du faubourg, qui ont un jardinet devant, une petite grille et un piano qu’on entend de la rue, j’ai envie e pousser la porte et d’entrer. Je ne dérangerais personne, ni l’enfant dans son berceau ni les dames qui tricotent. J’entrerais dans une pièce où il n’y a personne, et là je lirais le livre qu’un autre a commencé et je regarderais les portraits de famille en me souvenant de ces visages.
S’il y a des porcelaines, je serais curieuse de chaque figurine
car je les aime et je m’assiérais dans les fauteuils où quelqu’un à rêvé, pour
rêver à mon tour.
Je n’aurais pas peur que l’on me surprenne, je ne serais là que pour vivre un bonheur qui n’est pas le mien, au milieu d’autres tableaux, devant un miroir où je suis différente et en écoutant un piano dont je n’avais jamais entendu le son. Je dirais que j’ai pour les maisons inconnues, les grands couloirs, les portes closes une attirance mystérieuse et si l’on me croit, je partirais en emportant des fleurs.
Voilà à quoi je songe le dimanche dans les faubourgs, quand c’est l’heure du goûter et qu’un rideau frissonne sous une main de femme. Une cloche isolée m’étreint d’une indéfinissable peine et je remonte vers la ville, laissant à leur bonheur quotidien et paisible ces statuettes ignorées, l’escalier qui mène au grenier, de vieux bouquins, un jeune chat…
LORRAINE
02 novembre 2009
UN REVE
J’ai
rêvé cette nuit qu’à l’aide d’une énorme catapulte j’envoyais dans la Lune une
personne que je n’aimais pas. J’étais lasse de la voir tournoyer autour de moi, semblable à un gros
hanneton, hommasse, adipeuse, geignante. Sa robe chamarrée de rouge la drapait
grotesquement. Je la vis disparaître comme une fusée dans un étincellement de
flammes. De là-haut, elle m’adressa des signes pour m’avertir de sa bonne
arrivée. Que nous étions donc heureuses, elle de voir du pays, moi d’être
débarrassée de sa présence envahissante.
Elle
n’était plus qu’un tout petit gnome gigotant, presque beau, à distance. La lune
vénitienne la berçait, gondole d’argent aux reflets bleutés. Je ne sais quelle tempête retourna
soudain cette barque fragile : mon gnome piqua droit vers la Terre, tête
en avant dans un vertige.
Je
ne retrouvai plus qu’un chiffon rouge déteint et un morceau de lyre cassé au
bord de la route sablonneuse.
LORRAINE





