31 août 2007
PROVERBES DE SEPTEMBRE
Eh oui, nous y sommes! Septembre et sa splendeur automnale nous attendent. Sans doute connaîtrons-nous la brume matinale, le crépuscule soudain, mais peut-on nier que certains jours ont une saveur à nulle autre pareille? Voyons de plus près ce qu'en pensaient les sages!
"Septembre se nomme
Le mai de l'automne"
"Bel automne vient plus souvent
Que beau printemps"
"Vins de septembre
Font les femmes étendre"
"En septembre,
Le raisin ou la figue pendent"
Ce sont là des dictons bienvenus, nous ne le nierons pas. Et ils s'égrènent ainsi tout au long du mois. Nous y reviendrons pour juger si la moisson est belle.
A bientôt!
LORRAINE
30 août 2007
LE ROSSIGNOL ET LE VERGER
(Parmi une douzaine de mots sans lien apparent, nous devions en choisir deux et construire une courte phrase sur un feuillet que l’on passait à sa voisine. Chacune alors devait développer la phrase, laquelle commencerait nécessairement le texte dans lequel on intégrait aussi les autres mots proposés. Ce qui donnerait, on s’en doute, un récit quelque peu farfelu ! »)
X
« Rossignol, raconte l’origine du verger. » !
Le chat du curé me parle; il convoite une place tiède et féline dans le berceau en osier. Un vent fugitif arrive de la mer et balance la jupe rouge de la jeune fermière.
D’où vient le verger ? Je vais tenter de te répondre. Les parents de ses parents ont planté la première pomme, un arbre a pointé ses bourgeons. Je suis rossignol, pas campagnard ! Il me sera donc difficile d’aller plus avant dans l’histoire du verger. Mais je suppose qu’ils ont aussi enterré un noyau de prune, de cerise, et que sais-je encore ?
C’est aimable de m’interroger sur la vie agricole mais je suis un chantre, un seigneur de la nuit et si vous me parlez de sons flûtés, rogues, de trilles, d’arrondis de voix, je serai intarissable . Eve aurait pu vous en dire davantage. Depuis le moment où elle laça son premier vertugadin, il en a poussé, des pommiers ! A bien y réfléchir, ne serait-elle pas la patronne des cultivateurs, de toute cette faune humaine qui se consacre à la terre tandis que je me dévoue pour les cieux ?
Désolé de vous être si peu utile, boy. J’aperçois le curé qui caresse son chat. Demandez-lui. Ce saint homme en sait peut-être davantage. Il croque justement une pomme.
LORRAINE
Illustration: www.interet-general.info
29 août 2007
LA BOITE A THE
La boîte à thé abrite des rêves ramenés de loin. Ils sont mêlés au parfum qui flotte quand j’entrouvre le coffret.
Ah ! fermer les yeux, suivre ce parfum, connaître l’ardeur d’une terre étrange, de cœurs exotiques et félins ! Des dragons chinois, des bonzes assis, de pâles fleurs piquées au corsage dansant d’une gheisa serpentent, sur le coffret, ronde aimable et fanée qui chaque fois renaît. Madame Butterfly s’y drape d’azur et d’or, un camée aux tons roses pare un front d’enfant, la tresse des vieux hommes évoque la Sagesse et les traits harmonieux d’un éphèbe au teint ocre m’entraînent sans remords vers un imaginaire Pays du Sourire . Quand, penchée sur la boîte à thé, je lui demande comme à une drogue, l’illusion, la beauté, l’oubli...
LORRAINE
Illustration: www.tea.brejovci.net
28 août 2007
PAYS NATAL
J'ai la grande joie de publier ici un poème d'Alain Gurly, de qui je vous ai présenté la sortie du livre "Les Hivernales" voici quelques jours. Il me l'a envoyé spécialement pour ce blog et je l'en remercie une fois encore. Le poème est illustré par une photo prise par l'auteur et qui traduit magnifiquement ce pays au lourd passé. Je vous souhaite un très beau moment de lecture.
PAYS NATAL
Mon pays est de bois, de lauzes et de sources
Et de vieux mas cachés dans les vallats moussus,
Et de vieillards courbés, silencieux et chenus,
Vers le sol ancestral où s'achève leur course.
Mon pays est de soif, et d'austères verdures,
Dans le soleil ardent des serres désséchés,
Et dans les brumes des paisibles hivernées,
Il est de nuit, de neige et de longue froidure..
Mon pays est de deuil lorsque s'en vient l'automne,
Lorsque, sur les bancels où le vent tourbillonne,
Les arbres effeuillés dévoilent les tombeaux.
Mon pays est de joie au printemps de la terre,
Lorsque vient la saison où s'ouvrent les berceaux,
Et les cris des enfants chantent dans la lumière.
Alain GURLY
(09/03/2005)

Voici les sites où vous pourrez retrouver le monde d'Alain Gurly, en poèmes, en photos, en diaporamas. Evasion garantie!
http: versamoi.free.fr
http://macevenne.free.fr
LORRAINE
26 août 2007
SIX ARBRES
Six arbres se sont rassemblés
Sur le sommet de la colline
Le vent à grandes pelletées
Fait frissonner leur capeline
De loin ils ont un air fringant
Mais à mesure que j’approche
Les rameaux ont des mots cassants
Comme s’ils se faisaient des reproches
La pluie les a rendus frileux
Et encolérés ils jargonnent
Ne les prenez pas pour des gueux
Ils sont tous les six des personnes
Plantés là-haut comme vigies
Ils agitent leurs bras ridés
Et si leur voix s’est avachie
C’est qu’ils sont souvent enrhumés
Les six arbres de mon passé
LORRAINE Illustration: Huile de Schiele - www.duvaleix.com
25 août 2007
JE VAIS...

Calme fulgurant du canal d’été
Le vertige aigu des peupliers verts
Me trouble
Le long du chemin de halage
Je vais
L’horizon s’étire comme un lézard bleu
Le soleil noyé que l’eau réverbère
Eclate en paillettes
Au fond de mes yeux
Je vais
Un très doux écho du clocher vacille
J’ai mal au bonheur qui s’est envolé
Et sans savoir où
Tout droit devant moi
…Je vais
LORRAINE
Illustration: www.baiedesomme.org
24 août 2007
SORTIE DE PRESSE: LES HIVERNALES
Un intense parfum d’herbes fanées, de givre craquant sous les pas, de chemins perdus s’échappe des « Hivernales », comme autant de bonheurs vécus et refermés, dans la solitude des Cévennes.
Alain Gurly nous livre ce recueil de poèmes et vous y trouvez, de surcroît, l’âme d’un rêveur éveillé, d’un homme aux souvenirs d’enfance et de jeunesse revenus intacts à la surface du cœur. Je connaissais la finesse de sa plume, je connais mieux à présent les méandres d’une sensibilité virile, où la lucidité se mêle à la tendresse.
« Les Hivernales » viennent de sortir aux Editions Le Manuscrit (www.manuscrit.com) . L’auteur explique son titre :
« Il y a les Hivers des ans et il y a les Hivers du cœur... » et plus loin :
« Ces poèmes sont issus de longues promenades dans la campagne cévenole en hiver, lorsqu’il n’y a plus aucun autre repère que les serres, les brumes, le vent, et les arbres vernis par le gel »...
Je vous en donne un quatrain extrait du sonnet « Ancrage » qui, comme la plupart, me touche profondément :
« Le soir s’est installé au fond de mon silence
Je feuillette un gros livre en jaquette écornée
Qui date de ce temps de mes jeunes années
Un vieux livre témoin de mes années d’enfance »
Vous qui aimez la poésie, n’hésitez pas : « Les Hivernales » vous tiendront chaud au cœur les jours d’hiver, car on y retrouve toute la nostalgie que l’on éprouve, quand l’hiver frappe au carreau.
LORRAINE
Ed. le Manuscrit – « Les Hivernales » Alain Gurly – 10,90 euros.

Illustration: mas des grès
22 août 2007
JE PARLE AU VENT
Le grelot du vent résonne à ma porte
Si j’étais soubrette je lui ouvrirais
Car c’est un seigneur, le diable l’emporte
Qui veut allégeance à tous ses souhaits
Il a mis ce soir ses chaussettes grises
Et son grand chapeau tout empanaché
Je l’entends marcher, jugez ma surprise
Il s’est faufilé dans les escaliers
Il tape et claironne et il tambourine
Nenni, Monseigneur, allons, rebroussez
Retournez là-haut, déjà il pleuvine
Et mon ami Jean ne va pas tarder
Vous vous déchaînez sur mon toit de tuiles
Je n’ai peur de rien, cessez de crier
Je vous trouve sot et un rien fragile
Et mon ami Jean vient de m’embrasser
LORRAINE

Illustration: sobekmonulm.canalblog.com
18 août 2007
DIMANCHE
Dimanche qui attend au bout de la semaine, mystérieux et léger comme un ciel de printemps, quel rêve mettras-tu au cœur lassé des femmes ?
Seras-tu, solitaire, le jour où l’on s’ennuie quand un mince silence résonne dans les rues ?
Verras-tu l’escapade d’une fille aux yeux graves, ne lui diras-tu pas que les serments s’envolent le dimanche comme les autres jours ?
A moi qui t’ai haï et aimé tant de fois, rendras-tu l’allégresse des seize ans disparus, l’oppressant souvenir d’un amour tourmenté ou la joie un peu triste d’être une femme sans histoire ?
Dimanche, donne le bonheur aux filllettes qui t’espèrent, ouvre les parcs où se glisse le soleil, permet que des mains d’homme caressent ces cheveux-là et qu’un bonheur éclose à ton ombre, pour toute la vie.
LORRAINE
Illustration: "Eglise St Germain, rue de la Grange" - www.concertstgermain.ch
(programme de concerts)
17 août 2007
UNE JOURNEE EN BOTTES ROSES...
Une autre version des "Bottes roses" écrite cette fois par Amanda. Une occasion pour le lecteur de constater combien l'inspiration peut varier sur le même sujet d'une personne à l'autre!
X
500 Euros !
Evidemment assez cher, mais en daim avec coutures finition main, nous les valons bien !
Toc, toc, toc !
Voilà qu’Elle veut nous essayer…
D’un pas décidé, elle entre dans notre boutique, avenue Louise et nous désigne d’une main décidée à la vendeuse.
Une femme qui sait ce qu’elle veut !
Elle se contemple, elle nous contemple longuement dans le miroir.
Nous habillons à ravir ses longues jambes minces et complétons ainsi le tableau avec la mini-jupe de cuir noir et le pull à col roulé, rose lui aussi.
Elle est belle, cette femme.
Un peu cernée, peut-être, des yeux qui en ont vu de toutes les couleurs…
Les cheveux coupés courts, cela fait plus mode, plus jeune aussi…
Elle sort sa carte de crédit tout en nous gardant aux pieds.
Une fois dehors, nous voilà soumises à rude épreuve, elle conduit sa petite « Smart « comme Schumacher à Monaco.
Heureusement que nous sommes souples !
Et que je te plie en freinant et que je te déplie en accélérant…
Stop ! Nous voici foulant d’un pas rapide la moquette de son appartement.
Et tout de suite après, le repos bien mérité, couchées sur sa couette pendant qu’elle tire nerveusement sur sa cigarette.
Ouf ! Un peu de calme !
Mais non !
Une clé tourne dans la serrure et une paire de mocassins marron nous rejoint sur le lit.
En un rien de temps, deux mains nous arrachent impitoyablement à elle et nous finissons tristement l’après-midi dans un coin de la chambre.
A peine pouvons entendre :
« Pourquoi tu ne m’aimes plus ? Tu me trouves trop vieille, déjà ? «
Des sanglots, une voix dure, la lumière éteinte, le silence, enfin…
Nous nous tenons coites…
En pleine nuit, une main nous attrape et nous cache sous un long manteau noir.
Nous n’y voyons plus rien !
Que se passe-t-il ?
Nous sommes dehors, il fait froid.
Un voleur ?
Non, l’Homme aux mocassins que nous apercevons à la lueur du bistrot où il entre.
Il descend avec précaution un escalier étroit et rejoint les toilettes.
Il ouvre son manteau, enlève chaussettes et mocassins et à notre grand effroi, nous enfile sur son jean !
Il remonte avec d’un pas étonnamment agile et s’en va embrasser un crâne chauve par ci, une tête d’éphèbe par là…
Enfin nous rejoignons des pieds nus dans des sandales de cuir, un jean blanc avec Tshirt moulant assorti.
Cette fois, pas de baisers, ils se contentent de se tenir la main et de se regarder dans les yeux.
Pendant ce temps les sandales se frottent à nous sans vergogne, elles nous collent, ma parole ! Elles vont finir par nous tacher !
Enfin, ils parlent :
« Alors, chéri, tu lui as tout dit ? »
« Oui, amour, et j’ai les billets. Nous partons demain pour San Francisco ! «
Amanda
Illustration: voir www.leblogluxe.com (Burburry)