ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billets, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

26 novembre 2009

VENT D'AUTOMNE

 

 

Le vent d’automne tournait dans les rues ce matin et nous nous sommes rencontrés. Il m’a emmenée avec lui, me poudrant les cheveux de soleil et m’escortant de feuilles mortes et légères. Nous avons vu des jardins d’école au profond silence ; chemin_automnedes maisons derrière l’église gardaient leurs volets clos et jouaient à la province ; émergeant du chemin qui mène au presbytère, de longs peupliers s‘élançaient vers le ciel.

 

Le vent d’automne a taquiné un mouchoir qui séchait : il en fit un drapeau. Un chat eut des reflets de tigre dans les yeux ; et les femmes aux yeux vert ressemblaient à des chats.

 

J’ai senti que c’était un jour étrange qui me plairait ; la forêt n'était pas loin et j’ai pensé marcher vers elle ; elle m’aurait sûrement comblée et engloutie. Mais j’ai compté alors tous les fils qui me rattachent au sol, les petites devoirs, le grain de bon sens, les amis qui viennent déjeuner, ma servitude ! Alors je suis rentrée sagement, le vent m’a reconduite à ma porte et comme c’est un monsieur bien, il n’a pas voulu entrer.

 

Pleine de ses souvenirs, je me suis attablée tout de suite et voici mon billet !

 

LORRAINE

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21 novembre 2009

LES BRICOLES

C’est agaçant, les bricoles ! Elles m’importunent .Diverses, insinuantes, pratiques ou mentales, tant que je ne les ai pas réglées, elles me poursuivent  : « Alors, tu te décides ? Tu me donnes un sort ? Tu n’as pas de solution, c’est ça ? Tu vas réfléchir, peut-être ? Pourtant, c’est simple… »

 

Mais non, ce n’est pas simple. Inscrire le rendez-vous chez le coiffeur, d’accord, je le fais. Trier ces magazines de mode, oui, oui, tantôt…Pourquoi tantôt ? collier__wwwparce que je suis devant l’ordinateur, que je n’ai pas la tête à ça et puis, pourquoi ne pas l’avouer, parce que je veux encore une fois feuilleter les pages consacrées aux chaussures. Là ! Comment, je n’arrive pas à me décider ? C’est vrai, je cherche des escarpins taupe, talon 4 centimètres, et on m’inonde de bottes, bottillons, ballerines, trotteurs et je n’en ai ni envie ni besoin. Je jetterais bien encore un coup d’œil aux jupes droites assorties. Mais est-ce vraiment raisonnable? That is te question !

 

Oui, je ferais bien de trier le tiroir de mon bureau. Il est plus ou moins en ordre, mais on ajoute, on ajoute et puis on ne s’y retrouve plus. Et ce collier de perles si généreusement offert par une marque de produits de beauté, je vais le garder ou pas ? Il n’est pas mal, mais j’en ai beaucoup aussi, de ces brimborions amusants qu’on porte une saison et dont on se fatigue…C’est ça, je vais le donner à Ghislaine qui organise des loteries pour enfants en difficulté ; Elle est toujours ravie de recevoir des lots. C’est tout ? Non. Donner un sort à cette liste de « choses à faire » est urgent. Urgent ? Il y a sûrement un mois que je l’ai rédigée ; j’ai barré « Répondre aux amis », c’est fait ; j’ai aussi barré « Demander à Fabrice comment conserver un interligne normal dans mes textes »». C’est fait…mais je ne sais toujours pas ! Mon petit-fils est trop rapide, il croit que j’ai toujours vingt ans et m’explique à toute allure ce qu’il faudrait que je comprenne progressivement !. .. J’ai aussi barré « Trier Histoire de chats », « Prévoir Noël », « Anniversaire Flo », mais il me reste « Retirer argent distributeur », « Faire liste courses », « Quoi pour dîner ? »…

 

Bon, quand je vous disais que les bricoles, c’est assommant !

Lorraine


Photo: www.teteamodeler.com

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20 novembre 2009

CE TOUT PETIT APPARTEMENT...

 

Ce tout petit appartement

Où le soleil avait vingt ans                                          MIROIR_ROND

Chantait avec moi la romance

Et esquissait un pas de danse

 

Ce tout petit appartement

Avait un fauteuil, des draps blancs

Un petit bureau et des roses

Et l’amour en apothéose

 

Le miroir encadré d’argent

Le chat couché sur le divan

Les livres sur une étagère

La douceur du soir si légère

 

Résument si bien ce temps-làet_bougie

Dont la vie a sonné le glas !

Qu’est-il devenu à présent

Ce tout petit appartement ?

 

LORRAINE

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19 novembre 2009

ROSINE ET L'ANGE

  

 J’ai quatre ans, je suis une grande, maman l’a dit. C’est de nouveau Mademoiselle Raymonde l’institutrice, elle me demande : 


 -Bonjour, Rosine, tu es contente de rentrer ? 


Oui, je suis contente, je suis déjà venue quand j’étais petite. Là, j’avais peur, mais maintenant non. J’ai ma place juste devant le bureau, mon petit banc est petit_angeciré et sent bon. Armand s’assied à côté de moi, on se connaît, son papa me pince la joue quand il me voit, mais je n’ose pas dire que ça fait un peu mal. Il rit, il parle fort, mais il est gentil. 


 Il y a plein de nouveaux, des qui pleurent, et des qui se collent à leur maman. Moi, j’ai pas pleuré. Je suis une grande. 


 Melle Raymonde tape dans ses mains. « Un peu de silence ,on va chanter ». C’est difficile de chanter parce que Laurette crie tout haut « Maman, maman ! Où elle est, maman ? ». On chante quand même. On entend moins Laurette quand on crie « « il faisait du vélo Pipo quand il était militaire, il faisait du vélo Pipo quand il était matelot »... J’aime bien cette chanson. Melle Raymonde claque encore une fois dans ses mains :
 

 « On va faire la prière ». Moi je sais. Je reconnais ma main droite. Mais Armand lève sa main gauche et d’autres aussi. Melle Raymonde tourne le dos à tout le monde et lève la main droite : « Faites tous comme moi » et tout le monde sait d’un coup comment faire. C’est drôle. Maintenant Melle Raymonde déroule une toile peinte pendue au tableau ; elle dit que c’est le ciel . Moi, je ne vois que des hommes et des dames à genoux, beaucoup, autour d’un homme qui a de la barbe et une couronne, comme le Prince de Blanche-Neige. Avec son bâton, Melle Raymonde montre ces gens et dit que ce sont des saints. Il y a aussi des anges avec des ailes. 


 - Vous aussi, mes enfants, vous avez un ange gardien. Il est près de vous tout le temps, mais vous ne le voyez pas. 


 Je ne le vois pas ; mais puisqu’il est là, je lui fais une toute petite place sur le banc, entre Armand et moi. Armand s’assied dessus. Alors je le pousse très fort : « Recule, tu es sur l’ange ». Et maintenant Armand est par terre... Je ne sais pas comment ça se fait... 

 

LORRAINE

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18 novembre 2009

J'ARRIVE


(A l'Atelier d'Ecriture, il fallait reprendre certains mots soulignés dans un texte et commencer par « J’arrive de loin ».)

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 J’arrive de loin.

 J’étais dans le grenier où je cherchais mon enfance. Je l’avais remisée là il y a dolls_041longtemps, avec aussi des morceaux de l’adolescence et un petit chagrin d’amour.

 J’arrive du passé. Il me semble que c’était hier. Ne vous moquez pas, cachez vos sourires. Le temps passe vite, vous savez, quand au cœur on a toujours 20 ans. Non, 30… Ou 40 peut-être.

 Je dis au temps « Attendez-moi, je ne suis pas pressée ». Mais le temps s’en fiche. Il me répond :

 « Ouvrez les yeux, voyons, regardez-vous. 20 ans, ma pauvre dame, ils sont partis à toute jambe. Ils ont beaucoup ri, beaucoup dansé, beaucoup chanté, un peu pleuré et vous voilà aujourd’hui.

 « Ils sont un souvenir, vos 20 ans, une poussière, un parchemin. Ils ne dansent plus, ils dorment, ils hésitent même à s’effacer tout à fait de votre mémoire, de vos rêves, de vos gestes.

 « Vivre oblige à l’oubli. Reprenez-vous, ma bonne dame, gommez la souffrance, souriez de toutes vos rides. La vie est derrière vous. Peut-être vaut-il mieux ne pas y penser. Vous y arriverez, vous verrez. Un peu de patience. Il reste quelques années, quelques mois, quelques semaines peut-être.

 « Et là, vous vous retrouverez dans le blanc de la page. Celle de l’éternité ».

LORRAINE

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15 novembre 2009

J'AI TOUT DIT...

En quelques minutes, simplement écrire sur ce sujet "J'ai tout dit..."

Voilà ce qui en est sorti!

 

X

 

 Je lui ai tout dit  il y a deux semaines. J’ai parlé d’une traite.

 Je le revois : « Quoi ?... ». Il rougit, il suffoque, pire, il réfute !


  C’est vrai, j’ai tout dit : sa morosité, son train-train, son égoïsme. Et son laisser-aller. Et la TV du soir, pas « Les Experts » non, le foot !  Il souffre ? Peut-être. Je m’en moque. Je souffre bien, moi, depuis pantalonfcinq ans. Je l’ai expliqué, il n’a rien entendu. Je l’ai insinué, il est resté imperméable. Je l’ai crié : il m’a reproché violemment ma colère.

 

  Je l’ai murmuré aussi, un soir de tendresse. Il m’a embrassé les paupières, le nez, il a ri. Le lendemain, il rentrait tard, préoccupé, indifférent. J’ai patienté. Huit jours, quinze peut-être ? Et il y a deux semaines, j’ai tout dit. Que je le quitte. Que j’ai cessé de l’aimer. Là, il encaisse. Visiblement, il croit que j’ai un amant. Pas encore. Quand je serait libre…Il y a d’autres hommes.

 

  Maintenant, il s’accroche. La séparation, il la refuse. Mes raisons aussi. J’y arriverai. Pour me sauver. Pour vivre. A nouveau.

 

LORRAINE

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14 novembre 2009

BOHEMIEN DU CIEL

 

Il vole, l’oiseau

Il culmine

Il a percé l’arrondi d’un nuage

Et, bifurquant, plane

 

Où vas-tu

Bohémien du ciel ?

Quelle chasse t’éperonne ?

Ton aile effilée s’élance

Tu cisailles, d’un battement régulier,

La chape d’air qui te soutient

 

Iras-tu vers le soleil

Rapace noir du clair de lune ?roitelet

Ta petite tête aiguë

Pointe l’horizon du bec

Tu me toises.

Tel un arc, tu vibres.

Et je crois entendre l’écho de ton vol

Par-dessus la forêt

Qui m’écrase paresseusement.

 

LORRAINE

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13 novembre 2009

NON, JE N'AIME PAS LE TELEPHONE

  (La consigne nous a enjoint de parler du téléphone selon notre gré, mais en huit minutes maximum. Je m'y suis pliée)                                                

chatons                      

 Je n’aime pas le téléphone. Il bavarde, il rit, il raconte une histoire alors que je suis en train de m’ habiller, un pied nu, et qu’il est 8 Heures du matin. Le téléphone n’a pas d’horaire, il obéit à son impulsion. La notion du temps, il l’ignore. C’est pourquoi non, je n’aime pas le téléphone.  Je sais : pour beaucoup de gens, c’est un ami, ou alors un confident. Il apporte sa voix dans la maison, il demande « Tu vas bien ? Tu fais quoi ce matin ? Moi, je prépare un potage aux potirons. Si tu veux, je t’en apporterai ». Parce qu’il est très gentil, le téléphone. Il nous veut du bien. Quelquefois même, il propose : « Tu es libre tout à l’heure ? On peut aller prendre un café et un petit gâteau, ça te dit ? ». Pas nécessairement. Je surveille ma ligne pour le moment, j’ai l’intention de terminer la lecture du dernier d'Ormesson, il me faut le silence et le temps, c’est important pour moi. Plus que le petit gâteau. Mais comment le dire sans peiner ? Le téléphone a du cœur. Et moi des scrupules.

 

 Ah ! bon, vous aimez le téléphone, vous ? C’est pratique (oui d’accord), c’est réconfortant quand on est inquiet et qu’on vous rassure (je n’en disconviens pas, mais...), c’est rapide pour prendre un rendez-vous chez le coiffeur ou le dentiste (ah ! là, certainement, il suffit de dire l’heure et le jour, j’apprécie...), et puis c’est amical. 

 

 Amical ? Bien sûr que oui, une voix chaleureuse apporte toujours sa vivifiante douceur. Mais il y a aussi les raseurs, les bavards, les vendeurs, les erreurs, les pleureurs, et les « identités masquées » qui veulent à tout prix vous vendre du vin, un salon en cuir, ou un autre téléphone.! Quand "Appelant inconnu" s'affiche sur mon écran,  c’est radical : tout simplement je ne décroche pas. 

 

 Vous voyez que, décidément non, je n’aime pas le téléphone ! 

 

LORRAINE

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11 novembre 2009

CE QUI EST VRAI...

ange40

"La vérité est un dialogue de sourds"

licorne_2

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CAPRICE DE PLUIE

 

 

La pluie est une ballerine

Sur la pointe de ses chaussons

Elle danse la cavatine

Et fait éclore les bourgeonsciel_noir_sur_Belledone__Brulama_Flikr_

 

La pluie danse sans pèlerine

Elle éclabousse les chansons

Les passants et les aubépines,

Les lilas et les vagabonds

 

La pluie danse à voix cristalline

Sur le toit penché des maisons

Son rideau de soie opaline

Noie le jardin et les buissons

 

La pluie danse une pantomime

Où l’arc-en-ciel surgit d’un bond

Puis disparaît sans grise mine

Le soleil pointe à l’horizon

 

LORRAINE

Photo: "Ciel noir sur Belladone" -Brumala Flickr

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