ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billets, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

28 décembre 2009

ET SI C'ETAIT UNE HISTOIRE D'AMOUR?...

 
 Voici une liste de mots à utiliser pour raconter une histoire qui se passerait au début du XXème siècle. : "gonflée – habile – vulgaire – rayé –guidon – arcade – repas – mauvaise mine – morbide." Et   voici la consigne terminée.

  ---------------------------

 Elle a mauvaise mine, la robe rose avivera son teint. Donc, pas de caraco rayé aujourd’hui, il la serre et souligne qu’elle est gonflée de partout : les joues, la taille, les hanches et même les chevilles ;


   Jusqu’ici, il ne s’en est pas aperçu. Sinon pourquoi l’aurait-il courtoisement abordée sous les arcades hier soir, comme elle rentrait du salut ? Et pourquoi ce matin cette corbeille où se mêlent les harmonies du rose et du blanc ?


   Non, elle n’est pas jolie, Eugénie. La bonne quarantaine, la vie pépère de la pâtisserie à l’église chaque dimanche, de l’église à l’ouvroir chaque lundi et de l’ouvroir au lit. Seule. Oui, seule. Aucun galant n’a croisé sa route ou son regard ; quand ils la rencontrent,Vbtn3 ils baissent es yeux. Parce qu’ils respectent sa vertu ou parce qu’ils évitent son sourire, engageant, certes, mais...déchaussé. Oui, elle a de grandes dents, de grands pieds, de grandes mains qui appréhenderaient bien par le collet le passant indifférent à qui elle dirait de sa grande bouche :


   - Je suis fille à marier, j’ai de l’avoir, des espérances du côté de mon oncle Monsieur le curé, je cuisine parfaitement les tomates farcies et le pain de viande et quand je suis nue, je suis magnifique.

 Magnifique, n’exagérons pas. Mais pas moche non plus, c’est vrai. Est-ce que par hasard l’inconnu des arcade l’a pressenti ? Il a joint sa carte. « Avec mon profond respect – Aimé Joli ». Et il a griffonné en plus « Je me présenterait chez vous à 5 H. ».


   Il en est 4. Eugénie pense que tantôt, il sera là, elle aura un demi-sourire en coin pour cacher ses dents, et s’il résiste, peut-être qu’il ne trouvera pas morbide de revenir en ami, prendre une camomille tous les soirs après le salut et, qui sait, il lui prendra peut-être la main...

 
LORRAINE

Posté par incarnat à 12:31 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

17 décembre 2009

APRES UN COUP DE TELEPHONE

(A l'Atelier d'Ecriture, nous devions en six minutes écrire notre réaction à la suite d'un coup de téléphone, n'importe lequel, inventé ou réel. J'ai inventé)

-----------------------

 


M’asseoir, confortablement dans le fauteuil rouge, jambes étendues, les pieds sur le tabouret et réfléchir. Surtout réfléchir. Prendre mon temps, le temps voulu, quoi! Et comprendre. Comprendre? Le pourquoi de cet appel inattendu et quelque peu insensé.

 Cinq ans de silence! Et tout à coup m’appeler, m’interroger, se retrouver imagespresque comme avant, la même voix, le même rire retenu et un peu gêné, quand même. Parler de moi, m'interroger, savoir ce que je deviens. Si j'ai des amis...Un ami...

 Boire. De l’eau? Plutôt un sherry ou un wisky, c’est ça, pour me remonter . Boire lentement, ne pas m’affoler, mettre tout à plat...Voyons. Attendre, je l’ai fait. Suffisamment. Cinq ans!

 Et maintenant?...

LORRAINE

Photo: www.mobifrance.com

Posté par incarnat à 09:26 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 décembre 2009

LA VISITE

(La consigne  nous invitait à écrire en tenant compte des indication suivantes: une maison vide, un fantôme, une main glisse le long du mur, il fait noir. Voici le résultat)

--------------------------


J’avais vingt ans, je venais de quitter cette maison que j’aimais et qui noyait sa solitude dans l’obscurité d'un début de printemps frileux. Il faisait froid, un de ces froids qui hurlent à la mort dans les quartiers citadins. Je rentrais du bureau. J’avais un peu mal à l’âme, comme on s’émiette certains soirs brumeux qui ôtent toute espérance. Sur un coup de tête, j’ai pris le chemin de la maison vide. 


 Je la connaissais bien, elle et son réverbère éclairant l’escalier fantomatique. Je ne suis pas peureuse. Donc je suis entrée, j’avais gardé la clef comme une amulette, dites-moi pourquoi ? 


 Sans effort, je suis montée jusqu’au second où j’avais ma chambre-bureau, il n’y a pas si longtemps. Rien. Personne. Le silence. Le bruit maugréé du vent. L’ombre floue de ma silhouette, la porte que j’ouvre. Rien... Rien ? Je tends l’oreille. Non, je rêve. Non, personne ne monte. Non, je n’entends pas vraiment ce frôlement sur le mur comme une main qui effleure. Non...Je ne bouge plus. f_e_clair_lune__wwwJ’attends. Je sais qu’il y a quelqu’un. Quelqu’un d’invisible, une ombre impalpable, un personnage venu d’où ? La main sur le mur effleure toujours, la caresse s’arrête à l’étage où je suis, mon cœur bat...Un imperceptible vertige m’inonde d’une certitude éblouissante : là, dans cette maison vide, quelqu’un vient à moi, quelqu’un d’un autre monde et qui à des choses à me dire... 


 J’ai attendu. Longtemps. L’effleurement a cessé. La visite a pris fin. Je suis redescendue. Oppressée et pourtant heureuse d’un étrange bonheur inconnu. 


 Rentrée chez moi, j’ai machinalement regardé le calendrier : nous étions le 28 mars. Pour beaucoup, cela ne signifie rien. Pour moi, qui l’ai lue avec passion, c’est Virginia Woolf emplissant ses poches de pierres et entrant ce jour de 1941 dans la rivière. Pour toujours. A moins que, ce soir...

 

LORRAINE

Illustration: www.swistools.net  

 

Posté par incarnat à 10:58 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 décembre 2009

AU QUATRIEME TOP IL SERA EXACTEMENT...

     (Il fallait utiliser le maximum de phrases toutes faites dans un texte de notre choix. Le titre servait d'exemple)

-------------------------

 Il fait si bleu, si calme, l’été est partout, je le sens, je l’entends. N’est-ce pas lui qui chantonne « n’a ja, ja, jamais navigué » ?…, de cette voix d’enfant qui me rappelle des choses. Quoi exactement ? Un couvent feutré, une classe de petites filles , une fenêtre ouverte sur le jardin et les rosiers qui m’enivraient plus que la leçon de calcul mental…Ce n’est pas à moi que Mademoiselle Louise ordonne :

 - Vous me conjuguerez cent fois le verbe avoir…

 C’est à Hélène, la tournoyante Hélène, toujours à glisser un mot à sa compagne, à retourner sa tête blonde vers l’élève du banc arrière, à bavarder de tout et de rien.

  « La vérité, rien que la vérité sort de la bouche des enfants. »

 A qui s’adresse l’institutrice? Pas à moi, je ne l’écoute jamais que d’une oreille, et encore, je la ferme cette oreille, pour m’évader, me projeter dans un avenir dont j’ignore tout, 2_dans_coeursauf qu’il me réserve un Roméo dont j’ai vu l’affiche sur le mur de l’école. Roméo et Juliette, un film enfants non admis, c’est dommage. J’aurai beau supplier : « Man ! Maman ! Mam… », rien n’y fera. Je resterai bel et bien à la maison et mon grand frère me fera taire parce qu’il écoute la radio :

 « …a battu le record du monde du saut à la perche ».

 Ou encore : « …de tous les pays, unissez-vous »…C’est curieux comme je n’entends jamais que la moitié des phrases. « Au quatrième top il sera exactement »…

 C’est cela, l’enfance. Une oreille distraite qui empile des souvenirs tronqués et se prépare de délicieux souvenirs, peut-être faux, peut-être pas tout à fait vrais, mais qu’importe ! La vie est faite de contrastes, d’humeurs, de bruits divers :

 « 33…33..33… », c’est le docteur qui ordonne : « Tousse, encore une fois, tousse… ». Mais ce n’est pas lui qui explose : « Belote et rebelote »…Et assène triomphalement « Et dix de der..  ». C’est mon oncle.

 La fillette grandit. Un jour, elle sort de l’église au bras du Roméo d’autrefois, enfin, pas le même, mais il lui ressemble. « Unis par les liens du mariage », ils entameront le périple hasardeux des couples qui les mènera à l’âge adulte et, peut-être, à la vieillesse.

 Qui sait ?

LORRAINE


   

Posté par incarnat à 09:08 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

29 novembre 2009

JE SUIS ATCHOUM!

(Nous avions pour sujet de consigne "Atchoum", à traiter comme personnage ou comme éternuement. Voici le mien)

 

---------------

  On me présente toujours comme un gros pépère au nez rouge. Mais que sait-on de mon cœur de poète ? Je scie le bois, je descends à la mine avec les copains, j’aide Simplet qui se prend toujours les pieds dans son habit, je calme Grincheux et ses alarmes, je conseille un peu de simplicité à Prof-je-sais-tout, mais je tais mes états d’âme. Pour tout le monde, je suis Atchoum, le type qui a le rhume des foins.

  Je l’ai attrapé dans la forêt, c’est sûr. A regarder de trop près les églantines, les genêts sauvages, les boutons d’or, à fourrer mon nez dans les muguets si bien cachés, à m’étendre voluptueusement sur un tapis de mousse tout en rimant un poème, un chatouillis dans les narines a déclenché une séries d’atchoums précurseurs. Depuis, la rose de Noël déchaîne mon allergie, tout comme le bouleau et au printemps les fleurs de pommier. Le sous-bois, qui pourtant convient à ma petite taille, m’assassine. Ses champignons et son humidité me prennent d’assaut et les éternuements perlés me secouent de la tête aux pieds.

  Je porte un cache-nez. Inutile précaution, le pollen sait où me trouver. La poussière aussi. Blanche-Neige, cependant , de ses mains diaphanes me confectionne des sirops au marrube blanc et aux bourgeons de pin. Je les bois sans délices mais avec efficacité. Et quelquefois, j’ai mes heures de grâce. Au soleil de la clairière, je musarde, je rêve. Et je vous écris. Comme cela, vous saurez toute la vérité sur Atchoum.

LORRAINE

 

blanche_neige


Posté par incarnat à 11:41 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

18 novembre 2009

J'ARRIVE


(A l'Atelier d'Ecriture, il fallait reprendre certains mots soulignés dans un texte et commencer par « J’arrive de loin ».)

--------------

 J’arrive de loin.

 J’étais dans le grenier où je cherchais mon enfance. Je l’avais remisée là il y a dolls_041longtemps, avec aussi des morceaux de l’adolescence et un petit chagrin d’amour.

 J’arrive du passé. Il me semble que c’était hier. Ne vous moquez pas, cachez vos sourires. Le temps passe vite, vous savez, quand au cœur on a toujours 20 ans. Non, 30… Ou 40 peut-être.

 Je dis au temps « Attendez-moi, je ne suis pas pressée ». Mais le temps s’en fiche. Il me répond :

 « Ouvrez les yeux, voyons, regardez-vous. 20 ans, ma pauvre dame, ils sont partis à toute jambe. Ils ont beaucoup ri, beaucoup dansé, beaucoup chanté, un peu pleuré et vous voilà aujourd’hui.

 « Ils sont un souvenir, vos 20 ans, une poussière, un parchemin. Ils ne dansent plus, ils dorment, ils hésitent même à s’effacer tout à fait de votre mémoire, de vos rêves, de vos gestes.

 « Vivre oblige à l’oubli. Reprenez-vous, ma bonne dame, gommez la souffrance, souriez de toutes vos rides. La vie est derrière vous. Peut-être vaut-il mieux ne pas y penser. Vous y arriverez, vous verrez. Un peu de patience. Il reste quelques années, quelques mois, quelques semaines peut-être.

 « Et là, vous vous retrouverez dans le blanc de la page. Celle de l’éternité ».

LORRAINE

Posté par incarnat à 09:42 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

15 novembre 2009

J'AI TOUT DIT...

En quelques minutes, simplement écrire sur ce sujet "J'ai tout dit..."

Voilà ce qui en est sorti!

 

X

 

 Je lui ai tout dit  il y a deux semaines. J’ai parlé d’une traite.

 Je le revois : « Quoi ?... ». Il rougit, il suffoque, pire, il réfute !


  C’est vrai, j’ai tout dit : sa morosité, son train-train, son égoïsme. Et son laisser-aller. Et la TV du soir, pas « Les Experts » non, le foot !  Il souffre ? Peut-être. Je m’en moque. Je souffre bien, moi, depuis pantalonfcinq ans. Je l’ai expliqué, il n’a rien entendu. Je l’ai insinué, il est resté imperméable. Je l’ai crié : il m’a reproché violemment ma colère.

 

  Je l’ai murmuré aussi, un soir de tendresse. Il m’a embrassé les paupières, le nez, il a ri. Le lendemain, il rentrait tard, préoccupé, indifférent. J’ai patienté. Huit jours, quinze peut-être ? Et il y a deux semaines, j’ai tout dit. Que je le quitte. Que j’ai cessé de l’aimer. Là, il encaisse. Visiblement, il croit que j’ai un amant. Pas encore. Quand je serait libre…Il y a d’autres hommes.

 

  Maintenant, il s’accroche. La séparation, il la refuse. Mes raisons aussi. J’y arriverai. Pour me sauver. Pour vivre. A nouveau.

 

LORRAINE

Posté par incarnat à 11:22 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

13 novembre 2009

NON, JE N'AIME PAS LE TELEPHONE

  (La consigne nous a enjoint de parler du téléphone selon notre gré, mais en huit minutes maximum. Je m'y suis pliée)                                                

chatons                      

 Je n’aime pas le téléphone. Il bavarde, il rit, il raconte une histoire alors que je suis en train de m’ habiller, un pied nu, et qu’il est 8 Heures du matin. Le téléphone n’a pas d’horaire, il obéit à son impulsion. La notion du temps, il l’ignore. C’est pourquoi non, je n’aime pas le téléphone.  Je sais : pour beaucoup de gens, c’est un ami, ou alors un confident. Il apporte sa voix dans la maison, il demande « Tu vas bien ? Tu fais quoi ce matin ? Moi, je prépare un potage aux potirons. Si tu veux, je t’en apporterai ». Parce qu’il est très gentil, le téléphone. Il nous veut du bien. Quelquefois même, il propose : « Tu es libre tout à l’heure ? On peut aller prendre un café et un petit gâteau, ça te dit ? ». Pas nécessairement. Je surveille ma ligne pour le moment, j’ai l’intention de terminer la lecture du dernier d'Ormesson, il me faut le silence et le temps, c’est important pour moi. Plus que le petit gâteau. Mais comment le dire sans peiner ? Le téléphone a du cœur. Et moi des scrupules.

 

 Ah ! bon, vous aimez le téléphone, vous ? C’est pratique (oui d’accord), c’est réconfortant quand on est inquiet et qu’on vous rassure (je n’en disconviens pas, mais...), c’est rapide pour prendre un rendez-vous chez le coiffeur ou le dentiste (ah ! là, certainement, il suffit de dire l’heure et le jour, j’apprécie...), et puis c’est amical. 

 

 Amical ? Bien sûr que oui, une voix chaleureuse apporte toujours sa vivifiante douceur. Mais il y a aussi les raseurs, les bavards, les vendeurs, les erreurs, les pleureurs, et les « identités masquées » qui veulent à tout prix vous vendre du vin, un salon en cuir, ou un autre téléphone.! Quand "Appelant inconnu" s'affiche sur mon écran,  c’est radical : tout simplement je ne décroche pas. 

 

 Vous voyez que, décidément non, je n’aime pas le téléphone ! 

 

LORRAINE

Posté par incarnat à 10:43 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

03 novembre 2009

LA CHAMBRE JAUNE

Raconter, en vingt lignes environ,  une nuit passée ailleurs et dont on se souvient. 

                                                         ------------------------------

  

 J'étais en vacances chez ma tante et le soir, je montais vers la chambre jaune avec un plaisir mêlé d’appréhension. Plaisir grâce à l’escalier dont le velours étouffait les pas, plaisir de tirer les tentures dorées sur le jardin d’été, plaisir du couvre-lit et du tapis plain assortis qui m’apportaient une douceur de miel indicible. Là, seule, je me sentais reine. J’avais 9 ans, 9 ans endeuillés par la mort récente de mon père,   9 ans qui tentaient de vivre sans pleurer.


 Appréhension aussi, oui. Le roman à la mode  « Le Mystère de la chambre jaune » se diffusait chaque soir à la radio et parmi les grands, j’écoutais. La radio mimait les ombres menaçantes, d_tective adoucissait la voix quand on parlait d’amour, devenait haute et inquiète lorsque l’auteur laissait entrevoir le meurtre possible, la pendaison, l’enfermement, l’enfermement surtout. On se quittait dans l’angoisse, et je pénétrais dans « ma » chambre jaune tout imprégnée d’une menace diffuse, que précisaient les bruissements des arbres de juillet.


 Sous les draps, je réapparaissais pour étudier, l’œil soupçonneux, les ombres glissantes, la progression lente d’un personnage bossu sur le mur en face, le long soupir venu d’où, Seigneur, venu d’où ?.. La lune jetait un œil par la croisée entrouverte, j’avalais précipitamment mon bonbon du soir, puis, épuisée, m’endormais enfin, emportée malgré moi vers un lendemain dont, à l’avance, je savourais l’horreur recommencée jusqu’à la fin du feuilleton.

LORRAINE

Posté par incarnat à 10:32 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

28 octobre 2009

UN CAUCHEMAR

     (La consigne était simple: raconter un cauchemar, en cinq minutes montre en main. Introduire "un régime de bananes" et le mot "porte-manteau. Et terminer par "La boucle est bouclée")

X


     Il hurlait sa colère et frissonnait de peur. Où était-il? Qui était là? Il ne voyait rien qu'un régime de bananes pendu au porte-manteau. Le bruit qui l'assourdissait montait de son coeur dont l'intervention l'empêchait d'y voir clair. L'obscurité épaisse dans laquelle il se mouvait le prenait à la gorge. Une sorte de bâillon lui collait les lèvres, comme à l'école où il était le cancre attitré.

     Voilà, il y est dans cette école où il se torturait les méninges pour comprendre les maths. Il ne veut pas entendre l'abrutissante leçon du prof sur l'estrade, il en a assez d'étudier, il veut se lever mais il est garroté, il veut crier mais le bâillon l'en empêche. Pitié! Pas de pitié pour les nuls! C'est ce que hurlait le maître et qu'il hurle en lui-même de toutes ses forces. Le nul, c'est lui, le prof avait raison. Il est prêt à tout reconnaître. Il reconnaît tout.

     La boucle est bouclée.

LORRAINE

cheval_ail_


Posté par incarnat à 11:25 - Les consignes et leurs textes - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »