blNous rentrons des courses, nous sommes très chargées, ma nièce (et mon aide ménagère qui est descendue, appelée à la rescousse) m’aident en enfourner les quatre sacs à provisions dans l’ascenseur. J’ appuie sur le bouton, nous démarrons et...Stop ! A 25 centimètres du sol, plus rien à faire : bloquées !

    - Tiens, dit Chantal, qu’est-ce qui se passe ?

    Elle pousse à nouveau : 1,2,3,4,5,6 étages...Eh oui, morts tous les boutons et nous, enfermées vivantes !

    - Pas grave, dit-elle avec entrain, je pousse sur l’alarme.

    Elle pousse. Fort, longtemps, à coups répétés. Rien. Personne. Puis du poing elle tambourine contre la porte ; Marguerite s’y met aussi. Leur tapage m’étourdit un peu, mais je reste stoïque. Je garde mon sang-froid (moi qui suis une anxieuse !), je tire Chantal par la manche pour qu’elle m’écoute, je n’ai qu’une pensée : avertir ma fille pour le cas où...  Nous devons toutes les trois être un peu chamboulées puisqu’aucune jusqu’ici n’a pensé à téléphoner au numéro affiché contre la paroi. Il n’y a pas d’appareil dans l’ascenseur mais Chantal a son GMS et appelle ma fille, qui à tout hasard appelle une personne du syndic de l’immeuble, absente comme je le supposais. Ils sont tous absents, ou alors ils sont sourds ! Sinon notre vacarme les aurait alertés !

    Ma fille rappelle : « Si les dépanneurs n’arrivent pas, appelez les pompiers ». Elle a raison,  mais la téléphoniste a affirmé avec une désinvolture qui me désarçonne que les dépanneurs viendraient « dans un moment ». Elle n’a sans doute jamais été enfermée, elle !

    Finalement, une voisine revenant de son travail ira à pieds à tous les étages voir si, par hasard, un bouton ne fonctionnerait pas, puis redescendra et nous nous parlerons à travers la porte fermée. Un habitant du 5ème descendra à son tour, étonné de n’avoir rien entendu. Finalement un petit groupe compréhensif nous tiendra compagnie (moralement) et enfin les préposés arriveront. Vite fait bien fait. Nous voilà sorties. Ils sont très aimables, eux, rassurants. Je suppose qu’ils ont plus d’une fois trouvé des personnes affolées, d’autre souffrant d’un malaise ; les claustrophobes (je le suis un peu) ne doivent pas en mener large dans de telles situation !

    Une demi-heure, c’est peu...mais c’est aussi beaucoup quand on lutte contre ses pensées, serrées à trois dans un ascenseur pour quatre personnes mais encombré par les sacs à provisions à nos pieds.

    Bref, du coup j’ai fait connaissance avec des voisins inconnus et aimables, et je me suis juré de ne plus jamais prendre l’ascenseur sans GSM !...

LORRAINE