02 août 2009
SI J'ETAIS UN ARBRE...
Si j'étais un arbre, je me pousserais un peu pour faire de la place au lierre qui rampe. J'agiterais mes feuilles en signe de "Bonjour" aux oiseaux incertains et je leur dirais que mon murmure est doux et n'éveillera pas leurs petits.
Si j'étais un arbre, je choisirais ce chemin pour y rêver. Et je guetterais le soir qui descend, devient gris, devient noir et ouvre toutes grandes les portes aux animaux de la nuit, ces animaux gentils et multiples qui ont peur le jour.
Mais je ne suis pas un arbre. C'est bien dommage!
LORRAINE
13 février 2009
Bonjour
Qu'une fée vous effleure de sa baguette en ce matin maussade! Elle peut retourner votre parapluie, emporter votre béret pourtant bien arrimé, mais elle peut aussi adoucir la bourrasque au coin de la rue ou vous mettre nez à nez avec le charmant voisin du premier que vous ne connaissiez que de vue.
Une fée peut beaucoup. Il suffit d'y croire. Et même s'il ne se passe rien, le fait d'avoir espéré, attendu peut-être, a donné à votre journée un grain de piment. Ne dites pas le contraire! Mais peut-être préférez-vous croiser un chat noir? On dit qu'ils portent malheur, mais ce n'est pas vrai, tous les chats sont mes amis, quel que soit leur pelage et nous nous parlons à petit miaulements (oui, je miaule à mes heures!), et nous nous comprenons très bien.
Un chien, c'est très bien aussi. Surtout s'il est en laisse. On le sait surveillé, il ne peut donc pas s'élancer gaillardement pour dire "Je vous aime", ni non plus pour aboyer "je ne te connais pas, passe ton chemin". Je dis toujours bonjour aux chiens quand je les croise, un bonjour murmuré, que lui seul entend; alors il sourit, mais sa maîtresse n'en sait rien. C'est une affaire entre nous.
Evidemment, je parle aussi aux oiseaux. Pas trop haut non plus, ma réputation risquerait d'en souffrir. Donc seuls les moineaux m'entendent: "Bonjour, tu vas bien aujourd'hui?". Il répondent "cui-cui" ou il ne répondent pas, mais peu importe. Je sais qu'ils m'ont entendue. Et je m'en vais d'un pas plus leste, sachant que j'ai rencontré des amis.
LORRAINE
14 décembre 2008
LECON DE MULTIPLICATION
(Tel était le titre de la consigne. Pour nous aider ( !...) nous avons reçu une carte postale représentant un grand oiseau noir volant dans un ciel criblé de lignes rouges. Il fallait utiliser essentiellement une des couleurs et la commenter plusieurs fois. Voici mon travail).
X
L’imaginaire multiplie le rouge. L’oiseau le happe dans le ciel zébré
du couchant. Il dégouline en larmes de sans sur les champs de bataille. Il éclabousse de son rire les robes gaies des femmes heureuses.
Le rouge est roi des manteaux bordés d’hermine, succulent sous les dents qui croquent la pomme, aérien quand s’envole le papillon et caquetant sur le perchoir où pérore le perroquet.
Le rouge est à la fois couleur, flamme, passion, carnage et audace. Il se multiplie avec souplesse et se divise avec désinvolture. Cette couleur qui déconcerte et attise tour à tour se dégrade en douceurs rosées ou éblouit d’une splendeur d’aurore.
C’est « la » couleur par excellence. Vitale, chaleureuse ou triomphante on la choisit comme coup de cœur ou pour contrer un coup de cafard. On l’aime ou non. Je l’aime.
LORRAINE
11 août 2008
LA FORET SE REVEILLE
Il est donc revenu le doux chant des oiseaux
Insolent ou ténu sur le flanc des coteaux
La forêt se réveille
Le pic-vert l’a clamé de son toc-toc précis
L’écureuil a grimpé sans hâte et indécis
La forêt se réveille
L’humus frais du printemps s’exhale et interpelle
L’orvet sort de l’étang, un bouton d’or chancelle
La forêt se réveille
Le ruisseau est sorti de son lit fatigué
Il a plu, le voici il va baguenauder
La forêt se réveille
Le passant va cueillir le narcisse étoilé
La brise est un soupir qui parle de l’été
La forêt se réveille
LORRAINE
(http://www.photo-paysage)
