ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billes, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

27 mai 2008

L'ENFANT A L'ENDROIT, L'ENFANT A L'ENVERS

    2roses_rosesJ’ai lu ce livre presque d’une traite, c’est dire s’il m’a plu ! Car je suis entrée de plein pied dans l’univers secret de trois femmes, celles que Nicole Versailles campe avec une sensibilité très fine et beaucoup de psychologie.

    Son titre, direz-vous ? il dépayse et c’est bien, car la façon de présenter le récit dépayse aussi...et c’est parfait ! Entendons-nous : il eût été facile de raconter les choses en les prenant par le commencement : la grand’mère, la mère, la fille. Oui, mais c’eût été banal. Et ce livre est tout, sauf banal. Donc, Nicole Versailles mêle subtilement les vies de chacune. Plus exactement, elle s’adresse à la photographie de sa grand’mère qu’elle n’a pas connue. Et se dévide l’âme d’une petite fille dont l’enfance sévère s’est tue, s’est refermée, a souffert en secret et quelque part, a jugé.

    La maman traduite par les yeux de la fillette est de celles qui veulent « la paix », l’ »obéissance », le « silence ». Et qui sans le savoir se détournent à jamais des élans spontanés, des confidences joue à joue, des éclats de rire qui fusent. La petite fille imagine l’amour d’une grand’mère absente, se l’ »invente » en quelque sorte, se basant sur des détails éloquents et des bribes de souvenirs familiaux. La petite fille reconstitue à sa façon l’histoire d’une famille où le père a abdiqué et laisse à l’épouse le soin d’élever les enfants. C’est-à-dire de les punir, de les envoyer au lit, de les gronder.  De les aimer aussi, certes. La petite fille sait bien que sa maman l’aime à sa façon, et elle le prouve en racontant que,  jeune femme, sa maman  était gaie, heureuse, les photos le montrent...Que s’est-il passé ? L’usure de la vie, du couple, les enfants venus trop tôt, la monotonie, le bien-pensant, le comme-il-faut ?

    Et l’enfant tricote et détricote l’histoire de sa famille, et son histoire à elle, ses espérances, ses chagrins, et sa réconciliation intérieure longtemps après, très longtemps, avec cette maman qui l’aimait malgré tout.

    C’est un livre de femmes. Un très beau livre qui ouvre des portes et ferme les blessures. Il est écrit à l’encre du cœur. Un cœur qui bat, qui bat, qui bat...

LORRAINE

    "L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers" -
Editions "Traces de vie" - 15 euros .On peut se procurer le livre chez l'auteur: nicole.versailles@skynet.be

   

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04 avril 2008

PETITES PAROLES UTILES...

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   Nicole Versailles vient d’écrire un livre au titre évocateur : « Tout d’un blog ». Elle parle donc du blog et des blogueurs, de leurs joies et de leurs tourments, de la qualité ou de l’inanité des propos de ces billets écrits quotidiennement, sous l’impulsion du moment ou par habitude.

LE BLOG AU JOUR LE JOUR

    C’est un travail remarquable que l’auteure nous propose. Elle-même titulaire d’un blog personnel « Petites paroles inutiles » où elle exprime surtout son questionnement devant la vie, son mal-être ou son point de vue, elle est suivie par des centaines d’internautes et signe « Coumarine ». Mais Coumarine est aussi responsable bouquet_de_rosesd’un Atelier d’Ecriture en ligne « Paroles Plurielles » où la qualité de ses consignes rallie à sa cause des participants de plus en plus nombreux.

    Tenant moi-même modestement cet « Eclats de paroles » sans autre ambition qu’écrire par plaisir parce qu’écrire m’est nécessaire, je ne connais pas la hantise du blogueur si accroché  à son « lectorat «  qu’il consulte ses statistiques quotidiennes avec appréhension, enthousiasme ou découragement, selon la fluctuation des chiffres. Nicole Versailles analyse très clairement ce phénomène qui attache peu à peu le modeste blogueur débutant à une notoriété qu’il espère croissante et dont il suit jour après jour les soubresauts. Son analyse s'attache à la naissance des blogs, mais aussi à la raison pour laquelle chacun de nous (ou presque) éprouve le besoin de s’installer devant l’ordinateur pour lancer au monde ses ...petites paroles inutiles.  Entendez-moi bien : même si c’est le nom qu’elle a donné à son blog intime,  les propos de Coumarine ne sont jamais vains. Ils touchent le cœur d’un public qui ne sait pas toujours gérer ses émotions, ses peurs, ses doutes ; le reflet de ses propres sentiments entraîne le lecteur à mieux se comprendre, à répondre, à se délivrer quelquefois. Et entraîne Coumarine à répondre aux commentaires par amitié ou par courtoisie, et dans le cas de « Paroles Plurielles » par professionnalisme . Elle comme tous ceux qui ont une réputation sur la Toile, sont peu à peu pris dans le filet des réponses à donner, des billets à écrire (puisqu’on les attend, c’est visible),, des brusques retours de flamme, de l’amitié qui se noue, de la solitude vaincue , même si quelquefois, la lassitude s’empare de vous.

LA MEILLEURE DES CHOSES?..

    Un des chapitres s’intitule d’ailleurs : « Le temps du questionnement ». Bloguer, ne pas bloguer, arrêter de bloguer...cette étape traverse inévitablement l’esprit des blogueurs si sollicités qu’ils se sentent en quelque sorte prisonniers.  Ils aspirent à une liberté d’expression qui s’est peu à peu amenuisée, tant il est vrai que si l’on écrit pour soi, quand la notoriété surgit on écrit surtout pour les autres !

    Bref, Nicole Versailles a écrit là un livre d’une clarté absolue, où les vertus et les vices du blog sont dénudés avec talent et précision. Ce livre devrait être lu par tous ceux qui rêvent d’ouvrir un blog...parce qu’ensuite ils se sentiront des ailes, même s’ils en connaîtront alors les risques et les servitudes.

INCARNAT

"Tout d'un blog" - Nicole Versailles - Ed. Couleur livres (collection "je") - www.couleurlivres.be

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22 janvier 2008

A l'EST D'OCTOBRE

    J’ai déjà présenté Alain Gurly dans « Eclats de Paroles »(1) ; Il venait de sortir son recueil de poèmes « Les Hivernales », qui évoquait en sonnets effilés comme le givre la campagne cévénole et la nostalgie d’un autrefois perdu dans le brouillard des ans.

 

    Aujourd’hui, « A l’Est d’octobre » fait référence aux saisons de l’âme. Et de quelle plume imprégnée de souvenirs et d’images ! Celui qu’il a choisi en manière de préface, vous fera entrer à sa suite dans son univers:

Points Cardinaux

Je suis né un beau jour à l’Ouest du Printemps
C’était au mois d’avril lorsque pointent les feuilles
C’était dans ces journées où la vie se recueille
Pour repartir sans fin vers de nouveaux instants


J’ai eu de si beaux jours au Sud du bon vieux temps...
Comme ces concertos que la musique effeuille
En notes éthérées, que notre cœur accueille
Pour s’en ressouvenir quand soufflera l’autan


Et maintenant voici la saison de l’automne
La saison où la vie se flétrit et frissonne
Vers l’Orient d’Avril et le Nord du Printemps


Et maintenant je vois au couchant de Septembre
Venir ce grand hiver au Nord du vieil antan...
Et les jours se ternir à l’Ouest de Décembre...

    Las ! il faudrait tout lire, mais ces vers que j'isole achèveront de vous séduire:

    « J’entends craquer les jours au creux du temps qui cogne »...

ou

« J’ai mis sur mon épaule une cape de vent
   Pour regagner ce temps qu’aucun doute ne ronge
   Pour rejoindre ces jours que mes amours prolongent...
   J’ai chaussé mes souliers à remonter le temps »

Ou encore

« Longtemps, à petits pas, j’ai hanté le silence »

    Alain Gurly, ce compagnon de la Nostalgie, nous entraîne à travers les âges, à travers les murs, « dans les forêts où meurt l‘hiver à contre-jour », dans les grands prés verts, dans le matin cévenol que dévore l’espace. Et nous le suivons comme on suit un enchanteur.

 

    La photo que voici est prise près de sa maison. Elle illustre la couverture d’ »A l’Est d’Octobre ». Si vous aimez le crépuscule sur le vallon, l'âpre goût des futaies, le pas solitaire résonant sur un chemin pierreux,  et l'immense lucidité de vivre, vous aimerez Alain Gurly. Et son recueil. Parmi tous ceux qu'il a écrits.  J'ajouterai qu'il a reçu le Grand Prix de Poésie des Jeux Floraux d'Orange en 2005 et a été nominé dans plusieurs autres concours, dont celui de Lyon et celui de Sète.

 

    Allez voir son site littéraire et poétique sur Internet: http;//versamoi.free.fr . Vous y trouverez les renseignements pratiques concernant son oeuvre et vous plongerez dans le monde intérieur d'Alain Gurly. Et tant que vous y êtes, faites un bond dans http://macevenne.free.fr, une autre façon de vous émerveiller!

 

     LORRAINE

- "A L'EST D'OCTOBRE" , Alain Gurly - 68 page - Prix port compris: 11 euros (3 euros de majoration pour l'étranger)

   (1) - 27 août 2007

LORRAINE

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24 août 2007

SORTIE DE PRESSE: LES HIVERNALES


    Un intense parfum d’herbes fanées, de givre craquant sous les pas, de chemins perdus s’échappe des « Hivernales », comme autant de bonheurs vécus et refermés, dans la solitude des Cévennes.

    Alain Gurly nous livre ce recueil de poèmes et vous y trouvez, de surcroît, l’âme d’un rêveur éveillé, d’un homme aux souvenirs d’enfance et de jeunesse revenus intacts à la surface du cœur.  Je connaissais la finesse de sa plume, je connais mieux à présent les méandres d’une sensibilité virile, où la lucidité se mêle à la tendresse.

    « Les Hivernales » viennent de sortir aux Editions Le Manuscrit (www.manuscrit.com) . L’auteur explique son titre :

    « Il y a les Hivers des ans et il y a les Hivers du cœur... » et plus loin :
« Ces poèmes sont issus de longues promenades dans la campagne cévenole en hiver, lorsqu’il n’y a plus aucun autre repère que les serres, les brumes, le vent, et les arbres vernis par le gel »...

    Je vous en donne un quatrain extrait du sonnet « Ancrage » qui, comme la plupart, me touche profondément :

    « Le soir s’est installé au fond de mon silence
      Je feuillette un gros livre en jaquette écornée
      Qui date de ce temps de mes jeunes années
      Un vieux livre témoin de mes années d’enfance »


    Vous qui aimez la poésie, n’hésitez pas : « Les Hivernales » vous tiendront chaud au cœur les jours d’hiver, car on y retrouve toute la nostalgie que l’on éprouve, quand l’hiver frappe au carreau.

LORRAINE

    Ed. le Manuscrit – « Les Hivernales » Alain Gurly – 10,90 euros.

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Illustration: mas des grès

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06 novembre 2006

NOTRE-DAME A LA ROSE

       Il existe à Lessines (Belgique) un  fabuleux vestige du passé : l’Hôpital Notre-Dame à la Rose. Cet hôtel-dieu fondé en 1242 et mué aujourd’hui en musée attire chaque année des milliers et des milliers de visiteurs. Un livre original vient de sortir. Consacré aux femmes qui y ont œuvré plus de sept siècles durant, il est préfacé par Rudy Demotte, Ministre fédéral de la Santé.

    CES DAMES DE L’HOPITAL NOTRE DAME A LA ROSE

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  Alix de Rosoit, la fondatrice, Jeanne d’Alost, une novice, Jeanne Duquesne, prieure et bâtisseuse, Marie-Rose Carouy, prieure et créatrice d’un médicament « miracle », les voici, ces Dames de l’Hôpital, ces chanoinesses de saint Augustin, telles qu’elles vécurent au cours des siècles pour soulager l’immense détresse des plus misérables de leurs contemporains : les pauvres malades, incapables même de mendier.

  A leurs côtés, une bienfaitrice, l’apothicaire à l’esprit éclairé,  l’aide-soignante du XXè siècle, d’autres encore qui prennent vie sous la plume élégante et précise de l’auteur, Marianne Vanhecke. Car si les archives de l’hôpital ont légué les noms de la plupart des prieures et d’innombrables religieuses, si nous en savons long sur leur spiritualité, sur les phases de construction des bâtiments, les conflits qui les opposèrent aux autorités de la ville, les progrès de la médecine et de la pharmacie, par contre peu d’informations subsistent sur la personnalité de chacune d’elles. Il fallait donc imaginer.

  Imaginer, non pas « inventer » ! Sous forme de dix nouvelles dont le déroulement tient en haleine, Marianne Vanhecke conte l’histoire des personnages fictifs avec autant d’intensité que celle des personnages réels. Chaque récit se complète d’une notice historique retraçant l’époque, les faits, les batailles, la peste, les remèdes d’alors, etc. Des documents en couleurs soutiennent le récit (lits à alcôve, trépied perforateur pour la trépanation, bras reliquaire, etc.). Bref, les portraits de ces femmes qui de mille et une façons, participèrent à l’histoire de la médecine et à l’évolution sociale de la région, font de ces « nouvelles historiques » un brillant témoignage qui se lit comme… un roman . (23 €).

INCARNAT

-    Editions « Memogrames », 13, rue des 7 Etoiles, B-1082 Bruxelles Tél: 32 (0)2 /465 80 29
-    Hôpital Notre-Dame à la Rose, Place Alix de Rosoit, B – 7860 Lessines
     Tél. et Téléfax : +32 (0)68 / 33 24 03fleurs_120
     info@notredamealarose.com.
     www.notredamealarose.com

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11 août 2006

Extrait de ' L'immeuble Yacoubian' Alaa el Aswany

J'ai beaucoup aimé ce livre et ne résiste pas à la tentation de vous en recopier un extrait, qui suscitera à coup sûr commentaires et réflexions.

" Entre les deux vieillards, il y avait aussi toute la morosité, l'impatience, l'opiniâtreté qui accompagnent la vieillesse, en plus de cette tension qui suscite toujours le rapprochement de deux personnalités plus longtemps que nécessaire.

L'un des deux occupe la salle de bain alors que l'autre veut l'utiliser, l'un voit le visage renfrogné de l'autre au moment du réveil, l'un a besoin de silence tandis que l'autre s'obstine à parler.

Il suffit même de la simple présence d'une autre personne, qui ne vous quitte ni de jour, ni de nuit, dont le regard vous fixe, qui vous prend à partie, qui, reprend ce que vous dites, qui s'assoit pour manger avec vous alors que le bruit de ses molaires lorsqu'elle mastique vous irrite et que vous devient insupportable jusqu'au bruit de sa cuillère heurtant l'assiette.

Insupportable, le silence de l'autre.

Insupportable, le fait de parler à un mur, à quelqu'un qui, tout en faisant semblant de vous écouter, pense à autre chose ou pire...ne pense à rien.

Tous ces gestes, ces bruits, ces odeurs, autrefois attendrissants, devenus exaspérants.

Il n'y a, en vérité, rien de pire qu'un amour viellissant.

L'amour est une affaire de chaque jour, c'est un animal vorace qu'il faut nourrir sous peine qu'il n e vous détruise, un feu qui doit rester attisé, sous peine de mourir de froid.

C'est un effort aussi, quelquefois, sous peine de périr d'ennui.

Il faut l'arroser, luji donner de la semence,de l'engrais.

Il n'y a rien de plus triste que deux vieillards face-à-face, murés dans le silence, qui attendent avec haine la mort de l'un des deux.

Et puis, que fait l'autre quand il reste ?

de la part d'Amanda

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