08 novembre 2009
FAUBOURG
Le dimanche, quand je me promène devant les maisons du faubourg, qui ont un jardinet devant, une petite grille et un piano qu’on entend de la rue, j’ai envie e pousser la porte et d’entrer. Je ne dérangerais personne, ni l’enfant dans son berceau ni les dames qui tricotent. J’entrerais dans une pièce où il n’y a personne, et là je lirais le livre qu’un autre a commencé et je regarderais les portraits de famille en me souvenant de ces visages.
S’il y a des porcelaines, je serais curieuse de chaque figurine
car je les aime et je m’assiérais dans les fauteuils où quelqu’un à rêvé, pour
rêver à mon tour.
Je n’aurais pas peur que l’on me surprenne, je ne serais là que pour vivre un bonheur qui n’est pas le mien, au milieu d’autres tableaux, devant un miroir où je suis différente et en écoutant un piano dont je n’avais jamais entendu le son. Je dirais que j’ai pour les maisons inconnues, les grands couloirs, les portes closes une attirance mystérieuse et si l’on me croit, je partirais en emportant des fleurs.
Voilà à quoi je songe le dimanche dans les faubourgs, quand c’est l’heure du goûter et qu’un rideau frissonne sous une main de femme. Une cloche isolée m’étreint d’une indéfinissable peine et je remonte vers la ville, laissant à leur bonheur quotidien et paisible ces statuettes ignorées, l’escalier qui mène au grenier, de vieux bouquins, un jeune chat…
LORRAINE
Commentaires
J'aime ton histoire,je m'y retrouve si bien!
Aujourd'hui encore, le son des cloches me rend nostalgique et me glace le coeur.
Je n'en connais pas la raison!
faut que j'aille voir un psy!!
Bonne soirée, bien au chaud, Lorraine.
Cette grisaille me sape complètement le moral.
Bisous.
Christina
Ah! le son des cloches!... C'est l'enfance qui remonte, je crois. Surtu quand le temps est maussade et qu'en soi on sent très bien que se prépare l'hiver. Tu n'as pas l'air d'avoir besoin d'un osy, juste une petite chute d'arrière-saison!...
Bisous, chère Christina
C'est très beau. J'ai toujours aimé le son des cloches.
Nous habitions l'été à la campagne presqu'en face de l'église du village et toutes les demi heures et heures sonnaient au clocher. Le son n'était pas beau mais c'est comme si j'y avais été bercée et quand sonne midi à une église j'aime l'écouter.
Certaines maison invitent a la visite, d autres vous donnent l envie d aller voire ailleurs.Quand j étais enfant, il fallais parfois faire la quéte pour des raisons plus ou moins valable, mais déja a l aspect extérieur de la maison je savais si on allait recevoir des sous ou pas.
Bonne soirée Latil
dans tes textes -souvenirs, récits ou nouvelles- reviennent en antiennes non ennuyeuses, souvent, le chat et le tintement d'une cloche.
douceur et nostalgie...
Charlotte
Les cloches ont un pouvoir, je le crois, que leur son soit profond et solennel ou pimpant et alerte. Ce chant lancé si haut ne laisse pas insensible!
Latil
A ta façon, tu ressens aussi l'accueil ou le rejet des façades inconnues. Et je suis sûre que tu ne te trompais pas quand tu sonnais aux portes, autrefois!
Lecouret
Nostalgie, dis-tu, et tu as raison! C'est sans doute ce lien étrange avec le passé qui ramène à moi le chant d'une cloche, la présence furtive du chat...
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