21 décembre 2009
CAVATINE

Le
vent aboie dans la ramure
Mon
cœur breloque et pense à toi
Le
vent retrousse la bordure
Du
parterre près du lilas
Le
ciel au couchant s’amarante
Mon
cœur musèle son chagrin
Le
vent soudain se dégingande
Et
m’emporte sur le chemin
Le
soir a mis sa crinoline
De
forsythias et de genêts
L’amour
est une cavatine
Ou peut-être un triolet
LORRAINE
Photo: J.P. FLOCH'H - www.sculpteurs.org
03 décembre 2009
AIMEZ-MOI UN PEU...
Voici ma main, mon bras,
et ma taille et mes hanches
Et puis voici mes yeux
qui ont pleuré pour vous
Ne me demandez pas s’ils
sont verts ou pervenche
Et qu’à m’aimer enfin
vous consentiez surtout !
J’arrive toute émue déjà par le baiser
Que sur mes doigts
offerts vos lèvres poseront
Souffrez que mon élan
dans vos bras réfugié
Rêve de votre amour et de
mon abandon
Sur votre coeur lassé je
repose ma tête
Tout affolée encor de
vous avoir aimé
Laissez-la s’évader, vous
qui êtes poète
Et que je souffre un peu
puisque vous repartez.
LORRAINE
(Un poème inspiré par "Green" de Verlaine)
11 novembre 2009
CAPRICE DE PLUIE
La pluie est une ballerine
Sur la pointe de ses chaussons
Elle danse la cavatine
Et fait éclore les bourgeons
La pluie danse sans pèlerine
Elle éclabousse les chansons
Les passants et les aubépines,
Les lilas et les vagabonds
La pluie danse à voix cristalline
Sur le toit penché des maisons
Son rideau de soie opaline
Noie le jardin et les buissons
La pluie danse une pantomime
Où l’arc-en-ciel surgit d’un bond
Puis disparaît sans grise mine
Le soleil pointe à l’horizon
LORRAINE
Photo: "Ciel noir sur Belladone" -Brumala Flickr
01 novembre 2009
ALLONS, JE VOUS ENNUIE, MONSIEUR...
Les
arbres des boulevards ils les ont découpés
Et
descellé les bancs où s’asseyaient les vieux
Ici,
les gens parlaient, Monsieur, les soirs d’été
Quand
le vent agitait l’ombre des marronniers
Les
filles riaient et moi, je leur disais bonsoir
J’étais
le Père Léon du café près du square
A
la place ils ont mis des parkings de béton
Le
tram ne passe plus. Il allait
jusqu’au bois
Maintenant
c’est le ring, ici, et les maisons
Ils
les ont abattues. Elles étaient de guingois
Qu’ils
disaient. A présent on a de beaux
buiIdings
Des
bureaux presque vides. Dites-moi
donc pourquoi ?
Allons,
je vous ennuie, Monsieur, il se fait tard
Vous
rentrez à l’hôtel ? Bien le bonsoir, Monsieur.
Viens,
Médor. ![]()
LORRAINE
19 octobre 2009
HAIKUS
L’album s’est ouvert
Que de visages oubliés
Le souvenir meurt
-----
Tu marches au soleil
Comme un gitan aux yeux bleus
Tant d’années ont fui !
-----
Le passé se tait
Même les photos jaunissent
Le silence dort
LORRAINE
13 octobre 2009
BALLADE D'AUTOMNE

Le
vent d’automne frappe à ma porte
Le
soir a ouvert ses paupières
Il
arrive avec une escorte
D’odeurs
venues de la clairière
Le
sapin cisèle son ombre
Sur
le vieux mur de la maison
Le
tournant de la rue est sombre
Et
j’entends un accordéon
Une
complainte comme on aime
Qui
frissonne au bout des doigts
Une
chanson un peu bohème
Qui
s’en vient et puis qui s’en va
Un
hibou lance sa prière
Par-dessus
les arbres mouillés
On
l’entend dans les deux chaumières
Assises
là-bas, dans les prés.
Et
l’automne soudain s’élance
Dans
la rue en tourbillonnant
Comme
une ballerine danse
En
un crescendo émouvant
Le
vent d’automne a son parfum
Ses
bourrasques et sa passion
S’il
enfle sa voix de tribun
Il
ressemble à un carillon
Puis
soudain sa fatigue extrême
S’étonne
de ce brouhaha
Et
au dedans de la fontaine
Le
vent s’engouffre...et puis s’en va.
LORRAINE
12 octobre 2009
ELLE

Elle brillait comme une étincelle
Comme un charbon ardent
Comme un
Vol d’hirondelles
Elle riait comme une tourterelle
Comme un bruit de diamants
Comme un
Accord de tarentelle
Elle t’aimait comme une bagatelle
Comme un trop jeune amant
Comme un
Amour qui bat de l’aile
Et son souvenir t’ensorcelle
Comme un baiser mourant
Comme un
Amour sans passerelle
C’était ELLE
LORRAINE
01 octobre 2009
UNE CHANSON D'AUTOMNE
Une chanson d’automne
Se fredonne à mi-voix
Ma douceur s’abandonne
Au soyeux de tes doigts
Une chanson d’automne
M’envoûte contre toi
Au fond de moi bourdonne
Le désir qui me ploie
Une chanson d’automne
A eu raison de moi
Le vent qui processionne
S’est tu, un peu narquois.
LORRAINE
05 septembre 2009
UNE FEMME
La fenêtre a clos ses paupières
La chambre repose
Douceur bleutée des rideaux
Pénombre lasse
Une femme rêve
Silhouette assise
Miroir, obscurité
Une femme pense
Ombre triste
Visage aux cheveux longs
Une femme pleure
LORRAINE

17 août 2009
AIMEZ-MOI UN PEU
"Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous"...
(VERLAINE)
Peut-être parce que j'avais la cadence du poème "Green" de Verlaine dans l'oreille, j'ai suivi le rythme et écrit à ma façon une autre chanson d'amour...
X
Voici ma main, mon bras, et ma taille et mes hanches
Et puis voici mes yeux qui ont pleuré pour vous
Ne me demandez pas s’ils sont verts ou pervenche
Et qu’à m’aimer enfin vous consentiez surtout !
J’arrive toute émue déjà par le baiser
Que sur mes doigts offerts vos lèvres poseront
Souffrez que mon élan dans vos bras réfugié
Rêve de votre amour et de mon abandon
Sur votre coeur lassé je repose ma tête
Tout affolée encor de vous avoir aimé
Laissez-la s’évader, vous qui êtes poète
Et que je souffre un peu puisque vous repartez.
LORRAINE


