ECLATS DE PAROLES

Quelques amis échangent leurs avis sur le monde, la vie, les arts et partagent leur écriture (poésie, textes, billes, nouvelles, écriture de consigne, etc.)

31 mars 2008

QUAND BENJAMIN VIRE AU VERT...

    Voici un texte d'Annie qui nous a déjà précédemment tenus au courant des "réflexions" de Benjamin!...

X


    Avec Benjamin, nous en avons déjà vu de toutes les couleurs…
    Mais qu’il vire au vert…a de quoi surprendre !
                                                                                                                        enfant_ballon
    L’influence de l’école Hamaide située en pleine verdure à Uccle ? Un « exposé », une «  conférence » d’un de ses petits amis de 3e maternelle ?  Car, dans cette école, chaque enfant doit donner une conférence. Benji a choisi «  Le corps humain » avec schémas à l’appui. Depuis, les organes vitaux et leur fonction n’ont plus de secrets pour lui ! Un futur médecin dans la famille, qui sait ?

    Mercredi dernier, dans les files habituelles de l’heure du midi entre Uccle et Kraainem, entre deux giboulées de mars, nous avons eu droit à un petit cours d’écologie.
   
    Benjamin : «  Ca pue ici ! »
    Mamy : «  C’est Papy qui a nettoyé le pare-brise avec du produit lave-glace. »
    Benjamin : «  Oui, mais ça pue comme quand un avion lâche du blanc dans le ciel !Je vais plus respirer pendant un moment sinon je vais mourir… »

    Papy et Mamy lèvent les yeux au ciel car s’il y a bien un spécialiste des « flatulences odorantes », c’est Benji…
    Mamy : «  Si tu arrêtes de respirer, tu meurs de toute façon ! »
   Benjamin : «  Oui, mais juste une minute comme tu m’as appris pour faire passer mon hoquet » ( il joint le geste à la parole et se pince le nez.)
   
  ange_elfe Un ange passe….

    Benjamin : «  Dis, Mamy, pourquoi Papy et toi vous venez toujours me chercher en voiture à l’école ? La voiture, ça pollue, comme l’avion ! »
    Papy : «  Pourquoi ? Tu veux qu’on vienne te chercher à vélo ? »
    Benjamin : «  Oh oui alors ! Le vélo, c’est bien, ça pollue pas. »
   Papy : « Mais alors, toi aussi tu dois rentrer à Kraainem en pédalant sur TON vélo »
    Benjamin ( désolé ) : «  Mais j’y arriverai jamais, je suis trop petit ! »
    Papy : «  Donc, on vient te chercher en auto »
  Benjamin : «  Et pourquoi pas en métro ou en bus ? C’est bien de prendre les transports en commun »
    Mamy : «  Tout simplement parce qu’il n’y a pas de ligne de métro ou de bus entre Kraainem et Uccle, ni de tram non plus ! »
    Benjamin : «  Mais écouteu ! C’est pas compliqué, je t’esplique. Avec Papy E. tu prends la voiture juste pour un tout petit trajet jusqu’à une gare ou une station de métro ou un arrêt de bus. Tu laisses ton auto et vous venez me chercher en métro, en bus ou en tram ! Comme cela, vous polluez moins. »
    Mamy : «  D’accord ! Alors, il faudra qu’on marche de ton école à l’arrêt de bus ou de tram. Qu’on l’attende et qu’on rentre avec tout le temps des arrêts. Tu n’arriveras jamais à l’heure au judo et Eugenio ne sera pas content.( Eugenio = son prof de judo, ceinture noire, 6e dan !) »

    ( CAR, depuis Janvier, Benjamin suit des cours de judo à Kraainem. Chutes avant, arrière, fauchages n’ont plus de secrets pour lui. «  Osotogari », «  Ogochi », » Maté » font désormais partie de son vocabulaire. Benjamin a même appris à Papy E. ( qui tombe souvent ! ) à tomber sans se faire mal, démo à l’appui. La seule ombre au tableau, c’est de renouer cette satanée ceinture ( = obi ) qui se défait tout le temps…)

    Maintenant, suite de la leçon :

    B. : «  D’accord, d’accord. Mais c’est dommage de polluer. D’ailleurs, vous savez qu’il n’a même pas neigé cet hiver ? ( ndlr : non, il neige à Pâques en Provence et ailleurs !!! )La terre se réchauffe ! «
    M. : «  Oui, tiens, regarde la photo sur le tram ! Les 3 ours blancs qui n’ont plus qu’un tout petit bout de glace pour s’y tenir ! Car au Pôle Nord, les glaciers fondent. »
    B. : «  Mais Mamy enfin ! S’ils n’ont plus de glace pour s’y mettre, ils n’ont qu’à nager dans l’eau, ils ont leur fourrure ! »
   M. : «  Et toi, tu crois qu’ils aimeraient rester dans l’eau glacée toute leur vie ? Tu aimerais ça, toi ? »
    B. : «  Oui, mais moi, j’ai pas de fourrure ! »
    M. : «  Des ours blancs, c’est pas fait pour vivre tout le temps dans l’eau, c’est pas des poissons »
   B. ( gros soupir ) : «  T’as raison, Mamy. Mais quand même, hein, faut pas trop prendre la voiture ! Par ex. si tu fais une petite course, tu y vas à pied. C’est bon pour la santé… »
    M. : «  Et pour aller en vacances nous prenons le Tgv alors que toi tu prends l’avion pour aller en Espagne, en Grèce, en Turquie ou la voiture pour aller au ski ! C’est pas si simple, tu sais ! »
    B. : «  Oui, mais…Mais, c’est parce que je suis trop petit pour décider. Quand je serai grand je polluerai pas. Mais, mais, le problème c’est qu’entretemps c’est vous qui réchauffez la planète ! »
   
    Un ange repasse…

    B. : «  Bon, ma Mamy adorée, tu peux mettre Mika, la 2, «  Lollipop » ? Merci, ma Mamy chérie ! »Le Cd enclenché, il se met à chanter à tue-tête.

    NB Il aurait pas un peu raison, ce petit bonhomme ?

    Copyright Annie mars 2008




                  

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30 mars 2008

LE CHEMIN DES COQUELICOTS


Le coteau arrondi déboule vers le pré
Lise sous son ombrelle, en casaquin d’étécoquelicots
Suit le chemin des coquelicots

Nul ne sait le destin caché sous les cyprès
Où Lise en chantonnant, vive, se dirigeait
Sa voix pure éveillant l’écho

On retrouva l’ombrelle, le jupon déchiré
Le corps de Lise nu dans un effroi figé
Loin du chemin des coquelicots

LORRAINE

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28 mars 2008

LE CHAT TANGO

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J’ai pour ami
Un chat tango
Il marche en si
Sur le piano

Il s’assied dans047c2540c75a4738c35055d1f44c7784
Mon vieux tacot
Quand il conduit
Je crie « Chapeau ! »

Le chat tango
Sans parti-pris
Fait du vélo
Sur les lambris

La tête en bas
Les pieds en haut
Il se suspend
A mes rideaux

Et quand il parle   chat_bondissant_ballon
Tout de go
Qui de nous deux
Est le plus sot ?..

LORRAINE

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27 mars 2008

JE SUIS UN PAPILLON...

   amourkit2blink A l'Atelier d'Ecriture , nous devions écrire un ressenti d’après une reproduction prise au hasard. La mienne représentait un tableau moderne et coloré où j’ai cru voir des yeux. Voici le texte qui m’est venu

X

    Sur mes ailes, des yeux. Dans la vie, des yeux partout, cachés, invisibles et pourtant là. Ces yeux ont croisé ma route. J’y lisais des questions : « Qui es-tu, petite fille ? ».  J’y ai lu des souhaits : « Viens près de moi, j’ai besoin d’une présence ». J’y ai lu des menaces : « Viens, belle petite fille, fille_chatdonne-moi la main, nous irons au bois »… et j’ai su qu’à jamais, ces yeux-là, je les reconnaitrais, les fuirais, les dénoncerais .

    Je sais lire dans les yeux. J’en ai connu de magnétiques qui avaient la voix charmeuse pour me raconter des mirages. Des mirages de poète, enrubannés de mots d’amour, des mots exaltants confiés à l’enveloppe close et qui prolongeaient l’illusion. Des mots dont j’ai cassé la ferveur pour échapper à l’envoûtement qui barricadait mon futur.

    Il faut longtemps à la chrysalide pour devenir le papillon libre. Celui dont l’extase se rit des clôtures et des grilles. Ce papillon qu’appelle l’espace et qui se roule dans les parfums et transporte au bout des ailes une senteur de rose.

    Devenir un papillon papillon_vignettem’a été donné. Je virevolte dans mes rêves, j’invente des paysages, je flâne par-dessus les clochers et m’endors dans l’herbe pure de ma méditation. Je change de couleur la nuit, mon bleu se satine, mon œil perce l’obscurité, je rencontre des ombres, je leur parle et elles se confient. Un papillon vieilli peut tout entendre. Et j’apporte un peu de miel aux solitaires qui croisent ma route.

    Les yeux d’autrefois préparaient le chemin.papillon_tachet_g J’arrive au bout. Il est léger, je le connais, je ne vole plus je volète. Mais les fleurs ont toujours leur parfum et moi toujours un coin de ciel.

LORRAINE

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26 mars 2008

LE BOUQUINISTE


Il rôdait,
Seul et triste
Dans sa boutique vide.

Je suis entrée.
Il m’a souri
De derrière ses bésicles,
Bon enfant et goguenard, 
Car je cherchais
Des poèmes !

Jusqu’au grenier
Il est monté,
Pour fouiller
Ses plus vieux volumes.

Il revint les mains vides.

Un chat silencieux
Sauta près de moi.
Son pelage lourd
Fit tourner un carrousel d’enfant
Qui chanta trois notes tristes.

Pour m’égayer
Le vieux bouquinistebouquiniste__www
Remonta le jouet. 
Il grelotta tout au long
Sa complainte.

J’achetai un livre
Qu’une femme écrivit
Et je quittai la boutique
Et ses sortilèges.

LORRAINE

Illustration: "Rue de Paris" - www.terrace.qid.edu.

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25 mars 2008

LES CARTES ILLUSTREES...

    Si je collectionne les cartes illustrées, ne vous moquez pas : je les léguerai à ma petite-fille quand elle aura l’âge de s’en émouvoir. A six ans, combien d’heures silencieuses n’ai-je pas charmées par ces visages de jeunes filles qui étaient alors à la mode et témoignaient d’une pensée amoureuse ! Mes frères sortaient de leurs tiroirs les Suzette et les Marguerite oublieuses et je les rangeais précieusement chien_chapeauauprès des chiens chapeautés balayant la cour ou du chat penaud affalé contre une borne et qui disait : « Je vous attends ! ».

    Quand mes frère furent au régiment, ils m’envoyèrent des piou-pious, la sérénade de Pierrot, des lunes ivres, des Noêls au champagne. Ma sœur Lizzie s’était fiancée et nouait d’un ruban rose les billets qu’elle enfermait dans un serétaire. Quelquefois, elle dénouait ce ruban et sortait de dessous la liasse une carte ancienne, qui montrait un jeune homme dans un cœur ! Quand je sus lire, j’épelai que la « chère Lizzie » désespérait René, notre ami de toujours. Comme la chère Lizzie était sage, elle ne répondit pas aux aveux et j’héritai ainsi l’une après l’autre, des supplications , des révoltes et enfin de l’adieu. J’ai gardé si longtemps ce bagage sentimental que je le confonds parfois avec mes propres souvenirs.

    C’est en mémoire de ce temps merveilleux de l’enfance que je garde les cartes illustrées...

LORRAINE

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24 mars 2008

LA PAGE BLANCHE

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L’angoisse de la page blanche
Vous la connaissez comme moi
Le mot se moque et se déhanchelettre
Me laissant rageuse et sans voix.

Pourtant c’est aujourd’hui dimanche
J’avais le temps,  il faisait froid,
Mais comme l’oiseau sur la branche
L’esprit s’envole au bout des doigts

Il a filé dedans ma manche
A l’excuse je n’ai pas droit
Il me faut prendre ma revanche
Par un retournement adroit

Et sur la page où je m’épanche
Les mots s’alignent trois par trois
L’angoisse fuit en avalanche
Qui donc avait douté de moi ?

LORRAINE

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22 mars 2008

LE PETIT BONHEUR


      Je n’ai pas mis mes bonnes chaussures ce matin. J’ai laissé ma voiture  juste avant le pont,  mon bureau d’architecte est de l’autre côté et je porte mes souliers bruns en veau fin, souple, des souliers d’homme élégant, quoi ! Je chantonne aussi à bouche close :

     « C’est un petit bonheur que j’avais ramassé, il était tout en pleurs sur le bord d’un fossé."(Félix Leclerc)

     Ca tourne dans ma tête. Il fait un de ces soleils d’automne à vous coller l’envie de tout plaquer, de vous envoler par-dessus les arbres et de planer, loin. Alors, j’ai bifurqué, oui, d’un coup, comme ça  sans me consulter vraiment, j’ai quitté le trottoir et coupant à travers une prairie, je suis parti vers le sous-bois dont je vois la cime se balancer. Une envie folle d’odeurs humides, de sentiers détrempés, une envie d’étang boueux et verdi. Et toujours cette rengaine du « P’tit bonheur ». Je marche. J’aurais dû mettre mes basketts. Mais je suis bien. J’entends le rare appel d’un corbeau, le doux grésillement d’un écureuil discret, la voix plaintive  d’une fleur. Une fleur ?... Une fleur d’automne comme je n’en ai jamais vu.  Assise au bord de l’eau, sa corolle de pétales jaunes humides de brume, elle a les larmes aux yeux. Enfin, c’est incroyable, une fleur ne parle pas ! Mais elle insiste, elle dit :

    « Monsieur, emmenez-moi, chez vous emportez-moi »...

    Je me secoue : impossible, ce sont les mots de la chanson, elle ne peut pas savoir que je la fredonnais, elle est sorcière, cette fleur ! Une fleur ?..

    Alors, j’ai bien regardé. Non, c’est une toute petite femme triste, f_e_avec_fleurhaute comme une tige, qui tend vers moi des bras de verdure, des yeux de myosotis. Agenouillé près d’elle, dans le chemin détrempé, je l’ai prise dans ma main. Elle a souri, s’est assise dans ma paume, puis, couchée en rond, comme un chat, elle s’est endormie.

     Je l’ai emportée dans la poche de mon veston. Nous allons nous marier. Demain, je la présente à ma mère. Elle sera contente.

LORRAINE

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21 mars 2008

LA DERNIERE VISITE

Une femme, une nuit
Monta jusqu’à ma lampe
Je travaillais encore
Des épreuves à revoir

La porte était ouverte
Sur le corridor noir
Qui avait donc la clef
Pour pénétrer chez moi ?
Je l’entendis marcher
Un doux pas somnambule

Une main effleurait
Le mur de l’escalier
Léger, presque inaudible
Pourtant je percevais
Celle qui se mouvait

Quand le pas s’arrêta
Le palier resta sombre
Personne n’apparut
Une ombre ?  Un linceul ?

Je me sentis figée
Glacée par l’eau profonde
Du soir qui emporta
Ma visiteuse obscure
Dans la rivière grise

Quand on la retrouva.
Dans sa poche livide
Elle avait mon adresse….

Je ne la connais pas.

LORRAINE

Dame

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19 mars 2008

CITATION


 LE BONHEUR EST UNE FLEUR

QU'IL NE FAUT PAS CUEILLIR

André Maurois

1753_Martinique

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