ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billes, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

03 juillet 2008

QUELLE EST CETTE OMBRE?...



    (Sujet: Ecrire un poème libre de 8 vers  commençant par « Quelle est… ?)

Quelle est cette ombre tenace
Qui insidieusement s’insinue dans la chambre ,
Avec dans les mains des prédictions tues
Dans les yeux le silence des secrets astrauxf_e___J
Et sur la bouche l’énigmatique question ?

Serait-ce la revenante redoutée
Elle qui surgit et se tait
Parmi les ronces de la vie ?

LORRAINE

Illustration: J.P. Avisse (page: www.fée-et-elfe.com)


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01 juillet 2008

PIROUETTE

Une élégie est un poème
J’hésite entre deux horizons
Le premier murmure « Je t’aime »
Le second affirme que non.

 

L’élégie de douceur emperle
Le souvenir de ton prénom
Tandis que dans mon cœur déferle
Le chagrin de ta trahison

 

Le poème a de l’audace
Il te rejette avec passion
Et si je reprends ma besace
C’est pour t’oublier sans pardon

 

L’élégie pleure sous les saules
Le poème a biffé ton nom
Et s’il s’appuie sur mon épaule
C’est pour mieux te narguer de front

 

T’aimer ou non ?  Pleurer ou rire ?
Mon cœur est un accordéon
Et si je m’en vais sans rien dire
C’est qu’il manque un diapason.

 

LORRAINE

f_e_ail_e

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29 juin 2008

BONJOUR!

bondimancheBonjour à vous qui passez sans me voir, bonjour à vous qui partez en voyage, bonjour aux vacanciers, aux sédentaires, aux travailleurs, au monde!

Bonjour puisqu'il fait presque beau et qu'il fera beau tantôt, bonjour malgré les doutes, les contrariétés, les soucis. Bonjour, de tout coeur, à vous qui me lisez en ce moment et à vous qui ne me lirez jamais.

Aujourd'hui est un jour comme les autres. Que pour vous il soit un "bon jour".

LORRAINE

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28 juin 2008

LUI ET LUI

   amourkit2blinkAlors là, tu fais fort ! Nous aurons l’air de jumeaux…Mais qu’est-ce que tu me fais dire ! Tu vois où nous mène ta manie de me singer ? C’est pas parce qu’on va se pacser qu’on doit tous les deux être en rose !  D’ailleurs, tu le sais, le rose c’est « MA » couleur.  Elle va à mes yeux bruns, à mon teint, le coiffeur le disait encore hier.  J’étais en sport :

    « Monsieur Alex, c’est que je l’aime votre polo, ce rose fondu, c’est d’un mimi… »

    Je lui ai tapé sur les doigts, il voulait tâter le tissu à l’encolure.  Il descendait sur la poitrine.  J’ai grondé : « Amadeo, ça suffit, bas les pattes ! ».  C’est un indécrottable peloteur.  Tu l’avais remarqué aussi ? Et très féminin en plus, un peu trop à mon goût.

    Comment, ce que je faisais chez le coiffeur ?  Un petit coup de ciseaux, un petit coup de peigne, pour la cérémonie c’est pas du luxe !  C’est à moi que tu parles ?... »Pas un poil sur le caillou ? »…J’hallucine !  Tu veux me vexer, ou quoi ?

    Des poils, j’en ai sur les bras et la poitrine.  Mes cheveux, si tu ne les vois pas, c’est parce que je les rase.  Oui, Monsieur, comme je vous le dis. C’est d’ailleurs moi qui ai lancé la mode au défilé où j’étais le plus élégant en costume de plage : un slip vert ultra-court, ultra serré, juste ce qu’il faut pour mettre le vêtement en valeur.  La fesse haute, pas de brioche, la taille étroite, le poitrail développé, un faux diam dans le nombril…

    Ils m’ont rappelé trois fois sur le podium.  Comment ça, qui ? Le public, évidemment ! J’en connaissais quelques-uns, on se rencontrait au « Fer à Cheval », un bar chic, bien fréquenté.  Evidemment, à force, ça crée des liens.  Eh bien, le lendemain, ils étaient tous tondus. Ce n’est pas un garçon que tu épouses tantôt, c’est une idole !

    Bon, Adelin, maintenant tu me fais plaisir.  Mets ton costume blanc._pous_ef

LORRAINE                  

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27 juin 2008

PRIERE

Dans les églises
De mon enfance
Le reposoir était silence
J’aimais les lyspriere_2
Et les tableaux
Et Jésus parce qu’il était beau

Dans les églises
Où j’allais
Je poussais la porte furtive
Les mains priaient
Et je priais
Sans savoir si j’étais fautive

Dans les églises
Désertées
Je retrouvais la solitude
Dont j’avais besoin pour prier
La paix était béatitude
Un instant d’amour éclairé

Dans les églises
Maintenant
J’entre prier de temps en temps
Pourquoi la mort et la torture ?
O Dieu que je ne comprends pas
Je suis debout, là, devant toi

Et les mots sont littérature

LORRAINE

Illustration: catholic-dordogne.cef.fr

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26 juin 2008

TEMPÊTE DANS UN VERRE D'EAU

     (La consigne demandait d'écrire en quelques minutes un texte parlant de l'eau. N'importe laquelle)

X


    La neige écrase  le village, sa houle hurle dans les arbres gelés. Personne. L’horizon se dresse, aveuglé. Le vent cingle les façades des chaumières, trois ou quatre, agglomérées comme des femmes frissonnantes.

    Puis, tout se calme. La neige s’effile, s’arrondit en légers flocons et la pluie , soudain, déferle. Presque joyeuse, presque sereine, lavant la neige, emportant sa trace ; clapotant comme un ruisseau.

    Douce, fondante, elle cliquette sur les toits. Un visage mesure derrière le rideau s’il fera beau demain. Ce decresscendo promet un fil de soleil, une accalmie. Mais écoutez : revoici la plainte, la plainte presque soupir puis peu à peu présence, accélération, gaîté des gouttes, flaques creusées.

    Non, ne me dites pas que la pluie joue, s’amuse, ruisselle par plaisir. Elle enfle la voix, argentine, tumultueuse, courant le long du sentier, sautant les ruisseaux, belle comme une jouvencelle sortie d’un mirage.

    Rien ne se passe, tout s’invente.  J’invente mon histoire moi qui ne puis inventer la pluie.

puy_notre_dame_neige

LORRAINE

Illustration: Puy-Notre)-Dame sous la neige

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25 juin 2008

POUR L'ENFANT


Aline a un chapeau rose
Un petit sac et des gants
Elle joue à la marchande
Ou alors à la maman

Elle enfile la longue robe
Qui sur ses pieds lui descendpetite_mexicaine
Fais attention dit maman
Ne marche pas sur ma robe

Aline a de hauts talons
Et avance en titubant
Ce sont mes souliers, voyons,
Dit maman en soupirant

Aline joue à la dame
Assise auprès de maman
C’est vrai qu’on dirait deux femmes
Se racontant des cancans

LORRAINE

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24 juin 2008

PRINTEMPS POUR MOI

Au large des chemins
J’ai ouvert l’horizon
Des arbres en partance.
Et le vent  se balance

Un oiseau  bleu s’emperle
De rosée et  d’espace
Le miel d’un chant lointain
M’effleure et me dépasse

Les prés ont des parfums
Rampants d’humus fécond
L’étang a déployé
Sa lumière d’errance

Le soleil zèbre enfin
Le ciel  de son or blanc
Le printemps s’est levé
Comme un jour qui commence

LORRAINE


wiltz

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21 juin 2008

AMITIE AMOUREUSE

   


  entouteamitie3  Je retrouve un brouillon de lettre au fond de mon tiroir le plus obscur, celui qui n’est qu’à moi, où je range l’image d’une rose, un pendentif de maman, une bourse de velours noir, et le bel étui à cigarettes en cuir bordeaux que je reléguai inexorablement le jour où je décidai d’arrêter de fumer.

    Ce brouillon, je le relis. Cette lettre, l’ai-je jamais envoyée ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Sans doute fallait-il que je l’écrive, ne serait-ce que pour moi, pour l‘écarter peut-être, lui, cet ami, et me protéger, sans doute...

    « Parlons de cette lettre que vous m’avez promise, à laquelle je ne crois pas et que pourtant j’espère. Vous savez bien qu’elle sera inutile, que je ne vous aimerai pas davantage, mais vous ignorez peut-être aussi combien je la voudrais amicale et douce, pleine de vos pensées et vide de votre cœur.

    Car je ne veux plus de vos aveux fous, de vos chagrins d’enfant, de ces bonheurs éphémères parce que j’aurai souri ou semblé m’attendrir. Ne pouvez-vous être un ami tout simplement ? Parce que nous sommes femmes, devons-nous nécessairement nous montrer amoureuses ou tout à fait indifférentes ? Ne nous est-il pas permis d’éprouver ce sentiment moyen pour un homme qu’on estime, qu’on désire rencontrer sans qu’aussitôt il faille languir de son absence et succomber sous son regard ?

    Et s’il était vrai que vos paroles nous troublent, que nous souffrons soudain parce que vous parlez de nous fuir, alors, soyez cruels, de grâce, fuyez-nous ! Fuyez-nous de crainte que nous vous aimions à notre tour, follement, pour quelques jours ou quelques mois, puisque déjà nous avons depuis longtemps choisi un autre et que vous ne pouvez être que l’ami »


    Comme le temps passe ! L’ami resta un ami, lointain, que nous revîmes quelquefois au cours des ans. Je viens d’apprendre aujourd’hui qu’il est mort...

LORRAINEBisous

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18 juin 2008

ASSIS ENTRE DEUX CHAISES...

a158

    Il est entre la causeuse et le canapé.  C’est son escale culte . Etre « entre » et non « sur », caché, secret, il se la joue cool.

    Tantôt il ira sur la crédence ou encore contournera l’acajou et le chêne, l’écran et la console, le lit, le casier à chansons, s’installera sous la tenture ou choisira la natte chinée.

    Sans excès, il en tâtera la corde, ajournant la joie ressentie à se nicher incontinent.  Et à recréer son extase : s’étaler entre la causeuse et le canapé, en toute innocence , assis entre deux chaises, en chat ronronnant et heureux.

LORRAINE

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