(La consigne nous a enjoint de parler du téléphone selon notre gré, mais en huit minutes maximum. Je m'y suis pliée)                                                

chatons                      

 Je n’aime pas le téléphone. Il bavarde, il rit, il raconte une histoire alors que je suis en train de m’ habiller, un pied nu, et qu’il est 8 Heures du matin. Le téléphone n’a pas d’horaire, il obéit à son impulsion. La notion du temps, il l’ignore. C’est pourquoi non, je n’aime pas le téléphone.  Je sais : pour beaucoup de gens, c’est un ami, ou alors un confident. Il apporte sa voix dans la maison, il demande « Tu vas bien ? Tu fais quoi ce matin ? Moi, je prépare un potage aux potirons. Si tu veux, je t’en apporterai ». Parce qu’il est très gentil, le téléphone. Il nous veut du bien. Quelquefois même, il propose : « Tu es libre tout à l’heure ? On peut aller prendre un café et un petit gâteau, ça te dit ? ». Pas nécessairement. Je surveille ma ligne pour le moment, j’ai l’intention de terminer la lecture du dernier d'Ormesson, il me faut le silence et le temps, c’est important pour moi. Plus que le petit gâteau. Mais comment le dire sans peiner ? Le téléphone a du cœur. Et moi des scrupules.

 

 Ah ! bon, vous aimez le téléphone, vous ? C’est pratique (oui d’accord), c’est réconfortant quand on est inquiet et qu’on vous rassure (je n’en disconviens pas, mais...), c’est rapide pour prendre un rendez-vous chez le coiffeur ou le dentiste (ah ! là, certainement, il suffit de dire l’heure et le jour, j’apprécie...), et puis c’est amical. 

 

 Amical ? Bien sûr que oui, une voix chaleureuse apporte toujours sa vivifiante douceur. Mais il y a aussi les raseurs, les bavards, les vendeurs, les erreurs, les pleureurs, et les « identités masquées » qui veulent à tout prix vous vendre du vin, un salon en cuir, ou un autre téléphone.! Quand "Appelant inconnu" s'affiche sur mon écran,  c’est radical : tout simplement je ne décroche pas. 

 

 Vous voyez que, décidément non, je n’aime pas le téléphone ! 

 

LORRAINE