31 octobre 2009
ILS CHANTAIENT...
Trois enfants sont venus jouer devant le banc où, seule, j’étais assise. Tout petits, blonds, ils chantaient faux en se tenant la main, enchaînés pour une ronde inlassable. Au loin, le crépuscule bleuissait le lac.
Les
bambins m’ignoraient ; ils avaient les genoux sales des fins de journées
dominicales. Le plus jeune est tombé. Il ne riait plus. Ses mèches blondes lui
cachaient un œil.
J’ai cru qu’il hurlerait. Ses frères, impassibles, dansaient
toujours. Il les a rejoints en se frottant la tête, pourquoi, mystère ! je
les ai vus plus loin risquer une empoignade, puis fraternellement réunis,
courir tout à coup à perdre haleine jusqu’au détour du sentier.
Ils n’étaient pas plus hauts qu’une botte et chantaient faux.
LORRAINE
Commentaires
ce texte est telle une photographie en noir et blanc, prise sur le vif, se prolongeant dans les instants d'après.
pourquoi en noir et blanc ? eh bien parce que ce "Ils chantaient..." me fait penser à Robert Doisneau :-)
Lecouret
Penser à Robert Doisneau en me lisant me flatte beaucoup!C'est vrai que c'est du pris-sur-le-vif, ma façon à moi de photographier, en quelque sorte! Merci, Ami, pour cette évocation!
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