ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billets, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

19 novembre 2009

ROSINE ET L'ANGE

  

 J’ai quatre ans, je suis une grande, maman l’a dit. C’est de nouveau Mademoiselle Raymonde l’institutrice, elle me demande : 


 -Bonjour, Rosine, tu es contente de rentrer ? 


Oui, je suis contente, je suis déjà venue quand j’étais petite. Là, j’avais peur, mais maintenant non. J’ai ma place juste devant le bureau, mon petit banc est petit_angeciré et sent bon. Armand s’assied à côté de moi, on se connaît, son papa me pince la joue quand il me voit, mais je n’ose pas dire que ça fait un peu mal. Il rit, il parle fort, mais il est gentil. 


 Il y a plein de nouveaux, des qui pleurent, et des qui se collent à leur maman. Moi, j’ai pas pleuré. Je suis une grande. 


 Melle Raymonde tape dans ses mains. « Un peu de silence ,on va chanter ». C’est difficile de chanter parce que Laurette crie tout haut « Maman, maman ! Où elle est, maman ? ». On chante quand même. On entend moins Laurette quand on crie « « il faisait du vélo Pipo quand il était militaire, il faisait du vélo Pipo quand il était matelot »... J’aime bien cette chanson. Melle Raymonde claque encore une fois dans ses mains :
 

 « On va faire la prière ». Moi je sais. Je reconnais ma main droite. Mais Armand lève sa main gauche et d’autres aussi. Melle Raymonde tourne le dos à tout le monde et lève la main droite : « Faites tous comme moi » et tout le monde sait d’un coup comment faire. C’est drôle. Maintenant Melle Raymonde déroule une toile peinte pendue au tableau ; elle dit que c’est le ciel . Moi, je ne vois que des hommes et des dames à genoux, beaucoup, autour d’un homme qui a de la barbe et une couronne, comme le Prince de Blanche-Neige. Avec son bâton, Melle Raymonde montre ces gens et dit que ce sont des saints. Il y a aussi des anges avec des ailes. 


 - Vous aussi, mes enfants, vous avez un ange gardien. Il est près de vous tout le temps, mais vous ne le voyez pas. 


 Je ne le vois pas ; mais puisqu’il est là, je lui fais une toute petite place sur le banc, entre Armand et moi. Armand s’assied dessus. Alors je le pousse très fort : « Recule, tu es sur l’ange ». Et maintenant Armand est par terre... Je ne sais pas comment ça se fait... 

 

LORRAINE

Posté par incarnat à 10:21 - Les textes perso - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

17 octobre 2009

LE FEU D'AUTOMNE

(En souvenir du passé!)

bonj_chat

 Quand les soirs de septembre deviennent frisquets, quand octobre roussit le jardin, s’en reviennent les amis d’automne. Ils savent que la maison abritent une pièce basse, dont on ferme bien les volets lorsqu’il pleut et vente. Et que là, un vieux divan fatigué et robuste, une table basse, des fleurs et un chat silencieux qui a complaisamment lacéré de coups d’ongles le tapis fané, les accueilleront fidèlement.


 C’est la salle où l’on cause, où les hommes fument, où l’on boit la bière en parlant de soi. Une pièce pour les amis, resserrée, intime, mais dotée, ô joie, d’une grande cheminée où le bois danse comme un dieu délivré.


- Si je faisais une flambée, qu’en dis-tu ?


C’est le mot du premier arrivant et je dis oui, pour le plaisir de les voir tous s’activer en rond autour de ce feu qui flambe, craque, rougeoie, s’anime tandis que les femmes, assises, regardent et ne font rien.


Je n’en connais pas un qui soit indifférent au plaisir de raviver la flamme au soufflet ou de ramener, à l’aide des pinces, une brindille vagabonde. Ils aiment les flambées d’un instinct très ancien, venu du fond des âges et nous savent gr é d’avoir une pièce basse où l’on peut, après avoir mis l’étincelle, étendre les jambes devant l’âtre.


 L’amitié se satisfait d’accords tacites. Nous avons en commun tant d’années de jeunesse, tant de souvenirs et tant d’indulgences que le feu d’automne nous rassemble d’un même cœur, simple et tranquille.


 Quand ils s’en vont, nos amis laissent des cendres, l’odeur de tabac mêlée à celle des bûches, leur désordre bon enfant et la promesse de revenir. Et ils reviennent. Pour le feu de bois, sans aucun doute. Pour nous aussi, je crois.

LORRAINE


 

feudebois

Photo www.cuisine-lyonnaise.com


Posté par incarnat à 10:16 - Les textes perso - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

20 juillet 2009

LES AMIS DU SOIR

    amicalementVous vous êtes connus a vingt ans, par hasard, chez d’autres copains, ou à la bibliothèque où vous cherchiez justement le même livre, ou dans la bousculade d’un cortège folklorique que vous regardiez debout sur le même trottoir ; L’amitié est comme l’amour : elle naît d’un coup de foudre ou d’un coup de cœur. Et, dès lors, vogue la galère !

    Vous vous fréquentez en couple, et si vous n’êtes pas encore mariés, soyez sûr qu’au jour dit il sera votre témoin. Il est là aussi à la naissance du premier enfant. S’il disparaît trois mois, ni votre mari ni vous ne vous inquiétez : il reviendra bientôt et vous présentera sa grande passion ou son petit béguin !

    C’est l’ami célibataire, définitif, irréversible, qui fréquentera votre foyer pour y consoler ses mélancolies ou faire du baby-sitting le sourire aux lèvres ; Vous avez bien essayé de le marier à une de vos amies ; Pas de chance : il en préférait une autre, qui ne s’en soucie guère.

    Le va-et-vient de l’amitié éloigne ou rapproche des garçons et des filles qu’on fréquente à trente ans au son des disques d’Aznavour, de Bécaud ou de Mouloudji. Avec qui à 40 ans on part en vacances en Italie, où on se dispute pour la première fois ; les rancuniers boudent, les autres continuent leur carrière et se rencontrent pour jouer au bridge.

    Léger ? Facile ? Eh non, car ces amis des premières heures vieillissent eux aussi tout doucement : François tombe, foudroyé, sur le court de tennis et ne se relèvera plus ; Charles disparaît sans rien dire, déménage, se perd dans l’anonymat. Sept ans plus tard, quand il reparaît, il a vaincu la poisse que son orgueil tout amical refusait de dévoiler. Lucienne se remarie et vous la perdez à jamais. Johnny est toujours là,bouquet_rustique4 droit, élégant, et il ceint volontiers le tablier de cuistot pour vous éviter le fourneau, que vous n’aimez guère. René est resté le silencieux du groupe ; mais lui seul sait, d’un geste imprévu, vous offrir un bouquet de fleurs des champs ou prélevé du panier de la bouquetière.

    Le temps passe, des cheveux blancs éclaircissent les cheveux noirs, on écoute encore des disques mais on chante moins souvent en chœur. On a été de tous les mariages des jeune, de tous les enterrements des parents.

    L’âge adulte passe. On se retrouve parfois pour un barbecue, on parle d’autrefois, on se souvient. Et puis l’un de nous perd sa compagne ou son compagnon. Nul ne connaît l’instant ni l’heure. Mais les amis de toujours sont là, chacun avec ses souvenirs, chacun avec son affection. Désormais ce ne sera plus jamais la gaîté insouciante. Mais on sent, immensément, le chagrin qui étreint, tous quels qu’ils soient, les fidèles compagnons venus de l’éclatante jeunesse et qui resteront, jusqu’au bout, les amis du soir.

LORRAINE
 

 

Posté par incarnat à 16:20 - Les textes perso - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

09 juillet 2009

LA PETITE FILLE QUI NE VOULAIT PAS DORMIR...

    D’où viennent nos souvenirs ? De la mémoire ? Du cœur ? Nous les engrangeons sans le savoir, nous leur faisons un lit quelque part, où ils dorment, quelquefois très longtemps. Nous les avons oubliés. Nous sommes persuadés de les avoir perdus au fil des ans.

    Et puis soudain, une photo très ancienne nous montre une petite fille, les cheveux emprisonnés dans un foulard de vacances et tout resurgit : mais oui, c’est ce jour-là qu’à la descente du train elle avait oublié son nounours Tintin  sur le siège ! Mais oui, c’est ce jour-là que j’ai couru comme une folle vers le chef de gare qui allait siffler le départ du train ; mais oui, c’est ce jour-là qu’il a arrêté son geste, ouvert la portière, retrouvé le nounours...et que la petite fille a cessé de pleurer !

    Comme c’est loin ! Comme c’est près !... Non, elle ne voulait pas dormir dans l’appartement loué en Ardenne, au bord de la Meuse, elle disait : « Chante, maman... », j’étais fatiguée, je ne savais quoi chanter, j’ai inventé une histoire sur deux notes, une histoire un peu sotte, un peu simplette, mais la petite fille riait, elle demandait : « Encore, maman, chante.. ». Et je chantais un peu hasard de l’invention :                

              « Tintin est monté en bateau                  
      Il a mis ses p’tits pieds dans l’eau

Il a trouvé qu’il faisait beau
    C’était vraiment très rigolo... »

         

Encore, maman, encore»...Encore ?

    «Papa trouvait qu'il faisait chaud
    Il est entré dans le bateau
    Tintin lui a pris son chapeau
    Tout l'monde trouvait ça rigolo »


    Papa n’était sans doute pas ravi d’intervenir dans la balade, mais il ne dit rien. L’essentiel était que la petite s’endorme, calme, détendue, jusqu’au matin. Il n’a pas deviné qu’il allait devenir un acteur essentiel de la chansonnette que tous les soirs, pendant quinze jours, je fus priée de chantonner, en diversifiant les sujets...Mais Marianne fut heureuse : et qu’y a-t-il de plus beau que la joie d’un enfant ?

PASSANTE

Marianne_b_b__foulard

 
 

Posté par incarnat à 09:17 - Les textes perso - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

23 juin 2009

VIEUX MARCHE

   La tour carillonnante de l’église éparpille sa bénédiction sur le vieux Marché qui étale, en branle-bas, ses tréteaux hétéroclites.

    Que d’heures j’ai passées parmi les badauds si aisément bernés : celui-ci qu’intéresse un cristal ébréché, cet autre accroupi devant de vieux bouquins empilés à même le sol, et l’amateur d’aquarelles, s’écarquillant l’œil, pinçant les lèvres, écoutant le camelot marmotteur et pressant.

    Cette vieille marchande, je la connais depuis toujours ; elle a le même tabouret à ramages, un châle noir, des yeux rusés et sur les pavés inégaux devant elle,  s’étend l’éternelle couverture rouge où se couchent, au petit bonheur la chance, une théière sans couvercle, des pelotes de laine rose, un cadre d'autrefois, de très anciens illustrés, un angelot qui joue de la flûte.  Plus loin, on vend des chiffons, des épingles, de l’étain, un pot de grès, le pied d’une lampe à pétrole...une grand’mère recroquevillée m’offre des violettes qu’elle sort d’un panier trop lourd pour elle.  Sa main tremble en prenant l’argent.

    Debout au bord du trottoir, un violoneux à cheveux gris joue comme pour lui seul. D’ailleurs, personne ne l’écoute, sauf une petite fille en bleu qui lui tend une pièce. Deux tout mignons chiens qui tremblent sortent un museau affolé du veston qui les tient serrés contre le marchand, un barbu à casquette.

    « Toute seule, ma belle enfant ? », susurre un Monsieur bien mis...

    Vieux Marché !

LORRAINE

Vieux_March___C__tait_au_temps_o__Bruxelles_brusselait_

                                Vieux_march___C_tait_au_temps_o__Bruxelles_brusselait_


 J'ai emprunté ces pittoresques photos au très beau site "C'était au temps où Bruxelles brusselait..." qui évoque remarquablement le visage d'un  Bruxelles aujourd'hui disparu. Je le recommande à ceux que le passé intéresse (et aussi le présent de Bruxelles): http://sofel-vandenaemet.skynetblogs.be

Posté par incarnat à 10:03 - Les textes perso - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

29 mai 2009

ENFERMEES DANS L'ASCENSEUR!..


    blNous rentrons des courses, nous sommes très chargées, ma nièce (et mon aide ménagère qui est descendue, appelée à la rescousse) m’aident en enfourner les quatre sacs à provisions dans l’ascenseur. J’ appuie sur le bouton, nous démarrons et...Stop ! A 25 centimètres du sol, plus rien à faire : bloquées !

    - Tiens, dit Chantal, qu’est-ce qui se passe ?

    Elle pousse à nouveau : 1,2,3,4,5,6 étages...Eh oui, morts tous les boutons et nous, enfermées vivantes !

    - Pas grave, dit-elle avec entrain, je pousse sur l’alarme.

    Elle pousse. Fort, longtemps, à coups répétés. Rien. Personne. Puis du poing elle tambourine contre la porte ; Marguerite s’y met aussi. Leur tapage m’étourdit un peu, mais je reste stoïque. Je garde mon sang-froid (moi qui suis une anxieuse !), je tire Chantal par la manche pour qu’elle m’écoute, je n’ai qu’une pensée : avertir ma fille pour le cas où...  Nous devons toutes les trois être un peu chamboulées puisqu’aucune jusqu’ici n’a pensé à téléphoner au numéro affiché contre la paroi. Il n’y a pas d’appareil dans l’ascenseur mais Chantal a son GMS et appelle ma fille, qui à tout hasard appelle une personne du syndic de l’immeuble, absente comme je le supposais. Ils sont tous absents, ou alors ils sont sourds ! Sinon notre vacarme les aurait alertés !

    Ma fille rappelle : « Si les dépanneurs n’arrivent pas, appelez les pompiers ». Elle a raison,  mais la téléphoniste a affirmé avec une désinvolture qui me désarçonne que les dépanneurs viendraient « dans un moment ». Elle n’a sans doute jamais été enfermée, elle !

    Finalement, une voisine revenant de son travail ira à pieds à tous les étages voir si, par hasard, un bouton ne fonctionnerait pas, puis redescendra et nous nous parlerons à travers la porte fermée. Un habitant du 5ème descendra à son tour, étonné de n’avoir rien entendu. Finalement un petit groupe compréhensif nous tiendra compagnie (moralement) et enfin les préposés arriveront. Vite fait bien fait. Nous voilà sorties. Ils sont très aimables, eux, rassurants. Je suppose qu’ils ont plus d’une fois trouvé des personnes affolées, d’autre souffrant d’un malaise ; les claustrophobes (je le suis un peu) ne doivent pas en mener large dans de telles situation !

    Une demi-heure, c’est peu...mais c’est aussi beaucoup quand on lutte contre ses pensées, serrées à trois dans un ascenseur pour quatre personnes mais encombré par les sacs à provisions à nos pieds.

    Bref, du coup j’ai fait connaissance avec des voisins inconnus et aimables, et je me suis juré de ne plus jamais prendre l’ascenseur sans GSM !...

LORRAINE

Posté par incarnat à 16:42 - Les textes perso - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

23 février 2009

MARDI-GRAS

    Laquelle sortira la robe pompeuse pour le frileux Mardi-Gras qui nous guette au tournant de février ? Il vient vers nous emmitouflé de frimas et pour nous convier dans sa ronde, nous tend des mains  encore transies. Il s’étonne peut-être que nous le boudions un peu. Mais nous avons peur que le vent caché  sous son manteau s’engouffre dans nos crinolines ou que la pluie déplume nos chapeaux.

    masque1___wwwMaître Carnaval, pourquoi n’attends-tu pas le printemps ? Nous irions à toi en riant, nous grimperions dans ton char, chaque ville aurait sa bohémienne pour prédire l’avenir, et sa princesse pour y croire ; les rues se peupleraient de seigneurs  et nous tenterions de deviner, à travers les loups, si leurs yeux sont bleus. Nous verrions des muscadins et des danseuses ; le costume blanc de l’Aiglon frôlant la cape du traître ; l’inconstant serait Don Juan et les griffes d’un ours retiendraient au passage Ophélie la blonde.

    Nous dirions, avec un rien de hardiesse : « Beau masque, qui es-tu ? » lorsqu’un danseur nous aura entraînées et nous cacherions nos visages afin que nul ne sache si nous sommes jolies.

    Carnaval charmant, tu n’auras pas l’esprit de venir en mai. Tant pis pour toi ! Les femmes aiment la douceur et février a trop de tempête. Tu règneras tout seul et nous regretterons, derrière nos vitres, toute la joie perdue.

LORRAINE
Illustration: www.gallery-regards.com

Posté par incarnat à 11:40 - Les textes perso - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

20 février 2009

LA VIE SANS DEDE...

    (Voici le récit d'une amie, Amanda, qui publie quelquefois sur "Eclats de paroles". J'ai laissé son "Avant-propos". Vous comprendrez pourquoi)

X


Ceci n'est PAS un texte drôle.
Si, si, relisez-le atentivement.
Il raconte des choses terribles.
On ne peut pas être drôle à chaque fois.

Amanda


-   La balançoire est cassée,
C’est la faute à Dédé
J’avais un grain de sable dans l’œil
Il a voulu me l’ôter
Et sur moi s’est couché…
Les cordes n’ont pas tenu
Moi non plus.
De Dédé, je n’ai plus voulupers93
Et nous avons rompu.

-    J’ai mis mon bikini le plus mini
Laqué mes orteils de vernis
Enfilé mes jolies mules bordeaux
Cadeau de Dédé, quel salaud !

-    J’ai chaussé mes lunettes noires de stars
Ai filé à la plage dare-dare.
Il faisait chaud,
Alors j’ai enlevé le haut.
J’aurais pas dû !
Le temps de tartiner la crème solaire
Il avait disparu !

-    J’étais vraiment très colère
J’ai crié, hurlé, tempêté
Le Maître Nageur est accouru
Et quand de sa bouée je n’ai pas voulu.
Il m’a prise dans ses bras
Serrée contre ses tablettes de chocolat
Il était beau, il sentait bon…
Il m’a emmené dans sa cabine
Et m’a  enlevé le bas.
Je n’ai pas du tout aimé ça.

-    A toutes jambes, j’ai filé
Dans le plus simple appareil
Ai retrouvé mes lunettes de soleil
Et mes mules bordeaux
Au bord de l’eau.

-    J’ai plongé, j’ai nagé, nagé…
Rien d’autre à faire
Quand on est nue comme un ver !
Jusqu’à épuisemen

-    Jusqu’à l’écroulement …
Jusqu’à  ce qu’une serviette éponge
M’enveloppe de douceur
Me sèche dans mon malheur
Jusqu’à ce que mes yeux étonnés
Rencontrent ceux de Dédé !
Rieur, farceur …

Et dire que je n’ai que 10 ans.
Ca sera comment quand je serai grande ?

Amanda
 
 

Posté par incarnat à 15:43 - Les textes perso - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 février 2009

LA PASSERELLE DU RÊVE

Morgane_lunamoon   Je suis la passerelle du rêve. Nul ne le sait. Mais les images viennent vers moi sur un long fil de lumière et m’éblouissent. Je ne dors pas, je suis seulement là dans mon silence du soir, comme une ombre attentive.

    Les images sont belles, de cette beauté irréelle où l’imaginaire se mêle au souvenir.  J’ai dit : « la passerelle ». Et c’est vrai, je me sens visitée par de légers pas d’autrefois, par des filles aux longs cheveux dénoués qui me traversent, pour aller où ? ailleurs, là où leur vie ressuscite peut-être, là où existe un bonheur perdu. Des fleurs parsèment leur itinéraire, bouquets de roses qui soudain surgissent dans ma chambre, flottent un peu, deviennent gerbe et disparaissent. Ou petit bouquet de muguet qui semble danser sur un air d’autrefois.

    Je suis une passerelle, un lien entre deux mondes. Quelquefois je tente de retenir ce papillon rouge et jaune qui volète près de moi, ou l’oiseau inconnu posé un instant sur ma main.

    Hélas, ils s’envolent. Je ne peux retenir aucune image, aucun visiteur insolite ; ils passent, ils continuent leur migration, ils vont où je n’irai jamais.

    Je suis la passerelle. Rien que la passerelle...

LORRAINE

Illustration: Morgane-lunamoon.free.fr

08 novembre 2008

CHAT, MON AMI

    Je ne résiste pas au bonheur de vous présenter mon compagnon de tous les jours, fidèle autant qu'indépendant, pour l'instant étendu de tout son long devant l'écran et qui vérifie si ce que j'écris est juste! Admirez-le; même s'il est très modestement un chat de gouttière, c'est mon ami.

    Ah! oui, j'ajouterai qu'il n'est pas responsable de son nom! Si je l'ai appelé Milord, c'est parce qu'une fois pour toutes, à mes yeux, tous les chats sont des seigneurs!

milord_lampe


    Il est bien fourré, gros et gras, comme dirait La Fontaine, mais surtout plein d'affection depuis dix ans que nous partageons le vivre et le couvert. C'est un solitaire qui fuit le monde et n'accepte que très peu d'élus, ma fille notamment, qui a pu le photographier! Un privilège, je le reconnais volontiers. Et je la remercie de tout coeur.

LORRAINE


milord_prof

Posté par incarnat à 17:07 - Les textes perso - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »