ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billets, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

07 janvier 2010

BIEN LES CONNAÎTRE...

 

chat_roux__stef_dit_patoc_Flickrjpg



Seuls les amoureux des chats connaissent

le luxe de ces bouillottes musicales,

couvertes de fourrure,

qui ne deviennent jamais froides.

 

(Suzanne Millen)


(Photo Flikr de Stef dit patoc)

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06 novembre 2009

FLATTERIE

 

 Un chien vous flatte, mais c’est à vous de flatter un chat

 

 (Georges Mikes – « Comment être décadent »)

chien_blanc


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09 juin 2009

DEUX

    chat_SabrinaDans le jardin voisin, un petit garçon et un chat qui lui ressemble se racontent des histoires.

     Ils ont tous deux de larges yeux presque verts, des petites pattes dodues, une allure bonhomme et des silences semblables devant les brins d’herbe, le massif de fleurs et le chant du merle.

    Une voix féminine crie : « Jojo ! », le chat se retourne. La voix reprend : « Viens, Minou » et Jojo accourt, délaissant ses jeux, tandis que l’animal superbe, tel un pacha, se vautre dans le soleil, cligne la pupille, cambre l’échine, fait mille grâces et s’endort brusquement d’une paupière, tout en surveillant mine de rien le retour de l’enfant.

    Peu après, ils sont de nouveau deux, tels des complices, à se dévisager longuement et à mettre l’une dans l’autre leurs petites mains terreuses qui se serrent.

LORRAINE

(L'image est crée par Sabrina, une visiteuse fidèle et talentueuse!)

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08 mai 2009

MON CHAT


Sur la pointe des pieds sans faire un bruit il va
Son museau effilé flaire le canevas

Vous l’avez deviné de coudre il a envie
A petits points serrés, comme on brode sa viegif_chats_018

Si délicatement l’écheveau il emmêle
Que le rouge et le bleu dessinent une étincelle

Sa voix psalmodiée s’élève en trémolo
Quand il veut partager mon gourmand piccolo

Et si le souriceau s’en va trotte-menu
Il s’en moque, aujourd’hui il n’est pas au menu

LORRAINE

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19 mars 2009

QUI EST-IL?

    aurevoirNe lui donnez pas d’ordre, il s’en moque. Il vous dévisage de ce regard insondable qui donne le vertige. L’apprivoiser ? Possible. L’éduquer ? Impossible !

    Une fois pour toutes et depuis des millénaires, il a choisi la liberté de faire quoi que ce soit. Vous le retrouvez donc assis sur le mur voisin, sous la pluie, d’où il vous nargue. Vos appels émus, consternés, tendres ou énervés n’y changeront rien. Il restera là le temps voulu pour s’imbiber d’eau et rentrera boueux, crotté et câlin. Il se frotte contre vos jambes, vous le roulez dans une serviette de bain, vous l’épongez amoureusement, il est sec...Il vous suit, il veut manger, tout de suite, à l’instant même, eh oui !

    Vous l’avez choisi, mais il est votre maître et s’il ne vous obéira jamais, du moins il vous aimera toujours. Si vous souhaitiez l’obéissance, il fallait adopter un chien. Vous appréciez l’indépendance, donc vous avez un chat.

    De quoi vous plaignez-vous ?...

LORRAINE

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02 mars 2009

CHAT BIGLE

    Chaque matin, vers dix heures, le chat bigle s’installe derrière la vitre de la taverne et regarde les passants. Je m’arrête, nous nous toisons un instant, et puis, j’en jurerais, il me sourit. Je lui montre que je l’aime par petits gestes ridicules, il cligne la paupière, lève une patte vers ma main offerte, j’approche le visage et...il s’absorbe soudain dans la contemplation d’une mouche sur le carreau.

    Son œil se fige. Est-ce moi qu’il regarde, est-ce lui-même ? Ses prunelles glauques louchent désespérément et, atendrie, je m’apitoie. Un chat bigle, c’est un être humain !...

    Tout à coup, il est droit sur ses pattes, arquant l’échine, moustaches hérissées, toutes griffes dehors, dardant vers un insouciant barbet le feu croisé de ses yeux menaçants. Puis, il baille, s’accroupit, ferme les paupières et somnole.

    Bigle ? Certes ! Mais chat à coup sûr !

LORRAINE                                                                  
               

       Ce n'est pas un chat bigle , c'est mon Milord, pris sous un angle particulier.  Il est beau, n'est-ce pas? (Photo faite par Obs)


P1010349

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13 février 2009

Bonjour

    Qu'une fée vous effleure de sa baguette en ce matin maussade! Elle peut retourner votre parapluie, emporter votre béret pourtant bien arrimé, mais elle peut aussi adoucir la bourrasque au coin de la rue ou vous mettre nez à nez avec le charmant voisin du premier que vous ne connaissiez que de vue.
f_e_coquine
Une fée peut beaucoup. Il suffit d'y croire. Et même s'il ne se passe rien, le fait d'avoir espéré, attendu peut-être, a donné à votre journée un grain de piment. Ne dites pas le contraire! Mais peut-être préférez-vous croiser un chat noir? On dit qu'ils portent malheur, mais ce n'est pas vrai, tous les chats sont mes amis, quel que soit leur pelage et nous nous parlons à petit miaulements (oui, je miaule à mes heures!), et nous nous comprenons très bien.beau_chat_dormant

Un chien, c'est très bien aussi. Surtout s'il est en laisse. On le sait surveillé, il ne peut donc pas s'élancer gaillardement pour dire "Je vous aime", ni non plus pour aboyer "je ne te connais pas, passe ton chemin".  Je dis toujours bonjour aux chiens quand je les croise, un bonjour murmuré, que lui seul entend; alors il sourit, mais sa maîtresse n'en sait rien. C'est une affaire entre nous. 

    Evidemment, je parle aussi aux oiseaux. Pas trop haut non plus, ma réputation risquerait d'en souffrir. Donc seuls les moineaux m'entendent: "Bonjour, tu vas bien aujourd'hui?". Il répondent "cui-cui" ou il ne répondent pas, mais peu importe. Je sais qu'ils m'ont entendue.  Et je m'en vais d'un pas plus leste, sachant que j'ai rencontré des amis.

LORRAINE

24 décembre 2008

ADIEU, PERE NOEL!

    Nous sommes le 24 décembre. C’est le jour où Père Noël visite les cheminées des enfants sages. Il les connaît par cœur, il sait ce qu’ils souhaitent, il offre ce qu’il considère comme il faut, ni trop (il est des enfants avides !), ni trop peu (il est des enfants timides). Mais il dépasse les cheminées des jeunes filles et ce soir, j’en ai bien peur, il ne s’arrêtera pas chez moi.

    Pourtant, je m’habille de mon mieux. J’ai mis ma robe de lumière, rose et à reflets discrètement bleus ; une robe de maman qui la portait quand j’étais une petite fille. Je l‘ai gardée par amour et en souvenir d’elle. J’ai aussi déposé sur mes cheveux bruns rose_et_bleueune mince couronne qu’elle assortissait à son sac à main quand elle sortait le soir. Moi aussi, je devrais sortir ce soir, c’est notre dernier rendez-vous au Père Noël et à moi. Mais même s’il m’a dit « A demain », je doute de sa venue. Comment pourrait-il m’emporter une dernière fois en traîneau alors que tant de petits espèrent son passage ? Il ne va pas s’encombrer de moi, je ne m’illusionne pas. Et pourtant, dès que a nuit tombe, je guette derrière mon rideau...

    J’ai préparé mon grand manteau noir, car il fait froid cette nuit de Noël. J’ai aussi mis dans ma poche des gants fourrés...mais les heures passent. D’habitude, il est déjà là...D’habitude, il m’emmène et nous ne comptons pas les heures. Mais cette nuit, seule devant le firmament étoilé, je suis triste car l’heure coule, coule, comme de la soie que les mains ne peuvent retenir...

    Ah ! comme je me raisonne ! Comme je me dis que tous ces petits enfants seront comblés par le zèle du Père Noël, sa bonté, sa mémoire, son indulgence, sa gentillesse... Comme je tente d’être sereine, de comprendre que tous les rêves ont une fin et que j’ai eu bien de la chance, tout compte fait, de vivre quelques heures avec le Père Noël. Oui, je comprends tout, mais je suis triste.  Si triste !

    J’aurais aimé qu’au moins il me dise « Au revoir ». Ou peut-être « A l’année prochaine ». Qui sait, nous aurions pu revivre année après année, le sortilège de Noël ? Mais je me leurre. Derrière mon rideau, je continue à guetter la nuit. Je vais jusqu’à entrouvrir la fenêtre, pour entendre, peut-être, les pas du cerf et celui du traîneau. Non, rien... Si ! soudain, une petite voix connue, un miaulement familier : « Milord ! »...Mon Milord, en marchefchat coutumier, sans habit, gris et blanc comme toujours et si heureux, si heureux de me revoir, de se précipiter vers moi, de me donner de grands coups de tête affectueux.  Oh ! Milord ! Tu as quitté le Pays des merveilles, tu es là, ronronnant, heureux. Donc, il a pensé à te ramener là où tu es chez toi, sans falbala, sans tralala, dans ta vie de chat de tous les jours.

    Au fond de moi, une petite voix murmure « Merci, Père Noël, merci pour Milord »...

    Et soudain, un bruit, un saut, un bond...Ma fenêtre s’illumine, le Père Noël est là, fatigué sous sa barbe blanche, mais le sourire aux lèvres.

    - Ma chère enfant, vous pensiez que je vous avais oubliée ?

    - Je croyais...je me disais...avec tous ces cadeaux à distribuer, vous aviez autre chose en tête. Vous n’aviez pas de cadeau pour moi, donc...

    C’est alors que j’entends, stupéfaite, bouleversée...et transfigurée de joie :

    - Si, moi !...

    Père Noël arrache sa barbe, rejette sa houppelande, dépose sa hotte vide et m’apparaît tel le Prince de Blanche-Neige, inattendu, beau, amoureux, me prenant par la taille, m’enlaçant de sa ferveur, tandis qu’il murmure :

    - Vous êtes mon plus beau cadeau, petite Cendrillon. Voulez-vous de moi pour époux ?...sapin_N

    Et c’est ainsi que, depuis des siècles, j’ai épousé le Père Noël.

LORRAINE

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22 décembre 2008

LE PAYS DU PERE NOEL

   Nous filons sur les nuages, dans un irréel ouaté, rebondi, gris et doux. Le traîneau avance tout seul, le Père Noël a lâché les brides et se tourne vers Milord :

      - Alors, content ?

    - Je ne vous cacherai point, Seigneur, combien votre invitation m’agrée. Tudieu, désormais je croiserai le fer pour vous défendre, si un quelconque gredin osait vous attaquer. Foi de gentilhomme !

    Non ! Tantôt Milord parlait, soit ! Maintenant il est pédant, il a rétrogradé de deux siècles au moins, et (je n’en crois pas mes yeux !) il fait des petites manières, la patte négligemment allongée devant lui, l’autre accoudée au dossier. D’où vient cette lubie vaguement aristocratique ?

    - Chère enfant, ne vous inquiétez pas, dans mon pays ils sont tous comme cela.

     - Qui ?

    - Les chats, voyons ! Ils sont éduqués naturellement, très vieille France, quand ils se croisent ils se saluent, certains même ont un tricorne. Et de leur escarcelle bien garnie, ils retirent le louis d’or pour les souris qui sont de petites gens...

    La chère enfant commence à s’inquiéter ! Père Noël a un bon sourire, mais puis-je vraiment tout à fait me fier à lui ?

    - Mais bien sûr, répond-il sans que j’aie prononcé un seul mot. Je vous emmène voir mon pays. Car, vous savez, je ne travaille qu’un jour par an, le reste du temps m’appartient. Alors, comme Candide (1) , je cultive mon jardin...

    Un très léger choc, nous atterrissons. Milord descend d‘un bond et m’offre galamment la patte.  Le Père Noël est aussitôt entouré par une nuée de chats élégants,chat_gif bavards, jouant de la pochette, s’éventant, se congratulant, certains en mousquetaires, d’autres en Muscadins, ils ont un peu mélangé les siècles mais qu’importe ! Des dames-chats se promènent sous une ombrelle, deux par deux ; une autre se poudre le minois, en voici une qui ajuste sa jolie robe blanche à fleurs roses, dont j’envie un instant la tournure.

    - C’est ici que j’habite, dit le Père Noël, je recueille tous les chats errants et ils deviennent le personnage qu’ils souhaitent. J’ai un Napoléon, deux Louis XV, quelques Robespierre, Madame de Pompadour, la Princesse de Clèves...Oh ! ne vous inquiétez pas, ils font bon ménage. Et moi, de les avoir sauvés me rend si heureux !

    Je balbutie :

    - Père Noël, je croyais que vous étiez là pour gâter les enfants sages...

    - Certes, ma belle, mais une fois l’an ! C’est très peu. Alors, je me console en aidant les animaux. Vos comprenez ?

   chapeau Oui, si on veut. Je suis quand même fort ébranlée et le Père Noël demande à Milord d’aller me chercher du vin chaud. Avec de la cannelle. Et du sucre. C’est excellent pour éviter les rhumes. Et comme je dois rentrer avant minuit (ah bon !) il est temps de repartir et il fait frisquet aujourd’hui.

    - Je reste ici deux ou trois jours, m’annonce Milord avec un sourire. J’ai rencontré une Bergère, ma foi...
   
LORRAINE

(1) "Candide" (Voltaire)

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18 décembre 2008

J'AI CROISE LE PERE NOEL...

    J'ai croisé le Père Noël sur le toit.  J'y étais montée pour prendre un peu l'air vicié de la ville, mais surtout voir de loin les illuminations qui font partout des guirlandes d'une commune à l'autre. Je me croyais seule, en escarpins vernis, gardant un équilibre instable, d'autant que Milord, mon chat, m'avait suivie et miaulait de détresse. Comme je me penchais pour le rassurer et le caresser, une poigne solide pere_noel_25m'a retenue alors que j'allais débouler dans la gouttière. Milord y était déjà, mais c'est là qu'il est né, donc il n'avait plus peur: il reconnaissait les lieux.

 

    -Mon enfant, vous êtes folle! a tonné le Père Noël. Rentrez chez vous immédiatement, quelle idée de monter sur un toit!

 

    - Mais vous y êtes bien, ai-je balbutié, un peu intimidée quand même.

 

    - Oui, mais moi j'accomplis une mission. Pour l'instant, je repère les cheminées afin de ne pas faire d'erreur.

 

    - Moi, je regardais l'horizon, dis-je pour l'adoucir un peu.

 

    Il eut un mouvement d'humeur et lâcha une seconde mon bras, juste assez pour me sentir dangereusement glisser; mais il me rattrapa prestement, l'air pourtant furieux:

 

    - Je vous sauve la vie, articula-t-il, et vous le savez. Vous me devez un gage.

 

    - Un gage?

 

    - Oui, dit-il, en signe de reconnaissance, vous reviendrez ici tous les soirs jusqu'au 24 décembre. Ne craignez rien. Il ne vous arrivera pas de mal, mais vous avez besoin d'une leçon. Votre imprudence frise la déraison. Donc, je vous attends demain soir, à la même heure. Nous ferons un peu de route ensemble...Et maintenant, bonne nuit!

 

    Je n'eus pas le temps de répondre, il avait disparu et je me retrouvai debout sur le fauteuil de ma chambre, par où j'étais passée tout à l'heure. Milord apparut au faîte du toit et descendit tranquillement comme un bon chat qui se respecte. Mais il avait un ruban autour du cou marqué en argent de ces mots "A demain!"...

LORRAINE


 

Posté par incarnat à 10:27 - Billet d'humeur - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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