ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billets, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

17 décembre 2009

APRES UN COUP DE TELEPHONE

(A l'Atelier d'Ecriture, nous devions en six minutes écrire notre réaction à la suite d'un coup de téléphone, n'importe lequel, inventé ou réel. J'ai inventé)

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M’asseoir, confortablement dans le fauteuil rouge, jambes étendues, les pieds sur le tabouret et réfléchir. Surtout réfléchir. Prendre mon temps, le temps voulu, quoi! Et comprendre. Comprendre? Le pourquoi de cet appel inattendu et quelque peu insensé.

 Cinq ans de silence! Et tout à coup m’appeler, m’interroger, se retrouver imagespresque comme avant, la même voix, le même rire retenu et un peu gêné, quand même. Parler de moi, m'interroger, savoir ce que je deviens. Si j'ai des amis...Un ami...

 Boire. De l’eau? Plutôt un sherry ou un wisky, c’est ça, pour me remonter . Boire lentement, ne pas m’affoler, mettre tout à plat...Voyons. Attendre, je l’ai fait. Suffisamment. Cinq ans!

 Et maintenant?...

LORRAINE

Photo: www.mobifrance.com

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29 septembre 2009

A L'HEURE Où L'ON N'ATTEND PLUS RIEN...

  Je me suis inscrite à l'Atelier d'Ecriture "Les Impromptus Littéraires". Voici la première consigne que j'ai suivie. Il fallait écrire un texte dans lequel introduire "Fallait bien que ça arrive".... J'en ai fait un poème que je vous livre ici.

petite_guirlande


A l’heure où l’on n’attend plus rien
Qu’un peu de douceur en septembre
La promenade avec le chien
Un beau livre, le goût de comprendre

J’ai pris la décision hâtive
De voyager, de partir loin
Il fallait bien que ça arrive
J’avais le cœur un peu chafouin

A l’heure où l’on n’attend plus rien
Vous étiez l’ami presque tendre
Vous me preniez dix fois la main ...
De l’amitié à en revendre !

J’allais de dérive en dérive
Et vous aviez l’air si serein !
Il fallait bien que ça arrive
J’ai fait la nique à mon destin

A l’heure où l’on n’attend plus rien
Je suis donc partie en Irlande
Je me disais « Quand je reviens
Nous irons prendre un thé ensemble »

Mon départ était une esquive
Sur le quai vous m’avez rejoint...
Il fallait bien que ça arrive
Depuis dans vos bras je suis bien


Lorraine

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10 septembre 2009

LE CHIC TYPE

    Non, il n’a pas voulu. Il ne veut jamais d’ailleurs. Aucune arrière-pensée dans sa belle tête virile. Aucun projet. C’est un homme simple, qui traverse la vie amicalement.

    Il a beaucoup d’amis, c’est vrai. Il plaît, comme ça, au premier regard. C’est un copain, il rend service, il rit à gorge déployée, les femmes le trouvent beau et il l’est.

    Une beauté étrange, qu’il promène dans les rues du centre, sur les plages et dans les quartiers populaires aussi, car il n’a pas de préjugés. Quand il les regarde dans les yeux, ii trouble les jeunes filles, mais ce regard confirme les hommes dans leur conviction :  "C’est un chic type ». Et puis , son absolue droiture les rassure :

    « Un ami, c’est un ami. Jamais pour rien au monde, je ne toucherais la femme d’un autre. Il y en a assez qui sont libres ».

    Ainsi, Régina, il l’a connue par hasard (lui ne prémédite jamais rien), dans une allée du Parc Royal. Il était assis devant le bassin où jouaient les enfants. Elle s’est assise à côté de lui et ils ont bavardé. Régina, c’était un oiseau, elle pépiait avec gaîté ; il aimait ses fossettes, sa jolie bouche et ce qu’elle racontait. Des riens, mais gentils.

    Et puis il s’est mis à pleuvoir. Régina n’avait qu’un petit pull étroit sur sa robe légère.

    - Tu as froid ?

    - Un peu.

    - Allez, viens, j’habite à côté, on va se faire un thé. Tu aimes le thé ?

    Oui, donc elle l’a suivi. Alors, chez lui, il lui a enlevé son petit pull coquelicotsmouillé, sa robe légère. Elle disait :

    « Non, pas ça... », elle voulait retenir sa robe mais elle font toutes ça. Alors, il l’a un peu secouée, elle a eu peur, il voulait seulement la réchauffer, elle n’a pas compris, il la trouvait si belle, il a voulu la calmer, la prendre dans ses bras, elle a crié...

    Sa tendre gorge a palpité un instant. Puis elle s’est tue. Pour toujours. Maintenant il est calme. C’était comme un orage. Il va aller voir ses copains. Demain, il la couchera au fond du jardin. Une toute petite tombe. Régina avait huit ans. Comme Ghislaine...

LORRAINE

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13 janvier 2009

MADRIGAL POUR UNE MARQUISE

Vous dirais-je, ma tendre amie,
Tout ce qui me séduit en vous ?
Votre petit grain de folie
Et la rondeur de vos genoux

Vous dirais-je, ma tendre amie
Que votre épaule et votre cou
Font une fort belle harmonie
Avec vos seins, juste en dessous

Vous dirais-je, ma tendre amie,
Que votre regard d’amadou
Me poursuit dans mes insomnies
Ne partez pas, l’instant est doux !

Vous dirais-je, ma tendre amie,
A quel point vous me rendez fou
Dites oui, je vous en supplie
Voulez-vous de moi pour époux ?

LORRAINE

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