ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billets, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

15 juin 2009

LE PLAT PAYS

La plaine s’étalait
Lacérée par le vent
Horizon plus lointain
Que le ciel de septembre
L’herbe s’enjaunissait
Fragile paravent
Pour l’insecte d’airain
Rapide à se suspendre
                                                          Halage_chemin_de_halage2
Le ciel est aussi bleu
Que les yeux du Flamand
Couché sur son vélo
Contre le vent du Nord
Il va là où il veut
Il se presse.  On l’attend.
Le grain est au silo
Et l’amour vient d’éclore

C’est dans le plat pays
Où la terre est si blonde
Qu’un artiste a trouvé
La sève et le terreau
Et s’il en repartit
Pour parcourir le monde
Un bateau sur le quai
Lui en laissa l’écho

LORRAINE

Posté par incarnat à 10:05 - Petits poèmes entre amis - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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23 décembre 2008

UN BAL CHEZ LE PERE NOEL

    Il a beaucoup de chance, Milord, il a rencontré une Bergère ! Moi, j’aimerais bien rencontrer un Berger...mais je ne suis pas une dame-chat, alors l’espoir est mince...

    - Aimeriez-vous assister à un concert ? lance tout à trac le Père Noël.

    - Mais...je devais rentrer à minuit, c’est vous-même qui...

    - Je peux aussi retarder les horloges. Regardez le clocher, il est à peine 20 Heures !

    Le Père Noël vient de mentir avec assurance et ingénuité. Je vois rétrograder les aiguilles en même temp qu’un petit air de flûte gambade dans l’allée ;deux chats cintrés dans un habit bleu-barbeau accordent leur violon, une demoiselle-chat esquisse une pirouette, des silhouettes se dessinent un peu partout.

    -Mozart, me souffle le Père Noël. « La Petite Musique de Nuit ».Ecoutez...et regardez.

    f_te_NoelLe Pays du Père Noël s’est illuminé. Les chats-musiciens essaient leur archet, une gamme vertigineuse danse sur le piano, l’orchestre tout entier a surgi de l’ombre et, sous la baguette de Milord (depuis quand est-il chef d’orchestre, celui-là !) le rondo Allegro m’éblouit de sa mélodie. Je n’en crois pas mes yeux : des nymphes se poursuivent de buisson en buisson, un satyre tente en vain de les attraper, une fée d’argent effleure de sa baguette la ronde des artistes, leurs jeux de jambes, leurs frimousses félines.  Un mousquetaire, ôte son chapeau empanaché, et me salue jusqu’au sol.

    - Vous ne pouvez pas refuser, chuchotte le Père Noël, il vous invite pour un menuet.

    Et de fait ; tout le monde s’est rangé, la musique scande le ydansecouplepas de danse et je suis mon cavalier avec une aisance déconcertante : je n’ai jamais dansé un menuet de ma vie, mais ici... Je virevolte, je tourne, je salue, je suis retournée dans un autre siècle et Milord, le monocle à l’œil, discute avec le Père Noël.

    Je crois que je me suis endormie vers l’aube. En tous cas, le Père Noël m’a déposée sur le toit, tout près de ma fenêtre entrouverte. J’étais enveloppée dans une houppelande rouge et j’avais sur la tête un bonnet de Mère Noêl !

    - Ne vous fatiguez pas, murmure-t-il doucement, allez dormir, il est l’heure pour les enfant sages....

    Décidément, il ne changera pas ! Pour lui, je suis une enfant attardée ! Je murmure dans un baillement :

    - Bonsoir, Père Noël. A demain ?P

    - A demain. Ce sera le dernier jour, dit-il.

    Et je me sens à la fois émue et triste.

LORRAINE

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