ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billets, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

03 juillet 2009

LA VIE QUI VA

ange_oiseaux


Hier est de l’histoire, demain est un mystère,
aujourd’hui est un cadeau


abientotx

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02 juillet 2009

TOURNEZ, MANEGE!

 

    bonne_nouvelleIls sont revenus avec le soleil, les chevaux de bois. Sous les marronniers de l’avenue, les voici harnachés, le pompon à l’œil, luisant de tous leurs cuivres.

    Lancés dans une infatigable course, leurs yeux de verre scrutant le ciel, ils vont d’une allure immuable, depuis des ans.

    « Tournez, tournez sans qu’il soit besoin
       D’user jamais de nuls éperons
       Pour commander à vos galops ronds »...
                        (Verlaine)


    Un enfant se hisse avec ferveur sur vos dos peints. Ah ! vous les connaissez, les caresses maladroites des petites mains qui vous flattent ; et le langage de tous ces bambins, vous le comprenez aussi : ils vous parlent si près de l’oreille, vous recueillez si bien les confidences quand vous entraînez en d’imaginaires conquêtes ! Qui n’a pas rêvé, à califourchon sur un cheval de bois, n’a jamais été jeune !

    Et tandis que s’égrène la romance vieillotte et tourne le manège, un vieil homme, une femme, d’autres encore et moi, debout, là, sans rien faire, on regarde vaguement émus, ce souvenir vivant d’un passé plein d’émotions.

LORRAINE

   CHEVAUX_DE_BOIS_2_73f28

Chevaux de bois du carrousel-salon Demeyer
www.histoire-généalogie.com

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28 juin 2009

VOUS N'AVEZ PAS DE NOUVEAU MESAGE...

    Nous avions pour consigne: "Imaginez quelqu'un, homme ou femme,  qui consulte fiévreusement la messagerie du téléphone et entend "Vous n'avez pas de nouveau message". Expliquez sa réaction"

X

    attendsjeBien sûr, suis-je bête ! Il m’avait dit « Après les vacances ». Ils sont en Italie, sa femme et lui, jusqu’à la fin du mois. J’attends. C’est idiot. Je le vois mal s’esquiver pour m’appeler en cachette, il est trop prudent.

 

    Son couple, j’ignore comment il marche, je ne pose pas de questions. Je ne suis pas jalouse, j’ai choisi de l’accepter parce qu’il a de l’humour, de la finesse et qu’il m’a embrassée par surprise la première fois.

 

    Il ne parle ps d’amour, moi non plus. Ce tact entre gens de bonne compagnie qui ne veulent ni se perdre ni s’engager! Ca mène à ces liaisons boiteuses où l’un souffre d’absence convaincu que l’autre s’en moque. Et l’autre, de son côté, se ronge sans rien dire parce qu’il ne peut interdire ni les sorties sans lui, ni les week-ends à la mer, ni les amis inconnus. Un pacte silencieux, en quelque sorte. On se plaît, on fait l’amour, au revoir, oui, je t’appellerai.

 

    Et j’attends. C’est idiot. Je n’ai pas besoin de lui pour vivre, je suis indépendante, j’aime agir à ma guise et moi je ne lui téléphone jamais. Il m’en sait gré. Je préserve son foyer. Quelle ironie ! Est-ce que je l’aime ?

 

    Va savoir ! Est-ce qu’il m’aime ? Nous n’en avons jamais parlé.

 

    « Vous n’avez pas de nouveau message ».

 

    Mon portable radote. Et moi, je fais quoi ? Rage ? Colère ? Rien. Une lassitude totale, un refus profond...

 

    Oui, cette fois, je vais laisser un message…

 

LORRAINE

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26 juin 2009

LE MAL D'AMOUR

   

     (J'ai écrit ce poème à la façon des Romantiques, ce qui explique un peu certaines tournures élégiaques!)

X


Quiconque aima jamais porte une cicatrice
Chacun la cache en soi espérant en guérir
Nul mal n’est plus présent pourtant et ce supplice
Il nous faut l’endurer à moins que d’en mourir

Vous  dirais-je qu’un soir je crus en l’espérance
D’un bonheur sans épine et d’un brûlant aveu
L’amour qu’il m’apporta j’en ai la souvenance
Me grisa quelques jours d’un automne pluvieux

Comment croire à l’amour quand l’amour s’obscurcit
Qu’il soupçonne et trahit dans une même ivresse
Quand l’hiver sur le seuil  arrive à petit bruit
Et que l’homme éploré vous appelle traîtresse !

Non, je n’ai pas le cœur à pleurer sang et larmes
Tout passe et disparaît ; tout peut naître et fleurir
Chaque jour est un pas vers mon destin de femme
Le printemps brillera avant de se flétrir

LORRAINE

Doucet_de_Surini__reproductions

Portrait du peintre Doucet

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24 juin 2009

BONJOUR!

Un petit bonjour en passant, aujourd'hui je suis

un peu

bousculée, mais je reviendrai vite.


A bientôt!

bonmercredi

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23 juin 2009

VIEUX MARCHE

   La tour carillonnante de l’église éparpille sa bénédiction sur le vieux Marché qui étale, en branle-bas, ses tréteaux hétéroclites.

    Que d’heures j’ai passées parmi les badauds si aisément bernés : celui-ci qu’intéresse un cristal ébréché, cet autre accroupi devant de vieux bouquins empilés à même le sol, et l’amateur d’aquarelles, s’écarquillant l’œil, pinçant les lèvres, écoutant le camelot marmotteur et pressant.

    Cette vieille marchande, je la connais depuis toujours ; elle a le même tabouret à ramages, un châle noir, des yeux rusés et sur les pavés inégaux devant elle,  s’étend l’éternelle couverture rouge où se couchent, au petit bonheur la chance, une théière sans couvercle, des pelotes de laine rose, un cadre d'autrefois, de très anciens illustrés, un angelot qui joue de la flûte.  Plus loin, on vend des chiffons, des épingles, de l’étain, un pot de grès, le pied d’une lampe à pétrole...une grand’mère recroquevillée m’offre des violettes qu’elle sort d’un panier trop lourd pour elle.  Sa main tremble en prenant l’argent.

    Debout au bord du trottoir, un violoneux à cheveux gris joue comme pour lui seul. D’ailleurs, personne ne l’écoute, sauf une petite fille en bleu qui lui tend une pièce. Deux tout mignons chiens qui tremblent sortent un museau affolé du veston qui les tient serrés contre le marchand, un barbu à casquette.

    « Toute seule, ma belle enfant ? », susurre un Monsieur bien mis...

    Vieux Marché !

LORRAINE

Vieux_March___C__tait_au_temps_o__Bruxelles_brusselait_

                                Vieux_march___C_tait_au_temps_o__Bruxelles_brusselait_


 J'ai emprunté ces pittoresques photos au très beau site "C'était au temps où Bruxelles brusselait..." qui évoque remarquablement le visage d'un  Bruxelles aujourd'hui disparu. Je le recommande à ceux que le passé intéresse (et aussi le présent de Bruxelles): http://sofel-vandenaemet.skynetblogs.be

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22 juin 2009

LE CHAT TANGO

J’ai pour ami
Un chat tango
Il marche en si
Sur le piano

Il s’assied dans
Mon vieux tacot
Quand il conduit
Je crie « Chapeau ! »CVTFCN

Le chat tango
Sans parti-pris
Fait du vélo
Sur les lambris

La tête en bas
Les pieds en haut
Il se suspend
A mes rideaux

Et quand il parle
Tout de go
Qui de nous deux
Est le plus sot ?..

LORRAINE

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21 juin 2009

PARFUMS DE JADIS

    bjrarrosoirMEIls sont là, les flacons à parfum vides, pieusement rangés dans un coffret avec des brins de muguet séchés, une pochette, une pomme de pin et des coquillages. Ils évoquent encore, en lettres dorées, leur nom qui nous séduisit autrefois.

    « Bourrasque » comme tu nous rappelles nos courses à travers bois. Je n’étais pas seule ? Pourquoi me serais-tu si chère ? Premier parfum qui embauma le premier amour.

    « Caravane » ! Dans la splendeur de l’été son âme chaude et exotique tourna quelquefois les têtes. Nous étions heureux.

    Mais nous avons juré de ne jamais rouvrir ce « Soir de Longchamps ». Il s’évente, à peine entamé, évocateur de jours sombres, de jalousie, de rupture...Que de larmes autour de ce cristal, que de mots endeuillés !

    "Bagatelle » enivre soudain dans toute la joie de la réconciliation et de l’amour enfin triomphant, tandis que, discrètement, « Violette » parle mariage.

    Alors, sans bruit, je referme le coffret...

LORRAINE

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20 juin 2009

LE PRE AUX BLEUETS

   

Un fantôme effleurait la nuit de son vol blanc
Furtif et soupçonneux près du château il vintfeeverte_1
Promener ses yeux vides et son regard éteint
Dans le pré aux bleuets qui ceinture l’étang

Il parlait et pourtant nul n’entendait sa voix
Dans ses imprécations grimaçait la colère
Il agitait les bras et menaçait la terre
Dans le pré aux bleuet imprégné d’autrefois

Le fantôme soudain est redevenu  femme
Dans le pré aux bleuets qu’en ce dimanche infâme
L’assassin assouvi de ses mains étrangla
…Dans le parc endormi une forme bougea…

« Me voilà », dit la morte au sourire ineffable
Dans le pré aux bleuets que la lune éclaira
Le criminel revit la scène insoutenable
Terrifié, dans l’étang  alors il se noya

Et le fantôme en paix pour toujours s’envola

LORRAINE

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19 juin 2009

UN TOUT PETIT BONHEUR...

    J’écrivais il y a deux jours : « On ne voit bien qu’avec le cœur ». J’avais tiré cette citation d’un carnet où je range, au fil des ans, celles qui me plaisent. J’en ignorais la provenance, mais je la trouvais belle et je l’ai mise sur le blog.

    Et à l’instant, comme je lisais « Le Petit Prince » (de Saint-Exupéry), j’arrive au moment où s’étant fait un ami du renard, il doit le quitter et poursuivre sa route.

    « Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux »...

    J’ai ressenti ce petit tressaillement de joie qu’on éprouve devant l’imprévu. Comme un petit miracle, un tout petit bonheur, l’histoire est venue à la rencontre de ma citation anonyme. J’en suis comme émerveillée.

LORRAINE

le_renard_et_le_petit_prince2

"Le Petit Prince rencontre le renard"

Posté par incarnat à 16:24 - Les citations - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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